Vera

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Vera est une pièce de théâtre tchèque, écrite par Petz Zelenka et jouée au Théâtre de la Ville aux Abbesses en ce début de printemps 2017. Elle est mise en scène par Elise Vigier et Marcial Di Fonzo Bo, figurant Karin Viard en tête d’affiche. L’histoire déroule l’ascension fulgurante et consumée d’une directrice de casting cupide, dont l’honnêteté lui vaudra succès et hostilité. C’est bien une vision de la réussite qui est mise en scène ici : d’abord, une renommée grisante et une personnalité mordante assumée, qui tourne au burlesque ensuite quand les fils qui faisaient de Vera une marionnette sont révélés, la contraignant à une mauvaise foi constante par fierté. Deux heures de représentation n’étaient pas de trop ; au contraire, la salle en amphithéâtre de la deuxième antenne du théâtre de la Ville est chaleureuse et confortable, en particulier quand elle accueille une pièce aussi rythmée. Les scènes se suivent, sans être prévisibles : et pourtant, quand les acteurs viennent enfin saluer, ils ne sont que six. Le personnage principal toujours présent, et cinq acteurs habilement déguisés à chaque fois en personnages radicalement distincts. L’exploration du jeu de chacun est couplée à une mise en scène moderne et ludique : les décors sont minimalistes au sens où les mêmes meubles peuvent servir pour plusieurs décors, et pourtant, chacun est reconnaissable de suite grâce à la disposition de panneaux amovibles et à des écrans géants projetant soit des images fixes, soit des vidéos souvent des acteurs en train de jouer (sur scène, ou dans l’ascenseur). Ce n’est pas tant une mise en abyme qu’une indiscrétion dans l’intime proximité des personnages : ce que fait sans arrêt et sans scrupules Vera. Entre les scènes, des vidéos de la présumée jeunesse de Vera sont projetées, de même que des chansons interprétées par les différents acteurs pour rendre compte de la dégringolade quasi inéluctable de cette femme se pensant dans l’air du temps, épanouie professionnellement et perpétuellement occupée, alors qu’elle est désespérément seule. Il y a des moments qui peuvent prêter à rire dans Vera, mais vous ne vous esclafferez pas ; compatir au destin d’un personnage si imbu et aigri semble de même difficile, et pourtant vous n’irez certainement pas jusqu’à considérer que c’était mérité. C’est une douce mélancolie qui m’a habitée durant Vera, une curiosité maladive à propos d’une trajectoire qui ne semble jamais toucher le fond, ni pour elle, ni pour les autres. Dès les premiers instants, c’est une tragédie annoncée qui ne fera que confirmer toutes les conséquences moralement coûteuses d’un comportement acharné de préservation de l’estime de soi aux dépens de ceux qui comptent pour nous, et au prix de travestir provisoirement la vérité dans l’adrénaline du show business.

Victoria Brun

Vera est une pièce de Petr Zelenka. Du 23 mars au 8 avril 2017, les metteurs en scène, Elise Vigier et Marcial Di Fonzo Bo, se l’approprient pour présenter cette création au théâtre des Abbesses.

Interprétée par Karin Viard, Vera est la caricature de la business woman type. C’est un portrait évolutif et chronologique poussé à l’extrême. Vera est méprisante. Elle n’accorde de l’importance qu’aux personnes qui peuvent lui servir. Vera est cynique. Elle propose à sa nièce un travail d’escorte. Elle utilise un cancer pour en faire une émission. Tout est objet de business. Elle passe son temps au téléphone et tyrannise son assistante. Vera est hypocrite avec ses supérieurs. Elle a été contrainte de faire racheter l’entreprise qu’elle a créée. Elle ne peut plus faire ce qu’elle veut. Pourtant, elle prend tout en charge. Dans son travail, elle va jusqu’à identifier une de ses actrices à la morgue. Sinon, elle motive un acteur avec des pilules, dont elle s’occupe aussi bien de sa vie professionnelle que sexuelle. Cela se ressent aussi dans ses relations familiales. Avec son frère, ils se détestent. Avec son mari, ils divorcent. Avec son père, elle lui rend visite plus par obligation que par amour. Pourtant, c’est le seul qui se préoccupe d’elle. « Est-ce que tu es heureuse ? » Voilà ce dont il se soucie. C’est l’une des questions à laquelle Vera ne veut pas prêter attention. Le bonheur, elle pense pouvoir le maitriser comme le reste. En tout cas, elle aimerait.

