Primus / “The Desaturing Seven”

Après leur précédent concept album sorti en 2014 autour du thème de Charlie et la chocolaterie mal reçu, Primus reviennent ici avec The Desaturing Seven, concept album de sept morceaux et présentant l’épopée de … sept personnages. Bienvenue dans le monde étrange et hypnotisant de Primus.

Ce trio officiant depuis la fin des années 80 est notamment reconnu par la complexité de ses morceaux et ses voix scandées et étranges, donnant une impression de récit à l’auditeur, ce qui est ici exacerbé par le besoin de nous raconter une histoire, celle des Sept (“The Seven“). Les Claypool, bassiste et chanteur du groupe, mélange ici ses grooves de Slap à la basse à des voix entêtantes, parfois exagérées (“The Trek“). Ces riffs de basse, ajoutés à la stabilité de la batterie, confèrent une base solide aux riffs de guitare toujours plus étranges et à la voix de Les Claypool, emmenant des morceaux jusqu’à tourner en rond sur de longues phases où guitare et chant ne font qu’agrémenter de touches funky ou métal (“The Scheme“).

Ces phases musicales de style relativement normal alternent avec des morceaux beaucoup plus improvisés ou bruitistes, tels que sur “The Dream“, mélangeant nappes et mélodies planantes à la basse et la voix discutant entre elles ou la guitare classique modifiée de “The Trek“. L’alternance de ces styles et ambiances, qui pourrait créer des surprises tout au long de l’album, perd en efficacité à cause de la longueur de certaines phases, amenant ainsi quelques lenteurs à cet album tournant parfois un peu trop en rond.

 La voix, amenant de la variété dans ces phases de longueurs, parvient à nous raconter le conte de ces Sept Gobelins de couleurs différentes, alternant parties scandées sur des morceaux tels que “The Seven“, ou mélodies plus développées (“The Dream“, “The Storm“), chantées seules, reprises à la basse, ou même en dialogue guitare/choeur (“The Trek“). Cette voix de conte ainsi que la continuité des idées musicales de l’album et des ambiances entre les morceaux en font, bien que n’étant pas le meilleur album de Primus, un bon concept album, et un meilleur que Primus and the Chocolate Factory.

En revanche, une des grandes et agréables surprises de cet album est le fait qu’il tourne littéralement en rond. Mettez votre album en boucle et attendez les dernières secondes, et l’album recommencera comme si de rien n’était, ou presque…

A bientôt, et n’oubliez pas, gardez les Oreilles grandes ouvertes.

Y.D.

Un morceau à écouter : The Trek