Triples

Triples par l’Orchestre National d’Île-de-France et le Trio Wanderer (Violon, violoncelle, piano) sous la direction de Wilson Hermanto.

Felix Mendelssohn, La Belle Mélusine – Ludwig van Beethoven, Triple Concerto pour violon, violoncelle, piano et orchestre en ut majeur op. 56 – Matteo Franceschini, Ego – Franz Schubert, Symphonie n° 8 en si mineur « Inachevée »

L’Orchestre National d’Île-de-France et le trio Wanderer ont réuni leurs forces à la Salle Gaveau le mois dernier pour présenter un concert spectaculaire autour du thème des triples concerti. Ainsi, nous avons eu le plaisir de découvrir Ego, le nouveau triple concerto pour piano, violon, violoncelle et orchestre, du compositeur en résidence à l’Orchestre National d’Île-de-France, le jeune italien Matteo Franceschini. Montée en France pour la première fois depuis sa création initiale en Italie il y a six mois, cette composition actuelle réclame son inspiration du triple concerto de Beethoven, autant dans sa conception que dans sa formation instrumentale.

Franceschini a basé son œuvre sur une idée centrale,  celle du miroir et de son symbolisme. À travers les quatre mouvements, il explore les diverses notions évoquées par cet emblème mystique depuis les Grecs : l’énigme de l’illusion et de la vérité, de soi et de l’autre, de l’identité et de la diversité. D’après le compositeur, le premier mouvement Andante, solitario développe l’interprétation du sujet comme une représentation du double, de la naissance et de la prise de conscience de sa propre image qui s’éveille chez chacun d’entre nous. En effet, l’image réfléchie est magnifiquement évoquée par les percussions entourées par le jeu d’harmoniques intensément atmosphérique dans les cordes. Le Rituale du deuxième mouvement, riche en fanfares de cuivres triomphantes et coloré par l’emploi des techniques du piano préparé, révèle le miroir sous un autre aspect : celui d’une porte qui ouvre sur une réalité parallèle et révélatrice de secrets. Scuro, le troisième mouvement, évoque un côté inquietant du miroir, celui qui peut se transformer en objet magique et prendre quasiment possession de l’âme qui le consulte, en érigeant un alter ego autonome. Enfin, le concept d’une multitude d’images réfléchies et du dialogue qui s’écoule de leur interaction est expérimenté dans le quatrième et dernier mouvement, Pulsante, con fuoco, où tout l’orchestre s’emporte sur l’énergie rythmique pure, jusqu’aux dernières notes pincées qui résonnent dans l’extrême aigu du piano. Ici, les solistes du Trio Wanderer ont communiqué avec aisance le concept d’une entité seule, l’égo, qui est toutefois susceptible de se diviser en multiples parties, pour refléter nos rêves, nos fantaisies et nos illusions.

L’interprétation, lors de la première partie du concert, de l’œuvre inspiratrice de celle de Franceschini, le triple concerto de Beethoven, a également confirmé l’habilité et la facilité innée d’interaction du Trio. Les solistes- dont chacun joue un rôle également prépondérant dans l’exécution de l’œuvre- travaillent de pair avec l’orchestre pour créer l’effet de trois concerti séparés qui se déroulent simultanément, chacun offrant à l’auditeur un véritable tour de force virtuose, ce qui se manifeste avec une splendeur notable lors du triple cadenza des instruments.
Pour débuter le concert, l’orchestre a capté l’imagination de la salle avec l’ouverture de Mendelssohn intitulé La Belle Mélusine, nous emportant tout de suite dans un voyage de découverte à travers des paysages sonores changeants, qui apparaissent comme des scènes ou des tableaux juxtaposés. Cette ouverture est inspirée par le conte de Mélusine, la «  princesse et fée qui eut le pouvoir de se transformer partiellement en serpent », comme raconte le poème de Jean Lorrain datant de 1897. Curieusement, des échos de l’ouverture des Hebrides, cette autre célébrité de son genre du compositeur, semblent percer par moments.
Finalement, pour clore le programme, l’orchestre nous a offert l’émotive et lancinante Symphonie No. 8 « Inachevée » de Schubert, suivie par un petit bis : un extrait du Trio de Dvorak. Ce dernier, avec ses sons sombres et passionnés, évoquant les inflexions modales de la musique traditionnelle hongroise, a été une conclusion magnifique à cette soirée de musique tout à fait éclectique et captivante. – Delphine Evans


Quand l’orchestre national d’Ile-de-France décide de rentrer en scène dans l’intime Salle Gaveau, le son résonne, surprend et prend d’assaut le public par des harmonies puissantes.Wilson Hermanto dirige habilement ce Trio Wanderer. La baguette du chef se lève, le public est à l’écoute: silence, tempo, accordage et démarrage.

