The Lightspeed Concert

Concert | Amphithéâtre Richelieu – Sorbonne | En savoir plus


Il y eut certains choristes qui, discrètement, n’ouvraient pas vraiment la bouche et laissaient les autres chanter pour eux, il y eut quelques sourires gênés de timidité, il y eut de l’ennui accroché au visage d’une jeune trompettiste qui n’avait pas grand-chose à faire, il y eut des voix lyriques encore en formation, des chorégraphies un peu kitsches, un public parfois un peu bavard, un chef d’orchestre emballé qui nous transmet son enthousiasme et des bracelets de mille couleurs brillants dans la nuit… Ces petites touches d’amateurisme n’ont cependant rien ôté à la qualité de la prestation qui nous a été proposé dans l’amphithéâtre Richelieu. Le spectacle n’en était que plus pittoresque. Si l’amateur, c’est avant tout celui qui aime, cela a été amplement prouvé au cours de ce Lightspeed Concert. Malgré la difficulté de faire spectacle dans ce lieu avant tout universitaire où pèsent sur nous les regards de grands hommes antiques, chorale et orchestre ont su s’imposer  sous un jeu de lumière adéquat et une bonne prise en main de l’espace.  Nous parcourons avec et grâce à eux le monde de la musique et le monde des sciences relatives à l’étude de l’espace. Nous apprécions le soin porté à la création d’une logique narrative reposant sur l’union de la musique et des sciences : durant les chants sacrés de Mozart ou de Bach défilent sous nos yeux les visages de grands scientifiques associés à des découvertes majeures, puis lors de la partie consacrée à la musique plus actuelle, le chef d’orchestre ponctue chaque morceau d’un point sur l’avancée scientifique sous des images du cosmos accompagnant chaque nouveau chant. Sans trop de didactisme, la promesse est alors tenue : on passe alors un bon moment simple et plein de musique et on rentre chez nous enchanté, en chantant.

Anne Fenoy

En dirigeant le choeur et orchestre du Lightspeed Concert, Benoit Reeves voulait proposer un spectacle dans lequel sciences et musique seraient liées. Si le projet est intéressant, la réalisation l’est moins.

Dans une première partie, le concert se concentre sur des chants classiques et religieux de siècles différents. Simultanément, derrière les instrumentistes, des photos de scientifiques et une petite description de leurs découvertes sont projetées sur un écran blanc. L’idée est de faire correspondre un chant et les découvertes de l’époque d’écriture de ce chant, sauf que la disposition est telle qu’on ne voit pas bien le lien véritable entre les deux. Musique et images évoluent indépendamment.

Dans une seconde partie plus contemporaine, c’est au tour d’images de la Terre vue du ciel, de la banquise, de certaines villes,… de défiler sur l’écran, alors que le choeur reprend des chansons de variétés plus ou moins actuelles. Dans la première partie du concert, on pouvait au moins se raccrocher à peu près à la qualité du choeur. Dans cette deuxième partie, l’ambiance devient celle d’une kermesse. Sur des reprises mal construites de Coldplay ou Queen, les chanteurs effectuent des chorégraphies, une lampe violette à la main. Cela aurait pu être très sympathique, et rendre vivant le spectacle. Au lieu de cela, le manque de professionnalisme devient flagrant. Alors que certains se balancent vers la droite, d’autres non-coordonnés partent vers la gauche. La chorégraphie veut mimer les paroles des chansons, soit, mais effectuer un coeur avec les mains pour l’amour, ou encore se faire toucher le bout des deux index pour un bisou, fait retomber le choeur d’adultes en enfance. Kitsch et amateur, le concert devient un spectacle de fin d’année d’une petite école, mais dans un lieu qui dénote, l’amphithéâtre Richelieu, lieu renommé de la Sorbonne.

En somme, ce concert est marqué par un manque de cohérence, entre la première et la deuxième partie, entre la musique et les sciences, entre la volonté de professionnalisme et le rendu amateur.

Alice Clabaut

Le spectacle est organisé autour du croisement de l’astronomie et la musique et, en conséquence, la thématique dépasse l’expérience esthétique pour s’approcher aussi au plaisir plus radical de la philosophie : le discours. La variété du répertoire, qui oscille entre des chants classiques de l’histoire de la musique d’Occident et de la pop-rock contemporaine, est ainsi très bien liée et reconceptualisé. La chorale est composée d’un groupe de chanteurs parmi lesquels certains sont très expérimentés, tandis que d’autres sont encore dans la beauté de l’apprentissage. Une énergie collective très jeune et incomparable !

Teresa Lopez de Larruzea Lobo

Un événement mythique qui tombait du ciel, mardi 3 avril 2018, 20h30, et qui déchargeait dans l’amphithéâtre Richelieu toute sa puissance sonore, laissant les spectateurs magnétisés sur leurs bancs pour enfin aboutir en un tonnerre d’applaudissements. Benoît Reeves guidait le Choeur et l’Orchestre de « la clef des Chants Ensemble » dans des espaces lointains, sauvages, et on y découvrait des pierres brillantes, des joyaux à la fois anciens et inédits dans leur représentation, un kaléidoscope de notre civilisation sonore, de notre culture musicale. « Sommes-nous seuls dans l’Univers ? » : la réponse à la question posée dans cette conférence – concert originale est « Non » – puisqu’on chante et découvre ensemble la beauté de l’univers.

Sara Rammer

 

Illustration : La Clef des Chants
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