Un dynamisme général souffle sur la pièce. Six comédiens pour jouer vingt personnages différents. Accompagnés de trois écrans placés au-dessus de la scène. Un ascenseur au centre de l’intrigue. De la vidéo, du chant, un peu de danse. On passe aussi vite du drôle au poignant. La froideur de cette femme ne laisse pas indifférent. Le bourreau devient victime. Qu’on la déteste ou qu’on ait pitié, l’empathie s’empare du public. Une tragicomédie qui renvoie à toutes les épreuves de la vie. De l’ascension à la déchéance, il n’y a qu’un pas. Vera le franchit. Une transformation visuelle comme en témoignent les costumes. De la femme d’affaire tirée à quatre épingles à la femme de ménage qui tire son chariot. La vie n’est plus envisagée comme un acquis mais comme une lutte permanente.

Pauline Fantou

Elle danse à Prague, elle danse à Prague, elle fait des rêves d’enfant de cinéma Véra.

République Tchèque, explosion économique après 1989, la population se perd dans la surconsommation et le système de compétition perpétuel.

Vera est un manifeste en deux heures et six comédiens de l’inadéquation de ce système avec un monde de valeur. Vera est l’exemplum parfait de ce système délétère qui ne mène les gens qu’à un simulacre de gloire en échange de l’anéantissement de toute ses relations familiales, sociales, amicales.

Comédie cynique sur le monde du libre échange et du système ultra-libéral, Elise Vigier et Marcial Di Fonzo Bo nous présente au Théâtre des Abbesses une critique amusante, divertissante et moderne de ce système délétère au rythme effréné qui leur est propre.

Jouant à la fois d’une multiplicité d’écran lesquels étant soit support de projection soit séparation entre deux espaces scéniques, créant une impression d’intimité, la pièce propose à la fois un regard intime et un regard global sur le monde compétitif des castings, du télévisuel, du publicitaire et aussi de Véra. Le début même de la pièce, un générique en musique et image «  Véra, par Elise Vigier et Marcial di Fonzo Bo » joue de cette esthétique du télévisuel et du moderne. On ne compte pas les médias utilisés tout au long de la pièce afin de fixer sur grand écran les expressions une fois horrifiées, une fois riantes, une fois perdues des personnages : caméra, téléphone portable, caméra d’ascenseur. Jusqu’au point où cette médiation est mise-en-abyme : si quelquefois l’apparition du personnage sur grand écran pouvait être gratuite, elle devient à la fin de la pièce un puissant élément comique, la caméra étant utilisée par les personnages dans l’histoire pour surprendre Véra dans une situation assez nauséabonde (au sens propre comme au figuré) dans un ascenseur.

C’est dans une société du regard et du jugement que se laisse couler Véra, une société qui se jauge de manière perpétuelle sur toute ses formes : «  Nous nous sentons tous délaissés, c’est pas une raison pour sortir avec quelqu’un comme ça ! » dit-elle au sujet de son père, tombé amoureux de sa dernière aide-soignante. Il n’est alors plus question d’amour, puisque Véra, en cours de divorce ne sait plus, n’a plus idée de ce qu’est l’amour. Ce qui compte pour elle, c’est la réussite, la reconnaissance, celle-là même qu’elle ne retrouve plus nulle part, sauf dans l’image qui lui semble renvoyer son entreprise.

On arrive alors au point de chute, le moment où, à la fin de son âge d’or, Véra doit faire face à la porte, au licenciement et à une forme de descente aux Enfers pour elle qui a toujours tout obtenu. La salle rit, souvent. C’est le principe : la chute est l’élément clé dans une comédie pour faire réagir un public, qu’elle soit concrète ou plus abstraite, la chute de Véra, ses échecs cumulés font sourire, comme si elle passait la suite de sa vie à ne plus jamais pouvoir connaître le goût de la réussite.

La pièce s’achève sur le suicide, raté aussi, du personnage. On pense assister à la scène finale jusqu’à ce que son dernier client, la star qui l’a suivie toute la pièce reparaît et lui redemande ses services, comme si la roue n’allait jamais cessé de tourner. On nous montre alors une Véra qui n’a rien appris de sa propre vie – et – même si cette dernière note sonne comme une happy end, elle n’est en soi, qu’une forme de tragédie sans fin où Véra ne courra à jamais que derrière un rêve de gloire inatteignable.

Tristan Gauberti

Vera est une femme autoritaire, surbookée, survoltée, impitoyable et cynique, interprétée avec énergie par la comédienne Karin Viard. Lancée dans une course solitaire pour le succès de l’agence d’acteurs dont elle est directrice à Prague, elle vient de réussir une fusion avec un  groupe londonien sans se rendre compte qu’elle est manipulée, avec aussi peu de scrupules qu’elle n’en avait elle-même pour ses employé(e)s. Vera a tout sacrifié : son père, qu’elle voit peu, son frère, à qui elle reproche son manque d’ambition, son mari, qui veut le divorce, ses enfants, qu’elle a « oublié d’avoir ». Avide de gloire et d’argent, elle finit, quand la machine se retourne contre elle, désespérément seule. Autour de Vera gravite tout un petit monde d’assistants, de photographes et d’acteurs, en plus des quelques membres de sa famille : une vingtaine de personnages incarnés par cinq comédiens à grand renfort de perruques et d’accent anglais articulé sans conviction. L’un après l’autre, en solo ou en duo, ils marquent la fin des scènes par une chanson à propos de Vera, sur un rythme pop-désabusé, avec, en arrière-plan, des photos de Vera enfant. Sa vie entière défile devant les yeux du spectateur et tous semblent les complices ironiques de sa déchéance.

