René l’énervé, Théâtre du Rond-Point

René l'énervé, opéra-bouffe écrit et mis en scène par Jean-Michel Ribes, musique de Reinhardt Wagner, au Théâtre du Rond-Point.

A l'heure où se déclarent les différents candidats à l'investiture 2012, René l'énervé offre une rétrospective de la présidentielle 2007 -enfin, la version Jean-Michel Ribes et Reinhardt Wagner (compositeur)… L'auteur de cet opéra-bouffe, connu pour Musée Haut, Musée Bas, a consenti à mettre en scène une pièce se référant directement à l'actualité politique. « Plus jamais ça ! » scandent ensemble les acteurs au tombé de rideau ; on sent poindre pour J-M Ribes l'urgence de révéler avec humour la campagne 2007, histoire de nous mettre sur le droit chemin des urnes… Heureusement, la forme opéra-bouffe tendance kitsch-2011 procure des effets de distanciation évitant de délivrer un message autoritaire.

René l'énervé, c'est l'histoire d'un petit épicer balourd et bêta que la Parti de la Majorité, incarné par Hurtzfuller (1/3 B.Hortefeux, 1/3 Himmler, 1/3 Colonel Moutarde), a choisi pour le représenter aux présidentielles. « Avancer et laisser courir » tout en promouvant le « Bon Sens »,  voilà le credo de René. Son atout ? C'est un coureur, un homme petit, nerveux, fonceur, infatigable. Face à cette caricature de N.Sarkozy, le Parti de l'Opposition s'agite en vain : Ginette (en S. Royale), souffrant de la même mégalomanie que René, Gauffrette (en M.Aubry) dépitée par la dispersion du P.S., car Judasso et Foculot, (en J-L Besson et B.Kouchner), se sont ralliés à René.
Un genre et un univers décidément pas sérieux où les philosophes (Bernard-Henri Lévy, Michel Onfray et Finkelkraut (?)), se prennent la tête pour de la confiture avec ou sans sucre  -pardon!- avec ou sans glucose, au lieu de défendre l'intégrité de l'Homme en condamnant l'expulsion du choeur grec. Oui, cet opéra du XXIe avait la chance de posséder un authentique choeur antique qui nous briefait à chaque action importante. Fidèle à la tradition théâtrale, J-M Ribes a inséré dans sa pièce un anachronique choeur très sympathique. C'est l'élément structural, comique, et dramatique, qui donne le ton du spectacle : deux hommes et deux femmes blancs-dorés aux grosses perruques bouclées platines, vêtus de toges imprimées du corps nu de statues antiques; effet comique assuré !
Le rire se déclenche sur les ridicules accents lyriques de mots triviaux. Mais en général, la musique crée un climat assez angoissant, même si les mélodies sont majeures, les passages calmes et rassurants sont rares, puisque le rythme est haletant, -en pleine course! Le texte chanté par des voix agréables provoque un effet amusant de décalages auquel s'ajoute l'accumulation de rimes faciles et martelées. De même, la mise en scène s'inspirant parfois du music-hall rend la pièce ludique et multiplie les références à la réalité. Une univers glamour où l'idole porte le plus luxueux jogging du monde, des talonnettes absolument immondes, et où les acteurs se livrent à un défilé de prêt-à-porter.
On regrette cependant que la frontière fiction-réalité soit si fine : on comprend facilement le fonctionnement de la transposition, on reconnaît bien les imitations -grâce au  jeu des acteurs et à leur remarquable ressemblance physique, la pièce apparaît accessible et l'interprétation aisée. Un peu trop. Les personnages sont des caricatures où transparaît uniquement leur mauvais côté. Seul René se livre à un combat intérieur (un peu forcé) entre René Chef du Pays et René l'épicier, celui-là étant plus sentimental, plus social, plus humain… Mais ce n'est que propagande ! Ivre de pouvoir, l'épicier terrasse le président afin de lui succéder : un René ''polyorgueilleux''…