On cède la place à une oeuvre peu connue de Beethoven: son triple concerto en ut majeur opus 56. Le violon chante, le violoncelle l’accompagne et le piano dessine un fond sonore discret, régulier et par moment énergique. Les cordes sont parfaitement accordées, voir même coordonnées ensemble par le talent du duo énergique que forme Vincent Coq et Raphaël Pidoux.

L’orchestre prend le dessus et anime avec une fougue à l’italienne le triple concerto de Franceschini. Le concert s’achève par des notes éternelles, un inachèvement musical du génie Schubert, à savoir: la symphonie numéro 8 en si mineur.
Applaudissements à l’unisson, élégance sonore… Bravo maestro ! – Cécile Gastaldo


Récemment, une interminable discussion, engagée par un vieil hippie avec moi dans le train,se concluait ainsi : « Les lettres de l’alphabet, de a à z, ont toutes été crées pour ne former que le mensonge, de traîtres mots, tous mensongers. La musique, là est la vérité ».
Eh bien la vérité était bien grave mercredi 30 novembre dernier salle Gaveau. Grave car pleine de résonnances, d’échos et de vibrations grâce au talent du Trio Wanderer, accueilli et accompagné par le brillant Orchestre National d’Ile-de-France. À la baguette, le chef d’orchestre américano-indonésien Wilson Hermanto n’a fait qu’ajouter du spectacle au concert. Ses gestes passionnés, véritable mise en scène du chef d’orchestre, fascinent autant que son humilité et sa capacité à mettre son orchestre et ses musiciens en avant. Sa passion pour la musique de chambre a d’ailleurs fait de lui une référence internationale puisqu’il a dirigé l’Orchestre du festival de musique de Schleswig-Holstein et le pianiste Lang Lang lors d’un concert fin mars 2010 à Orlando (États-Unis).

Les musiciens et leur chef d’orchestre ont rencontré un franc succès devant une salle conquise, qui les a amené à jouer des morceaux qui n’étaient pas initialement au programme. En sus de La Belle Mélusine de Mendelssohn, des Triples qui ont dicté son nom au spectacle à savoir le Triple Concerto pour violon, violoncelle, piano et orchestre en ut majeur de Ludwig van Beethoven et l’Ego, triple concerto pour violon, violoncelle et orchestre de Matteo Franceschini (tout jeune compositeur italien accueilli en résidence par l’Orchestre National d’Ile-de-France) et de la Symphonie n°8 en si mineur de Schubert, les salves nourries d’applaudissements ont amené le Trio Wanderer à reparaître pour des morceaux supplémentaires.
Il fallait s’appeler Beethoven pour oser faire dialoguer sur scène non pas un mais trois solistes ensemble avec un orchestre, et c’est le Trio Wanderer, trio français baptisé ainsi pour son affection pour le romantisme allemand dont le thème du « voyageur errant » est le leitmotiv, qui s’est plié à sa partition. Le trio parcourt les siècles avec l’orchestre pour jouer une création contemporaine du jeune Matteo Franceschini. La musique se fait plus sombre, plus crue, presque dénuée de sa mélodie et avec un rythme saccadé. Angoissante, elle mobilise plusieurs « instruments » originaux comme un verre en cristal pour faire un bruit strident de fond sur une partie du morceau. On se laisse facilement emporter dans les instants les plus sombres du cinéma de Kubrick en fermant les yeux pour quitter un instant le luxe de la salle Gaveau.

Personnellement je recommande vivement ce spectacle Triples à tous les amateurs de musique de chambre et au delà. L’Orchestre National d’Ile-de-France joue encore aux côtés du Trio Wanderer le 16 décembre à Charenton-le-Pont, ruez-vous donc sur les billets, d’autant que l’Orchestre a besoin de tout le soutien de son auditoire, étant menacé de disparition faute de subventions dès le 1er janvier 2012, créant ainsi un vide dans l’offre musicale classique pour les franciliens… – Quentin Grand


L’Orchestre National d’Ile-de-France nous avait donné rendez-vous Salle Gaveau dans le 8ème arrondissement de Paris pour un concert hors du commun, accompagné par le Trio Wanderer. En ce mercredi 30 novembre, nous pénétrons donc dans la salle, au fond de laquelle trône un orgue majestueux. La scène a deux niveaux, la petite harmonie est en haut, les cordes, les solistes et la direction en bas. L’orchestre National d’Ile-de-France est dirigé par l’américain Wilson Hermanto qui a travaillé avec les plus grands orchestres de la planète, comme l’Orchestre Philharmonique de Londres ou encore l’Orchestre Symphonique de Moscou. Le trio Wanderer qui se joint à l’Orchestre est composé d’un violon, Jean-Marc Phillips-Varjabédian, d’un violoncelle, Raphaël Pidoux et d’un piano, Vincent Coq.