Dans le document que le théâtre distribue à l’entrée, Jean-François Perrier qualifie la pièce de « fable onirique » décrivant sans manichéisme la férocité du capitalisme auquel la société tchèque s’est livrée, pleine d’espoirs et d’illusions. Je parlerais plutôt de farce tragico-burlesque. Les comédiens n’ont peur, à aucun moment, de la caricature, mais s’y adonnent avec joie, soutenus par les éclats de rire d’un public qui se réjouit globalement de cet humour noir pas toujours très fin, que la pièce assume jusqu’au bout. Un exemple ? Vera, devant le cadavre d’une jeune actrice qu’elle est chargée d’identifier : « Mais enfin, si tout le monde se suicide seulement pour que je réponde au téléphone, ça n’a pas de sens, non ? », ou Vera, refusant que l’aide-soignante tombée amoureuse de son père n’emménage chez lui : « Mais papa, je veux garder un bon souvenir de toi ! ». Le spectacle prend des airs de sketch. Le tragique est toujours rattrapé par le grotesque : Vera, devenue SDF, se retrouve star du web après avoir, pour embêter les voisins, déféqué dans l’ascenseur (la vidéo de surveillance est diffusée sur Youtube : « C’est une performance ? C’est un acte de contestation politique ? Des milliers de gens vous imitent, on ne trouve plus un ascenseur propre en Europe », lui apprend une jeune barman qui la reconnaît). Vera loupe également, d’une manière assez grotesque, son suicide.

La scénographie est pleine de rebondissements et constitue peut-être la dimension de la pièce la plus intéressante. Plusieurs espaces ne cessent de s’organiser et de se désorganiser autour d’un mur vitré qui divise la scène. Au dessus, des vidéos sont presque continuellement projetées sur un large écran noir, ce qui nourrit le rythme de la pièce et illustre l’angoissante obsession de l’image. Parfois, des visages de jeunes actrices, en boucle, parfois, une retransmission en directe de ce qui a lieu sur scène (on a même droit, à la fin, en boucle, à la vidéo qui fait le succès de Vera sur internet).

Selon une distinction de Kundera dans Le Rideau, l’art français, à l’inverse de l’art  tchèque, redoute le vulgaire, mais ne craint pas le « kitsch ». Vera, pour sûr, ne s’effraie ni de l’un, ni de l’autre, et pousse ces deux modes (non sans enthousiasme et idées) jusqu’à la nausée.

Justine Leret

La pièce nous raconte l’histoire de Vera, quarante ans, directrice de casting et agent de célébrités ayant réussi dans son métier auquel elle se consacre entièrement. Sa vie personnelle en revanche n’est pas à la hauteur de sa réussite professionnelle: son mariage bas de l’aile, son père malade refuse l’aide d’aides-soignantes, elle est en conflit avec son frère et n’a aucun ami. La pièce dépeint le monde rude et inhumain du show business dont Vera, qui croit faire partie des maîtres de ce monde, s’avèrera être la victime.

La scénographie, subtile, servait extrêmement bien l’aspect inhumain du monde du spectacle et du cinéma : j’ai été marquée par la froideur de cette histoire et de sa mise en scène. Le décor était pauvre, stérile, froid, numérique : un fauteuil et une table basse noire, parfois simplement un décor projeté qui accentuait la désolation de la situation qui se déroulait. Les coulisses et les techniciens étaient apparents, évoquant l’envers de l’envers du décor, excellent.

L’atout charme de la pièce mais qui ne fonctionne pas forcément : les différents personnages étaient joués par un même acteur, six au total. Petit bémol quant à l’interprétation des acteurs et l’énergie de la pièce : j’ai mis du temps à rentrer dedans et même une fois dedans, à certains moments, je n’y croyais plus, je ne croyais plus aux personnages, je n’étais plus dans le spectacle. Parfois quelques rires, parfois un sourire, parfois un malaise, mais pas d’attachement envers les personnages. Cela faisait longtemps que je n’avais pas apprécié de pièce.