Une critique qui n'épargne personne, surtout pas le peuple qui a élu un homme résolument bête. Sans aucun doute la campagne du publicitaire a été excellente ; parfait prototype de l'homme moderne, il flaire le vent tourner lorsque les révolutions arabes arrivent et s'exprime toujours sur un joyeux air jazzy -à croire que tous les signes de la subversion sont désormais réinvestis par le dogme bien-pensant.
Une esthétique du bouffon, de l'excès, du mélange, mais tellement cadrée dans la contemporanéité que les repères s'accumulent et se noient : la scène renvoie une image bien trop réelle du réel donc ne peut offrir de clés de compréhension de ce dernier, à part le sentiment de ridicule et de bêtise généralisés. La caricature excessive des personnages ne permet pas la moindre identification ou compassion : tout le monde est trop bête. Tout est trop ; un certain malaise émerge du spectacle, car critiquer pour critiquer n'avance pas à grand chose.
Une pièce drôle, oui mais, du bout des lèvres ; enfin, pas si l'on sait qu'elle est jouée à quelques mètres de Matignon… – Marie-Aurore Ahmad


« Puisque les politiques font du spectacle, il est bien normal que les hommes de spectacle fassent de la politique…» C'est avec ces mots que Jean-Michel Ribes, le directeur du Théâtre du Rond Point, décrit l'enjeu de la pièce intitulée René l'énervé dont il est l'auteur ainsi que le metteur en scène. Le 22 octobre à 21 heures il invita le public parisien à assister à cet « opéra bouffe et tumultueux», un vrai chef-d'œuvre du théâtre contemporain traitant des sujets de société.

Il s'agit d'un pays imaginaire dont les habitants sont à la recherche d'un nouveau chef d' Etat car le vieux président malade a démissionné. Finalement ils tombent sur René, un petit homme, toujours en mouvement, ne cessant jamais de courir, de signaler son opinion et de motiver les autres à le suivre. La pièce se poursuit par la réaction, parfois furieuse, parfois flattante, des groupements opposés, cherchant à nier les idées du nouveau venu ou bien à lui plaire, mais sans jamais avoir un vrai programme alternatif. Tout au long de la pièce, on peut observer les hommes et les femmes politiques perdre leur sérieux, se rendre ridicules, bref faire du spectacle. Tous les éléments de la mise en scène contribuent à un comique de situation et des traits farcesques : les costumes grossiers caricaturent les écolos avec leur mode hippie, les « Cons de la Nation » en uniforme militaire, enfin et surtout le nouveau président en tenue de sport. Malgré ce regard superficiel et généralisant, la pièce atteint des profondeurs psychologiques dans la présentation du conflit intérieur de René : son alter ego figure sur scène sous forme d'un deuxième acteur représentant son subconscient et son autocritique. Un élément essentiel permettant une multiperspectivité, est le chœur antique, « et un peu anachronique » qui fournit des informations supplémentaires aux spectateurs, non sans un certain ton ironique et critique.

L'ensemble du spectacle est encadré par la musique parfaitement accordée au caractère de la pièce et composée par Reinhardt Wagner. L'instrumentation délicate et la récurrence de motifs clés permet d'approfondir le caractère de chaque rôle et de chaque scène. Le double sens donné au spectacle, sur la scène théâtrale ainsi que sur la scène politique, reflète l'impression que Jean-Michel Ribes a du monde politique actuel. En faisant allusion soit à de certains groupements comme par exemple le Front National ou les écologistes soit à des évènements réels, il parvient à tracer une parodie pertinente de la vie politique de la grande nation, une parodie qui pourrait aussi bien être appliquée à de nombreux pays dans le monde entier depuis l'aube de l'humanité.

Le spectateur ne peut que rire haut et fort à l'expérience de cet opéra bouffe. Cependant, en sortant de la salle, l'amusement cède à l'étonnement, puis à la réflexion. Peut-être que seulement le caractère exagéré et farcesque de la pièce permet à déguiser une critique profonde de l'actualité politique d'aujourd'hui. – Thea Goehring


C'est au moment de la fin du mandat de notre président et de la découverte des différents candidats de la présidentiel 2012 que Jean-Michel Ribes nous présente son opéra-bouffe moderne René l'énervé au théâtre du Rond Point. Ce 22 octobre à 21 heures, nous découvrions l'histoire de René l'énervé alias Nicolas Sarkozy , depuis sa détection jusqu'à la mise en place de son gouvernement en passant par ses frasques politiques les plus connues.
Avec la musique de Reinhardt Wagner et la mise en scène de Jean-Michel Ribes, on découvre la vie d'un épicier peu commun choisi pour être le candidat du « bon sens » à la présidentielle joué par Thomas Morris, mais nous découvrons aussi des personnages des plus importants dans la vie de celui-ci, sa maman (jouée par Jeanne-Marie Lévy) et la chanteuse de cabaret – Bella Donna- qui deviendra sa femme (jouée par Alejandra Radano ) et son entourage politique .