Au programme de cette soirée, Mendelssohn, Beethoven, et Schubert pour les classiques et une œuvre de Matteo Franceschini, compositeur en résidence. La Belle Mélusine, ouverture en fa majeur de Frédéric Mendelssohn, ouvre le concert avec une rythmique bien menée, sur laquelle caracole entre aigu et grave le thème qui symbolise Mélusine, même si cette œuvre n’était pas destinée à accompagner un opéra.
Le programme continue avec Beethoven et son Triple concerto pour violon, violoncelle et piano, en ut majeur, op. 36. Incroyable Beethoven mené de main de maître par le chef d’orchestre et dignement mis en valeur par un violoniste expressif, un violoncelliste sobre et intense et un pianiste concentré et ténu. Les trois mouvements s’enchainent, majestueux comme des cygnes. Le trio est rappelé et interprète une pièce d’Anton Dvorak avant l’entracte.
Le triple concerto de Franceschini dénote d’une originalité peu commune, alliant les percussions nombreuses à l’orchestre symphonique, de nouveaux instruments, tels que le cor anglais, la clarinette basse, ou encore le piccolo. Le pianiste ira même jusqu’à jouer directement avec ses cordes. La brume qui plane autour de cette création ne fait que mettre en valeur les mystères qu’elle recèle, une belle réussite !

Enfin, terminons par la Symphonie Inachevée de Schubert (n° 8 en si mineur) où c’est le thème du hautbois qui domine et semble faire danser le chef d’orchestre avec sa baguette. – Apolline Hamy


Intéressons-nous d’abord aux interprètes : l’Orchestre National d’Ile de France avec Ann-Estelle Médouze en violon super soliste (1er violon de l’orchestre autrement nommé maître de concert) sous la baguette du chef américain Wilson Hermanto. Les parties solistes des deux concertos étaient assurées par les membres du Trio Wanderer, c’est à dire Vincent Coq au piano, Raphaël Pidoux au violoncelle et Jean-Marc Phillips-Varjabédian au violon.
Le programme était composé de La Belle Mélusine, ouverture en fa majeur, (opus 32) de Félix Mendelssohn, puis du Triple concerto pour violon, violoncelle, piano et orchestre en ut majeur (opus 56) de Ludwig van Beethoven. À la suite de quoi était prévu un entracte de 20 minutes, mais devant l’enthousiasme du public les trois solistes ont fait précéder cet entracte de la sixième et dernière Dumka en ut mineur du trio Dumky (opus 90) d’Anton Dvořák. Après l’entracte est venue la création française du Triple concerto pour violon, violoncelle, piano et orchestre, dit Ego du compositeur italien Matteo Franceschini (en résidence pour cette saison avec l’Orchestre National d’Ile de France), et enfin le concert s’est terminé sur la Symphonie n°8 en si mineur « Inachevée » D 759 de Franz Schubert.
Si ce programme peut à première vu paraître éclectique, mélangeant styles et époques, il n’en était pas moins motivé. En effet chacune de ces œuvres impliquait la présence de solistes au nombre de trois (d’où le nom du concert). Ces solistes étaient évidents pour les deux triples concertos, mais plus discrets chez Mendelssohn et Schubert (flûte, hautbois et clarinette).