Si l’histoire et la façon dont elle a pu être traitée n’était pas à mon goût, en revanche, le message qu’elle véhicule, ou tout au moins l’interprétation que j’en fais, me touche, me concerne, me fais réfléchir : elle représente la quête du bonheur moderne, réussite personnelle, libération d’une femme sans attachement affectif et financier, afflux de richesse, contrôle de sa vie. Mais ce bonheur superficiel auquel  Vera tente de croire n’est qu’une façade : on assiste en effet à sa descente aux enfers, partant de son apogée professionnelle vers la perte totale de contrôle de la situation. Et c’est quand elle est au plus bas, sans sous, entouré de « vrai gens » qu’elle dit enfin « ça me fait du bien ». Cette histoire aborde aussi  l’obstination en tant qu’humain à reproduire sans cesse les mêmes schémas, bien qu’ils aient put être source de mauvaise fortune par le passé.

Les réactions étaient très variées face au spectacle. La place du spectateur me semble importante car il fait partie intégrante du spectacle vu le sujet, le 4e mur a été brisé à quelque moment, dans une adresse au public, mais cependant, le spectateur est impliqué parce qu’il assiste à la représentation de l’envers du décor, dont il fait partie, à la mise en scène de sa réalité.

A mon avis, ce spectacle repli à demi ses objectifs : divertir et faire réfléchir. On ne reste pas insensible à ce spectacle même si on ne l’aime pas forcément.

Garance Marchand

Vera de Petr Zelenka : peinture burlesque des sociétés modernes

Au théâtre des Abbesses se joue jusqu’au 8 avril Vera du réalisateur et auteur tchèque Petr Zelenka. Vera est directrice d’une agence de casting en République tchèque. Véritable requin, elle est prête à tout pour réussir dans son travail, quitte à sacrifier sa vie privée, ses principes (s’il lui en reste) et sa dignité.

La transformation non-naïve d’un personnage

Première scène, Vera est à la morgue pour l’identification du corps d’une de ses actrices qui s’est suicidée. Elle est insensible face à ce décès et continue à répondre au téléphone. C’est ainsi que les metteurs en scène, Elise Vigier et Marcial De Fonzo Bo, nous présentent le personnage de Vera, magistralement interprété par Karin Viard. Cynique, égoïste, obsédée par son travail et l’argent, extrêmement drôle (si on aime l’humour noir), Vera est la version féminine de L’Homme pressé de Noir Désir.

Deuxième scène, Vera est en retard au soixante-dixième anniversaire de son père. Elle a l’impression de prendre soin de lui en engageant des aides-soignantes, ne comprenant pas qu’il a simplement besoin de l’avoir à ses côtés. En réalité, Vera est seule : elle et son frère se détestent, son couple bat de l’aile. Sa vie sentimentale est vide et elle la considère avec une distance cynique.

Au travail, elle est exécrable avec son personnel et caressante avec ses responsables, les deux Anglais (Helena Noguerra et Pierre Maillet), caricaturaux mais si drôles.

Mais l’intérêt de la pièce est bien sûr dans la déchéance de Vera. Les rôles s’inversent. Elle se retrouve seule, abandonnée de tous, prend conscience de certaines choses, s’adoucit, mais au fond reste la même. La transformation du personnage n’est pas naïve. Vera continuera à vouloir refaire surface dans le même monde et à cingler ses ennemis de son cynisme noir.

Dans cette descente aux enfers, les spectateurs continuent à rire de bon cœur.

Entre théâtre et cinéma

Au commencement de la pièce, son générique est projeté sur un écran au-dessus de la scène, comme si le spectateur allait assister à la projection d’un film. Il est vrai que les metteurs en scène ont respecté l’écriture cinématographique de Zelenka qui enchaîne des séquences rapides et efficaces. L’aspect filmique de la pièce se retrouve également dans les différentes vidéos qui accompagnent l’action. Les plus marquantes sont sans doute celles qui accompagnent les personnages dans l’ascenseur. La pièce met en abyme ses personnages : filmés, ils jouent effectivement un rôle qu’ils adaptent selon les situations. Trois fois dans la pièce, les différents personnages chantent l’histoire de Vera, comme le chœur des pièces antiques annonce la fin tragique des personnages… sauf qu’ici, c’est burlesque.

Ce n’est d’ailleurs pas étonnant de retrouver cela dans une pièce d’Elise Vigier et Marcial Di Fonzo Bo, qui avaient mis en scène Dans la république du bonheur de Martin Crimp à Chaillot en 2015. On reconnait bien le cynisme des critiques acerbes de la société moderne avec des chorégraphies, des chansons et des personnages extravagants.

A travers ce burlesque impudique, c’est bien la consommation effrénée des choses et des êtres qui est visée : Zelenka a participé à la Révolution de velours de 1989 et donc à la naissance de cette nouvelle société tchèque s’étant jetée à corps perdu dans la liberté et aussi la consommation exagérée de tous les produits occidentaux dont elle était auparavant privée. Vera dépeint les excès de cette ultra-libéralisation en évoquant aussi la prostitution et la maladie.

Marion Mayer
Photo : Tristan Jeanne-Valès