L'histoire commence sur le ras-le-bol de peuple de son gouvernement et l'intention de renouveau à laquelle ils aspirent . C'est la qu'on découvre René , un épicier repéré qui prône le bon sens , René est toujours en mouvement et ne peut pas rester en place, il est infatigable. Dès lors qu'il est choisi comme candidat , il conquit le peuple par son « bon sens » et ne cesse de motiver celui-ci.
On fait alors la connaissance de l'Opposition qui, elle, dort et rêve, et on y découvre deux meneuses : Ginette – elle aussi assoiffée par le pouvoir- et Gaufrette qui s'insurgent de la politique de ce nouveau candidat mais n'ont finalement pas grand chose à proposer à ce peuple en quête de renouveau.
Le spectacle continue en nous offrant plusieurs surprises comiques, d'un coté le rôle des philosophes de comptoir qui prennent faussement part à la politique puisque leur débat se fait finalement sur la confiture mais aussi la rencontre avec la chanteuse de cabaret – Donna Tella – qui deviendra sa femme après que René se fasse faire ses talonnettes. Sans oublier le chœur antique des théâtres anciens qui finiront par être expulsé -sans problème- de la France car ils sont étrangers. Tout au long du spectacle, l'échiquier politique est représenté et tombe dans la bêtise au fur et à mesure pour notre plus grand plaisir .

Les costumes, eux, participent à la dimension comique à la pièce : un président en jogging c'est peu commun, le chœur antique habillé avec des toges agrémentées de faux corps nus sans oublier les « cons de la nation » en costume militaire et les écolos en hippie. Ainsi que le conseil des ministres des plus ridicules avec des ministres et leurs combinaisons des couleurs les plus folles et symboliques. Du coté des femmes, Donna ne va pas s'en nous rappeler Carla Bruni et ses multiples – que dis-je millions – de tenues différentes et Ginette avec sa robe très kitsch. La musique et les chansons à la fois jazzy et opéra,  un atout de plus, illustrent parfaitement l'histoire et intensifient les textes comme pour la chanson sur les talonnettes qui, de prime abord, n'est pas un sujet se prêtant à une chanson.
Enfin, pour ce qui est des décors, on peut dire qu'ils sont minimalistes mais réussis. Le décor repose sur des plate-formes sur plusieurs étages qui en les déplaçant forment à la fois le QG du parti d'opposition puis le cabaret mais aussi un grand restaurant. Ainsi, avec l'aide de l'éclairage, nous changeons d'ambiance alors que le décor, lui, ne change pas.

Le spectacle se termine sur une phrase qui nous questionne sur notre réel système politique. Mais l'enjeu du metteur en scène est réussi , son spectacle est une farce qui ne tombe pas dans l'excès. Le spectacle ne parle pas seulement du gouvernement français mais peut s'appliquer à de nombreux gouvernements car il ne dénonce pas seulement notre politique française mais plutôt la politique en général et la soif de pouvoir de nos représentants. On sort de ce spectacle conquis mais avec une légère inquiétude face à notre gouvernement et aux prochaines élections. – Mary Graffion


Les rideaux ne s’ouvrent pas. Une tête passe par leur entrebâillement. Puis trois autres.  Quatre chanteurs s’étirent sur l’avant de la scène, et se présentent : un chœur tiré tout droit de la Grèce antique. Ils vont nous aider à comprendre l’action.
Voici une entrée en matière surprenante, d’autant plus que le titre de l’opéra bouffe, par ses sonorités redondantes, presque tautologiques, ne laisse pas présager d’une trame inextricable. Puis, on comprend : c’est une farce. Le chœur n’est pas habillé à la grecque, mais porte des t-shirts ou des robes sur lesquelles sont dessinés les toges grecques et autres attributs de statues hellénistiques.