    Comme dit précédemment le concert s’est ouvert avec La Belle Mélusine de Mendelssohn, cette ouverture orchestrale, créée en 1834, a pour particularité de n’ouvrir sur rien, de ne précéder aucun spectacle. Par moment une flûte, une clarinette et un hautbois sont dotés de parties solistes. La musique est parfois légère parfois énergique, un moment troublante puis soudain franche. Grâce à ces contrastes Mendelssohn esquisse la dualité du personnage de Mélusine : mi-femme, mi-serpent. Cette version de l’œuvre bien que très séduisante manquait à mon goût de contrastes et de mise en valeur des solistes.
Après l’installation du piano, le morceau de bravoure ! Épique, majestueuse l’œuvre finement ouvragée de Beethoven était portée par des interprètes de grande qualité. Le compositeur a su parfaitement équilibrer sa partition, aucun des solistes ne prend le pas sur l’autre et l’orchestre qui souvent répond aux trois solistes n’est pas négligé. Le concerto tout entier est comme une grande discussion entre quatre entités et le chef d’orchestre guidait avec habileté ces échanges entre orchestre et solistes. Dans le premier mouvement (très long), Allegro, commence en douceur avec l’orchestre, puis successivement les solistes se font entendre. Pour ne pas briser l’équilibre entre les parties le piano est assez discret : peu d’accords et rarement plus de deux voix. La fin de ce mouvement est marquée par une « discussion » animée entre les trois solistes tandis que l’orchestre reste discret, après cela vient une conclusion très courte. Le deuxième mouvement Largo (mouvement lent) est très bref mais intense. L’orchestre commence, puis le violoncelle, presque perpétuellement dans son registre le plus aigu, vient poser le thème. Le piano lui n’intervient que tardivement et discrètement en arpège. Ce mouvement s’enchaîne directement sur le troisième. Le Rondo alla Polacca est bien plus long que le mouvement précédent. Rapide et léger, il est l’affaire de virtuoses. Le thème est d’abord proposé par le violoncelle puis repris par chacun des protagonistes. Comme dans le premier mouvement la conclusion est brève, et précédée d’un échange animé entre les trois solistes. Dans ce concerto les solistes m’ont éblouis par leur complicité et leur évidente virtuosité.
Le public ravi a réclamé un bis et les trois musiciens nous ont brillamment interprété une Dumka de Dvořák. Un trio entraînant et plaisant inspiré des ballades traditionnelles ukrainiennes, avec un refrain (souvent au violon).
Juste après l’entracte, les musiciens de l’orchestre ont pris quelques minutes pour informer le public des coupes budgétaires dont allait souffrir l’orchestre et pour appeler à signer une pétition contre ces mesures. Ils l’ont fait de façon originale : un violoncelliste a récité une fable de leur composition sur ce sujet, tandis que quatre musiciens l’accompagnaient discrètement d’une marche funèbre.

L’œuvre qui suivit était contemporaine (création nationale), elle s’inspirait de Beethoven pour la forme : un orchestre et trois solistes ; et se caractérisait par sa recherche des extrêmes, des limites. C’était le Triple concerto pour violon, violoncelle, piano et orchestre, Ego de Matteo Franceschini (né en 1979).
Premier mouvement. Ouvert par le violon seul, il est caractérisé par sa brusquerie et son absence de grande ligne musicale. On pourrait dire que les ruptures de tempo sont constantes et extrêmes. Les sons sont plus improbables les uns que les autres, chaque instrument explore son registre le plus extrême et le compositeur n’a pas hésité à utiliser les instruments les plus graves (clarinette basse ou contre basse) ou les plus aigus (piccolo) et à donner une place importante au deux percussionnistes  qui ont à leur disposition timbales, caisse clair, xylophone, triangle, verre (pour les ultra sons), gong …  J’ai trouvé ce premier mouvement très impressionniste, fait de touches et utilisant une palette de couleur remarquable.
Deuxième mouvement. L’ouverture rappelle celle de La Belle et la Bête de Ravel : sur une tenue des vents le piano donne comme des coups de griffes dans le grave. Puis les cuivres interviennent de façon pimpante tandis que les soli (violon et violoncelle) se manifestent légèrement en harmonique. Le mouvement m’a semblé être comme un miroir centré sur une apothéose éclatante mais courte et suivit d’une rapide dégringolade tandis que la fin ressemblait fort au début.
Troisième et quatrième mouvements. De même que pour le second on a d’abord le calme puis un emballement soudain et un retour au calme avec une pédale des cordes. Ensuite des roulements de caisses claires laissent la place au trois solistes enfin ensemble qui exécutent une sorte de danse. Ce concerto ne se finit pas avec éclat mais au contraire le son meurt doucement et laisse délicatement place au silence qui n’est brisé que par des applaudissements.

