Symphonies n5 et 8 de Beethoven / Orchestre philharmonique della Scala Milan / Philharmonie de Paris / Janvier 2020

Image d’entête : Riccardo Chailly pour la Philharmonie de Paris, (c) Silvia Lelli

Lundi soir, pluie battante… pas le meilleur combo. Malgré cela, la semaine commence bien pour moi : je vais assister, dans un lieu sublime, à un concert donné par l’orchestre philarmonique de la Scala de Milan, dirigé par le chef Riccardo Chailly. Trois pièces majeures de la musique classique seront interprétées dans la grande salle de la Philharmonie de Paris. Pour moi, qui ne suis pas très éclairée en musique classique, c’est une porte d’entrée inespérée.

La salle est moderne, claire, fluide. On trône en hauteur, surplombant l’orchestre, assis sur nos nuages jaunes. Une petite partie des musiciens m’est cachée ; quand l’homme assis devant moi se penche en avant, j’aperçois le chef d’orchestre qui s’installe.

Puis, les premières notes jaillissent. Je frissonne. Car ce n’est pas rien : les trois pièces de ce soir sont des œuvres de Beethoven, et pas les moindres : l’ouverture d’Egmont, une pièce huit minutes ; puis la symphonie n°8 ; enfin, la symphonie n°5, une des plus connues. Même moi, néophyte du classique, je peux fredonner son air et notamment les quatre premières notes, les tonitruants « coups du destin ».

Je dois avouer une chose : ce que je préfère (presque), dans les concerts classiques, c’est observer les musiciens. Or ici, ils sont très nombreux : je suis comblée. Clarinettes, hautbois, trombones, timbales, piccolo (une petite flûte), trompettes, cors et j’en passe : il y a foule. Je ne sais plus où donner de la tête, entre la chorégraphie des bras des violonistes, le percussionniste qui bichonne ses peaux de tambours, les dodelinements rigolos d’un contrebassiste.

Je ne décrirai pas la musique : je ne saurai pas quels mots utiliser (virtuose ? vif ? précis ? brillant ?). Ce que je retiens de cette soirée, c’est l’expérience tout entière, les sens mobilisés, la fougue des applaudissements, le rappel des musiciens, les poils qui se hérissent sur les avant-bras.

Les célébrations du 250ème anniversaire de la naissance de Beethoven continuent cette année : profitez-en !

— Lucie PUREN

Ce lundi 27 janvier 2020, l’orchestre philharmonique della Scala dirigé par Riccardo Chailly jouait trois grandes pièces de Beethoven : l’Ouverture d’Egmont, la 8ème symphonie et la fameuse 5ème symphonie. Le programme annonçait donc d’emblée un concert dédié à la grandeur.

Et, en effet, l’Ouverture d’Egmont – grave et puissante, est un transport immédiat. C’est une entrée en matière parfaite, un premier pas dans la symphonie épique et fulgurante, interrompue par la légèreté des flûtes retardant le désastre des timbales, des cordes et des cuivres. Egmont semble annoncer merveilleusement la 5ème symphonie et pourtant, surprise, la 8ème symphonie, avec sa joie tranquille et gaillarde, vient comme apaiser le tableau avant la tempête symphonique de la 5ème. Il faut toutefois noter la fougue jubilatoire du dernier mouvement de la 8ème symphonie, qui commence par un tissu de violons pianissimo avant la reprise du thème en grande pompe par tout l’orchestre ; ce dernier mouvement allegro, vivace, a tout d’une danse heureuse et folle que l’on voudrait immédiatement rejoindre à corps perdu. Malheureusement, la salle est pleine de sièges et d’ailleurs, personne ne semble broncher — quelle tristesse ! L’attente se résout enfin : après l’entracte, commence la terrible 5ème symphonie et son introduction trop entendue. Une fois le premier mouvement passé, sans que personne n’ait pu l’entendre vraiment — je ne suis pas sûr, d’ailleurs, qu’il soit encore possible de l’entendre, comme il n’est plus possible de voir la Joconde ou la tour Eiffel — l’écoute se fait plus grande, enfin, et avec elle la musique de Beethoven, massive, immense, plus ample encore que ce à quoi l’on peut s’attendre. Le 3ème mouvement amorce une puissante menace avec l’unisson des contrebasses qui ne sont pas sans rappeler les funérailles de Siegrfried de Wagner ou les symphonies de Bruckner, et la symphonie se termine dans une apothéose de cuivres qui ne veut jamais finir et qu’on ne peut qu’emporter avec soi en sortant de la salle.