Le ton de la pièce est en effet bon enfant, et n’a pas de souci de complexité. Le fil directeur est simple, sans équivoque : nous allons revivre l’accession au pouvoir de René, épicier obscur aux jambes mobiles et aux idées arrêtées, dont la silhouette de joggeur n’est pas sans rappeler quelque personnage vaguement connu de notre vie politique. Jusque-là, nul besoin de chœur antique pour comprendre. Plus tard non plus, d’ailleurs.
En fait de reproche, le premier que l’on pourrait adresser à ce spectacle, c’est précisément sa simplicité. Ou plutôt, sa platitude, en ce sens qu’elle s’attaque au personnage de Sarkozy d’une façon très linéaire, trop convenue, prévisible. Si l’on devait comparer le comique de cet opéra à celui d’une pièce de théâtre, on invoquerait bien plus aisément les farces du Moyen-âge que les comédies de Molière.
Certes, la farce est drôle. Mais elle peut être lassante. Ses ressors comiques sont grossiers, et manquent de cette finesse qui peut faire rire le spectateur jusqu’à la toute fin de la représentation.
Certes, à mesure que la pièce se déroule, elle agrège de nouvelles pierres à sa construction comique. Mais il s’agit davantage d’une accumulation que d’une élaboration. D’un simple mur que d’une maison. L’apparition de différentes caricatures de groupes politiques français amuse, tels les écolos, qui entrent en scène en scandant « bio, bio, bio, » ou les frontistes, rebaptisés pour l’occasion « les cons de la nation, » et habillés en treillis militaires.
Le principe du spectacle est donc drôle, au sens où l’entendaient les modernes : comique, mais d’une façon convenue, très peu originale, et somme toute assez facile.
A noter cependant, quelques sursauts d’originalité qui échappent à cet écueil : le chœur grec, dont l’inutilité dramatique ne fait plus aucun doute, se rachète lors d’une courte performance de « beat box » très inattendue et qui redynamise sa présence sur scène ; ou encore le premier conseil des ministres de l’ère René, qui s’apparente d’assez près à une scène ubuesque, où l’on fait la connaissance, entre autres, de « M. le ministre des prix, et du pas vu pas pris, » et de « M. le ministre de la gentillesse avec les pauvres, mais pas trop. »

Les parties musicales et chorégraphiques sont à l’image de la partie textuelle : drôles, mais dénuées d’épaisseur : quelques rares mélodies, parmi lesquelles le thème musical du chœur, restent présentes à l’esprit, tandis que les autres ne font que le traverser.
La majorité des rimes, censées imposer à l’opéra un train jovial et envolé, sont de mauvaise facture, et alourdissent le texte.
Les parties dansées, quant à elles, sont plutôt agréables, parfois entraînantes, mais trop souvent annulées par des passages parlés, statiques, où les dialogues s’appauvrissent considérablement, (on assiste même à une consternante séance de « c’est toi –  c’est moi ! » entre René et son double angélique – dont l’existence n’est d’ailleurs jamais justifiée), et ont en leur défaveur qu’ils ne sont plus déguisés par la musique.
René l’énervé est donc, comme les répétitions phonétiques de son titre le laissent entendre, un opéra bouffe répétitif, dont le principe comique n’est décliné que sur une gamme très restreinte d’éléments farcesques, drôles au début, et finalement décevants. – Colin Guérand


Personne n’essaie de dissimuler le fait que le protagoniste de la pièce, René, n’est rien d’autre que Nicolas Sarkozy, caricaturé et réduit à ses phrases et actions les plus clichés. A ses côtés, tout aussi grotesque, on trouve son entourage politique, sa maman (« Mamaman » jouée par Jeanne-Marie Lévy) et sa nouvelle femme (« Bella Donna » interprétée par Alejandra Radano).
Ce René est dédoublé en René 1 « l’énervé » (Thomas Morris), un bonhomme petit et rond toujours sur ses talonnettes, et son contraire, René 2 (Jacques Verzier), qui devrait incarner l’humanisme du président, mais qui n’a vraiment pas l’air d’être meilleur que son double.