J’ai beaucoup apprécié ce concerto à la fois facile à écouter et riche de multiples influences : classique, musique populaire, jazz …
Les instruments sortent de même que les excellents solistes : musiciens merveilleux doté ( et ce n’est pas négligeable) d’instruments remarquables : le piano à queue Steinway and sons de la salle Gaveau,  un violon de Petrus Guarnerius de 1748 (Venise) et un violoncelle Goffredo Cappa de 1680 (Saluzzo).
La dernière œuvre interprétée était la Symphonie n°8 en si mineur de Franz Schubert dite Inachevée (D.759). Elle est en deux mouvements et date de 1822. Ici l’esthétique n’est pas celle de la surprise, les thèmes sont faciles à retenir et très dansants. Notamment grâce à l’utilisation d’une sorte de refrain initié par les contrebasses, puis celles-ci laissent la place à la clarinette et au hautbois pour le thème repris ensuite par les différents pupitres de corde. Le deuxième mouvement est plus lent, souvent les contrebasses interviennent en pizzicati comme pour faire office de ponctuation. Les brusque forte sont plus impressionnant que surprenant, on se sent soudain comme écrasé par l’orchestre et à peine le choc passé que la douceur est déjà de retour.
Ce qui m’a le plus frappé dans cette œuvre c’est l’investissement du chef d’orchestre et l’amplitude de nuance de son orchestre capable de pianissimo doux et précis et de fortissimos magistraux et écrasants. – Joséphine Loterie


Le concert Triples, donné par l’Orchestre National de l’île de France,. fait partie de la programmation de la salle Gaveau pour la saison 2011-2012. Le principe de Triples est de présenter des concertos avec trois solistes dont un violoniste, violoncelliste et un pianiste. L’ invité d’honneur de ce soir est un Chef d’orchestre américain Wilson Hermanto, formé à la Manhattan School of Music de New York. Et, suivant les pas d’André Prévin, il débute sa carrière de direction à Los Angeles avec l’Orchestre de la Young Musicians Foundation. Depuis, il a dirigé de nombreux orchestres à travers l’Europe et dans le monde entier. Le voyant, ce soir diriger l’orchestre à la Salle Gaveau, ses acquis et le métier derrière lui, apparaissent, en toute évidence. Il dirige le répertoire avec dynamisme et précision, ponctué par des moments de détente explosives qui conviennent au programme de ce soir. Il excelle davantage dans les morceaux contemporains et les compositions mathématiques, tout comme ceux de Beethoven,  interprétées ce soir avec brio.

Pour cette soirée Triples, il nous a été proposé l’ouverture de La Belle Mélusine, en fa majeur op.32 de Félix Mendelssohn. Une composition formulée sur un mode d’alternance entre des moments très mélodieux et des moments plus rythmés créant un effet de contraste, où les instruments de vent, tels que le hautbois et les cuivres annoncent les transitions. L’accélérations rythmiques et surtout celle de la finale ont été, extrêmement, réussies avec précision et netteté. L’image créée par cette musique est celle du vol d’un oiseau. Cela a été suivi par le Concerto pour violon, violoncelle, piano et orchestre en ut majeur op. 56 de Ludwig van Beethoven. La composition, très rythmique et mathématique, rend la progression, des trois mouvements, trop évidente pour en être captivante. Au finale, les calcules du thème, avec ses reprises et variantes, sont trop présentes et prévisibles. Cependant, très apprécié par le public, les trois solistes ont interprétés une composition de Dvorak : Dunka, sur le thème d’une danse folklorique, extrait d’un trio comme Bis.
Un événement entièrement inattendu, juste au moment de l’entracte, se produit lorsqu’un musicien de l’orchestre avance sur scène pour réciter un texte écrit en alexandrin, avec une structure comme celle des fables de la Fontaine qui se termine aussi avec morale finale. Ce texte a été très bien dit avec une voix qui porte, tout comme un comédien l’aurait fait. Une manière artistique et humoristique de demander le soutien du public.
Le morceau suivant nécessite une installation très précise avec une place importante accordée à la percussion, pour la création française d’Ego du jeune compositeur italien, Matteo Franceschini, une composition d’innovation, tout à fait, dans le registre de Wilson Hermanto. Cette création nous amène à travers les différents mouvements :  comme s’il s’agissait d’entrer dans les cheminements des pensées d’un homme imprégné d’un univers des nouvelles technologies suivant les réseaux, les parasites, les câbles et les files avec l’écran qui ramène tout à soi, tout comme le titre Ego. Chaque partie de cette composition d’exception n’a laissé aucun membre du public indifférent vu les réactions vives, suite à son interprétation.
La soirée se termine avec la Symphonie n°8 en si mineur « Inachevée » D759 de Franz Schubert, laissant une impression très favorable. Ego de ce jeune compositeur italien  et l’ouverture du concert ont été les temps fort de cette soirée parisienne. – Bernadette Plageman

Categories: Concert, Salle Gaveau