Les ateliers du musicien

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L’Auditorium du Louvre présente en ce vendredi 21 avril 2017 un savoureux programme : cette séance a trait aux ateliers du musicien et s’inscrit dans le cadre des journées d’étude sur l’atelier au musée qu’organisent l’institution entre le 15 mars et le 19 mai.

Il s’agit en l’occurrence d’une conférence mêlant interventions, projections documentaires et musiques filmées, sur le thème évoqué du processus de création chez les musiciens. À cet égard, on raffole dès les premiers instants de la jovialité stimulante des deux présentateurs présents sur scène, Clément Lebrun, d’une fraîcheur passionnante, et Christian Labrande, nullement en reste quant à l’érudition en la matière.

La séance de Clip & Clap, ultime, hélas, d’une longue session comme on l’apprend en clôture de soirée, vise à dresser le portrait d’une multitude variée de processus créatifs en musique, aussi nombreux et divers qu’il est de compositeurs et de techniques de conception et exécution. Au moyen d’un voyage transversal, transhistorique et transnational, les deux compères emportent et ravissent l’auditoire dans les méandres de l’inspiration : entre un Philippe Manoury, présent en chair et en os, qui s’impose des contraintes extrêmes comme des schémas de fractale ou des logiciels intelligents d’interprétation sonore de la voix humaine pour ses pièces musicales, et un Wagner de film tout bonnement inspiré par la grâce de l’amour et de la divinité qui lui soufflent Tristan et Isolde, en passant par les cheminements ponctués de tâtonnements du groupe Metallica, par la transe de Mozart en composant son formidable et fatal Requiem, le public est charmé de se voir ainsi ouvrir avec légèreté mais exactitude les différentes voies de la composition à travers les âges et les horizons.

Dans une mise en lumière sobre et juste, les deux intervenants de la séance ont à cœur de nous faire partager leurs sources d’émerveillement, et nous le montrent adéquatement : les extraits proposés au visionnage sont délicieux et d’une pertinence inouïe, de même que les explications qui les suivent, très claires et inspirantes. La progression est cohérente, nette, et le temps défile avec bonheur pour le plaisir de l’oreille et de la sensibilité musicale.

Quel pur enchantement des sens que cette soirée Clip & Clap, qui, on l’espère, saura se refonder sous une forme nouvelle au plus vite !

Marianne Bouyssarie

Dans le cadre du cycle Clip & Clap, Clément Lebrun et Christian Labrande ont exploré à l’auditorium du Louvre, le 21 avril, les ateliers de musicien. Ils cherchaient, au travers d’archives cinématographiques et de documentaires, d’interviews et par la participation de Philippe Manoury (compositeur de musique contemporain), à saisir le processus créatif d’une œuvre musicale.

L’exposé s’ouvre sur cette problématique : comment les réalisateurs ont-ils pu filmer l’inspiration ? Dans d’anciens films sur d’illustres compositeurs classiques, l’inspiration jaillit sans heurt, donnée par le ciel et les partitions s’écrivent sans hésitation, en flux continu. Des exemples présentés ressort le manque de tâtonnement qui définit pourtant la part de recherche dans la création. La participation de Philippe Manoury, qui raconte et illustre sa pratique expérimentale et sa volonté de concilier les nouvelles technologies et la musique dite plus traditionnelle, est un apport considérable au débat.

Clément Lebrun et Christian Labrande essaient ensuite de pénétrer l’espace généralement clos de l’atelier musical. Presqu’en intrus, le spectateur découvre ces images d’ateliers, lieu intime, souvent excentrique. Du garage band au à la maison-atelier, les lieux de création, les époques et les genres varient.

C’est là une des plus grande qualité de cette présentation. Les styles musicaux se succèdent et ce, sans chercher à présenter une chronologie correcte, ni une gradation. Beethoven, Mano Negra, Charlie Parker, Metalica,… aucune frontière, seule la question de la création passionne et importe.

Aucune gradation, certes, mais une prédominance est donnée aux musiques expérimentales. Pour un public peu avertis, ces tâtonnements nouveaux peuvent paraître difficilement accessibles et le monde, que les présentateurs mentionnent en connaisseurs, vaste et incompris. En effet, la séance a tendance à ne pas s’étendre sur les explications, ce qui peut avoir pour effet de perdre une part du public moins aguerrie à ce domaine musical.

Sarah Beiger

Les séances de Clip & Clap nous proposent de parcourir la musique en images par le biais d’extraits vidéo. Un concept original qui se positionne entre la conférence, le documentaire, le concert et le cinéma, le tout dans la bonne humeur.

La séance du vendredi 21 Avril, intitulée Les ateliers du musicien, s’inscrit dans la programmation de l’Auditorium du Louvre proposée à l’occasion de la rénovation du musée Eugène-Delacroix autour de la thématique L’atelier au musée. Cette séance a été préparée et animée par Christian Labrande, spécialiste de l’audiovisuel musical et initiateur du projet Clip & Clap, et par Clément Lebrun, musicien et musicologue.