Les deux René sont créés par Jean-Michel Ribes (auteur dramatique, metteur en scène, cinéaste, mais aussi directeur du théâtre du Rond-Point) qui a consacré quatre années à l’écriture et à la mise en scène de cette pièce afin de la présenter au grand public le mois dernier.
« René l’énervé » est un opéra. « Opéra bouffe et tumultueux » précise le programme, et il est vrai que durant cette présentation colorée et dynamique on rencontre beaucoup de bouffons dont l’action est vraiment « un peu beaucoup trop tumultueuse ». Les petites scènes, dont la pièce est abondamment fourrée, défilent devant nos yeux tel un caléidoscope… Caléidoscope de couleurs, de personnages et de chansons – tout cela sur de la joyeuse musique, parcourant tous les registres de l'opéra au jazz, du compositeur Reinhardt Wagner. Sur scène les constructions rectangulaires mobiles, de deux étages chacune, se déplacent constamment en créant chaque fois une ambiance nouvelle, l’espace assez minimaliste sans définitions, mais toutefois caractéristique permettant tout de suite d’identifier le lieu, que ce soit un cabaret ou une salle des réunions de ministres.
L’effet des décorations est renforcé par le jeu des lumières que les projecteurs créent sur le fond de la scène ou sur l’ensemble des décorations blanches, en les transformant : une fois ce sont des feux d’artifices qui explosent derrière le nouveau président, une autre fois ce sont des images de rosace qui prennent la place sur toute la scène nous amenant à la cathédrale, et malgré l’action tout à fait burlesque se déroulant sur la scène, on est submergé par la beauté d’un lieu saint.
Toutefois, même si le dynamisme créé par le perpétuel déplacement des décorations sur la scène est vraiment captivant, le fil rouge de l’histoire, lui, se perd de vue en transformant la pièce en un simple assemblage par ordre chronologique des titres des actualités les plus connus durant le quinquennat de Sarkozy.
Ribes prétend ainsi révéler tout un système politique créé par la personnalité du président actuel, et il faut bien avouer que parfois il arrive à des remarques assez justes et drôles. Ribes raille le servilisme des gouvernements de Sarkozy qui viennent au conseil des ministres habillés comme le président, dans des costumes sportifs (et oui, c’est ainsi et pas autrement que Ribes voit son personnage, dans un costume sportif bleu-jaune).
René, lui, est un homme d’action « je suis en forme, je réforme » qui aime le pouvoir et qui en est ivre « je vais conduire le pays en état d’ivresse ». Une autre curieuse phrase surgit lorsque les dames de l’opposition vont à leur rendez-vous chez le coiffeur, un certain Frédérik Gengis Khan, qui leur donne un bon conseil par rapport à leur « style » : c’est qu’il n’y a rien mieux que « la raie au milieu ». Une de ces dames, Ginette, représentant clairement Ségolène Royal, nous fait rire davantage, quand elle annonce qu’elle entend des voix, et appelle à la suivre "comme le petit Jésus".
Il est vrai que ces petites phrases bien trouvées font le piment de la pièce, cependant tout l’ensemble nous laisse sur notre faim, en ne dénonçant rien. C’est juste un tas de tout ce qui correspond de près ou de loin aux dernières années politiques.
On a l’impression que l’auteur a voulu faire entrer le maximum des affaires qui ont fait grand bruit ces derniers temps, même au détriment de la qualité de chaque scène. Il est vrai que les problèmes soulevés sont sérieux et importants, mais justement là est le problème de Ribes, parce que chaque thème abordé est beaucoup plus complexe que trois minutes de chanson.

Alors en essayant de tout dire on obtient le résultat contraire : on ne dit pas grande chose. Pas de vraies analyses, pas de profondeur, comme si on parcourait les titres de vieux journaux, sans lire les articles, juste quelques mots sans justifications ni explications.
Et la chose la plus curieuse, c’est que cet excentrique défi de Ribes contre le régime en place, finalement ne semble pas du tout méchant ni dangereux, juste une gentille farce d’enfant, juste pour faire rire ses parents…
Et à son tour le maître, celui qui prétend dénuder tout ce système politique sarkoziste tout en le ridiculisant, ne ressemble-t-il pas, lui, tout compte fait au bouffon du roi ? – Arina Trunova


 

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