La salle, d’ailleurs comble, est comblée, le succès total, le public ravi. Le grandiose, l’immensité qui restaient dans ma tête, comme un stigmate lumineux sur ma rétine, s’effacent pourtant assez vite sur les murs jaunis du RER qui court cette nuit polluée de région parisienne…

— Achille DI ZAZZO

J’ai eu le plaisir, ce lundi 27 janvier, de voir jouer l’orchestre philharmonique della Scala de Milan, dirigé par le célèbre chef d’orchestre Riccardo Chailly – lequel nous offre une fois de plus un programme magnifique. Ce dernier est composé des œuvres les plus célèbres de Ludwig van Beethoven.

C’est dans une salle impressionnante que résonnent les premières notes de l’Ouverture d’Egmont. L’orchestre nous joue une série d’émotions avec ce morceau qui alterne des moments lents et doux avec des moments plus dynamiques. Les cordes, qui dégagent une grande force, s’opposent à la douceur et à la gaité des bois. L’ouverture se termine dans le tourbillon d’une fanfare qui fait vibrer les spectateurs.

Puis nous avons, pour continuer, la symphonie n°8. Cette symphonie présente une construction plus simple avec des tonalités joyeuses et légères. L’orchestre ne forme qu’un seul et même ensemble pour atteindre une harmonie parfaite et nous emporter dans le morceau.

L’orchestre termine avec la célèbre symphonie n°5 dont on connaît tous l’air. Les cuivres donnent de la force au morceau, et ce moment devient inoubliable. C’est un réel plaisir de pouvoir écouter ce morceau donné par un orchestre comme celui-ci, cet ensemble parfait nous entraine dans cette symphonie qu’on ne veut pas entendre s’arrêter.

Je recommande à tous de venir un jour dans cette salle, ce fut un moment impressionnant et très agréable. Malheureusement, la salle ne permet pas toujours d’avoir une place avec une bonne vue sur l’orchestre, mais cela ne trouble en rien le plaisir d’être là.

— Camille COURSELLE

Rendez-vous avec la Philharmonie de Paris pour fêter le 250ème anniversaire de la naissance de Beethoveen

La Philharmonie de Paris, dans le parc de la Villette au Nord de la capitale, présente les symphonies n°5 et 8 avec l’ouverture d’Egmont de l’Orchestra Filarmonica della Scala (Milan) sous la direction de Riccardo Chailly pour le 250ème anniversaire de la naissance de Beethoveen ; le lundi 27 janvier à 20h30.

Le bâtiment de la Philharmonie a un air moderne et grandiose. L’intérieur est à l’image de l’extérieur : de hauts plafonds, bien illuminés, qui ont quelque chose de majestueux. Nous donnons l’impression d’être des enfants devant l’immensité du monde musical. La salle – avec la forme en “nids d’abeille” de ses balcons, a l’aspect futuriste d’un vaisseau de science-fiction, aux antipodes du chemin pavé qui mène du tramway à la Philharmonie ; illustrant plus un Paris classique et ancien. L’orchestre, bien qu’en contre-bas, était au centre de tous les regards et de toutes les attentions.

C’était une très belle découverte pour mon tout premier orchestre professionnel. La salle avait une belle acoustique. Elle m’a fait vibrer et oublier ma peur des hauteurs. C’était à la fois relaxant et émotionnel. Véritablement charmant – et attirant, avec une puissance très notable pour l’ouverture d’Egmont. La symphonie numéro 5 est certes connue pour son début brutal – mais beaucoup moins pour le reste. Pourtant, les passages d’un rythme rapide et brutal à un rythme beaucoup plus lent, beaucoup plus doux (voire voluptueux) sont vraiment attirants. Ces transitions font, pour moi, toute la force de la symphonie – au même titre que son début iconique. Le soutien des violoncelles, des contrebasses et de timbres dans les graves avaient une véritable saveur. Les notes graves soutenant la partition étaient mes préférées : pour le sentiment reposant, de sécurité qu’elles apportaient. La fin du spectacle avait un air que je décrirais comme doux et printanier, faisant se terminer le concert symphonique sur un goût de renouveau, de renaissance. Les multiples et longs applaudissement des spectateurs m’ont rendue encore plus curieuse par rapport à la musique classique. Ce n’était guère “ennuyant” ou “lent” mais très séduisant, captivant voire ensorcelant par moment.

C’était une première expérience magnifique. Un spectacle ouvert à toutes et à tous, touchant même les non-initiés à la musique classique comme moi.

— Emilia WANG