Pendant un peu plus de deux heures, Christian Labrande et Clément Lebrun nous ont fait découvrir quelques coulisses de la création musicale. La notion d’atelier est incontournable pour la création physique en ce qui concerne les artistes dont l’art est visuel mais qu’en est-il pour le musicien ? Au travers d’extraits de films, de documentaires ainsi que d’images d’archives, nos deux animateurs se sont penchés sur la question. C’est ainsi que nous avons pu concevoir, comme l’évoque le titre de la séance « les ateliers » du musicien, qu’une fois le cliché de l’inspiration subite dépassé, il n’existe pas « un atelier » du musicien mais bel et bien différentes formes de réflexions pour aboutir à la création. Nous avons également eu la chance de découvrir quelques secrets d’écriture du compositeur Philippe Manoury qui était l’invité de cette séance. La diversité des répertoires abordés, du classique au métal en passant par le jazz et la musique contemporaine, entre autres, ainsi que les anecdotes et explications complémentaires données, ont fait de cette séance une véritable cession de culture générale adaptée aussi bien à un public d’amateurs que d’initiés.

Le plaisir de partager de Christian Labrande et de Clément Lebrun ainsi que leur disponibilité ont contribué à la réussite de la soirée qui fut des plus enthousiasmante ! On en ressort la tête pleine de belles découvertes avec la curiosité et l’envie d’en apprendre plus. On attend avec impatience la prochaine programmation d’une séance Clip & Clap.

Titiane Burot

Nous n’avons pas spécialement l’occasion d’aller au Louvre en tant que jeunes étudiants Parisiens. En tout cas, le Louvre me semble le lieu fréquenté par les touristes et par les historiens de l’art. Mis à part cela, le Louvre restait un lieu inconnu à mes yeux. Or, lors du spectacle Clip&Clap, se déroulant à l’Auditorium du Louvre, j’ai eu l’occasion de renouer avec ce lieu historique. Devenu musée, le Louvre fut d’abord la résidence de ceux qui ont écrit notre passé. Mon arrivée au Louvre était d’emblée teintée de solennité. Pourtant, dans un ton beaucoup plus décomplexé, les deux présentateurs de Clip&Clap nous ont immiscé dans un univers entièrement différent, celui de la musique et de son étrange naissance.

Sans savoir à quoi m’attendre j’ai été surprise et étonnée de la force qui se dégageait d’un dispositif en apparence simple et banal. En effet, les deux présentateurs avaient pris place sur scène comme s’ils allaient faire une conférence. J’ai eu presque peur que ce ne soit une conférence comme toute autre. Cependant, le dynamisme de la mise en scène donna vie à cette rencontre. Oui, ce fut une rencontre avec deux sensibilités différentes, celle de chacun des présentateurs, mais aussi avec la composition musicale, qui, elle-même, est une rencontre entre génie, travail, coïncidence, imagination, vouloir.

Le jeu était simple, ayant choisi des extraits distincts de films et de documentaires, la séance Clip&Clap nous a fait voyager parmi des univers différents, de la musique expérimentale aux plus mélodieuses compositions de Mozart. Ce qui m’a tout particulièrement marqué, c’est que la scène projetée n’avait pas de force en tant que telle, c’est-à-dire comme une identité indépendante, elle gagnait en force et en intérêt grâce à la présentation toujours audacieuse des deux présentateurs. En effet, leur passion pour la musique et la composition musicale nous la rendait passionnante. L’un des présentateurs était particulièrement amoureux de la musique (du Rock’n’roll qui lui rappelait ses années de jeunesse) et en racontant son parcours personnel par quelques anecdotes, il nous introduisait dans ce monde mystérieux qu’est celui de la composition.

A ce titre, la rencontre a pu d’une certaine manière être enrichie par la participation de Philippe Manoury, exemple de compositeur qui vint partager son expérience et ses choix de vidéos illustrant son rapport à la musique. Cependant, j’émets des réserves et je nuance le propos quant à cette intervention qui ne me sembla pas créer de la valeur ajouté au dispositif. De fait, le fait qu’ils aient reçu le compositeur sur scène n’a pas été, il me semble, bien agencé. Tandis que les deux présentateurs étaient assis, l’invité est resté debout. Ce placement sur la scène témoignait je pense, du décalage entre deux approches différentes. D’une certaine façon l’intervention fut plus comme une parenthèse ou une pause que le spectacle lui-même. S’il était intéressant de croiser les regards et les façons de voir la composition musicale, il m’apparut qu’il y avait une distance et des façons d’aborder le sujet qui étaient distincts et qui d’une certaine façon brisaient le dispositif initial. Néanmoins, cette intervention a pu aussi redonner un élan d’air rafraîchi. Peut-être l’absence de cet intervenant aurait pu rendre purement monotone la mise en scène imaginée par les deux présentateurs.

Ce qui est à retenir de ce spectacle c’est la légèreté et la décontraction des présentateurs qui ont su avec passion, humour et rigueur nous apporter une vision différente du monde. Ce n’étaient pas seulement les compositeurs qu’on découvrait, mais plus largement leur confrontation à la portée musicale, du compositeur qui travaille ardemment pour trouver ses mélodies à Wagner qui a déjà tout écrit dans sa tête, de la musique expérimentale au Requiem de Mozart, Clip&Clap est une douce sonate spirituelle.

Peut-être je me sentais d’emblée prise dans cette magie du fait que moi-même je suis éprise de musique et que la composition représente pour moi un des piliers de ma pratique. Mais encore une fois, c’est par la densité des savoirs, des détails, des anecdotes racontées qu’ils ont réussi à nous faire voyager au cœur de cet univers rarement exploré et pourtant très riche.

Solène Crépin
Photo : DR