Le Jeu de l’amour et du hasard

Le Jeu de l’amour et du hasard, texte de Marivaux mis en scène par Galin Stoev à la Comédie Française (salle Richelieu).

C’est dans la Salle Richelieu de la Comédie Française qu’est représentée l’adaptation par Galin Stoev de la pièce de Marivaux originalement créée en 1730 Le Jeu de l’amour et du hasard.
Deux heures d’une comédie d’intrigue rythmée par les quiproquos et les machinations des personnages, le tout commenté avec distance par M. Orgon, au courant de tous ces rouages. En effet, sa fille, Silvia doit rencontrer Dorante auquel elle est promise. Pour pouvoir l’observer et prendre une décisions quant à son mariage, son père lui permet de prendre l’habit de sa suivante, Lisette. Orgon reçoit alors une lettre lui apprenant que Dorante, pour les mêmes raisons viendra en prenant pour identité celle de Bourguignon, un simple valet, tandis que son valet prendra sa place. Valets et maitres tomberont finalement dans les bras de celui qui leur est socialement désigné et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.
La mise en scène reprend certains codes du XVIIIe, comme les quelques notes de clavecin entre les actes. Les costumes, s’ils sont épurés ou modernisés renvoient également à cette esthétique. La robe de Silvia trop ouverte pour être crédible mais tout de même pourvue d’une traine et d’un grand col apportent une touche d’humour supplémentaire à la pièce. De même avec Mario, le frère fantasque, torse-nu sous sa longue veste à franges.

Une pièce qui met aussi clairement en avant une situation de mise en abyme, de théâtre dans le théâtre, se devait apparemment de symboliser cette particularité dans les décors. Sur la scène se trouvent alors plusieurs estrades roulantes entourées de cloisons translucides où les acteurs jouent et sur lesquelles sont imprimés des motifs de papiers peints rappelant vaguement la mode de l’époque. Ces estrades aux murs translucides semblent vouloir mettre en valeur le jeu d’observation et d’espionnage des personnages, mais ce qui interpelle surtout, c’est le fait que les acteurs les déplacent eux mêmes entre les actes pour moduler l’espace scénique. Modulation malheureusement assez incompréhensible et relativement inutile. Un parti pris difficilement compréhensible et qui casse le décalage subtil qu’avait jusque là mis en place Galin Stoev avec la pièce de Marivaux. Sans cela la mise en scène, l’utilisation de l’espace, aurait certes été plus simple mais plus cohérente aussi.
Quant aux acteurs, ils ont su amuser la salle qui a beaucoup ri durant la représentation. Le ton, malgré un texte ancré dans un contexte du XVIII°siècle, est finalement très actuel. Les mots sonnent juste, on n’a pas l’impression d’être devant une reconstitution historique. Ils ont su prendre et rendre avec distance ce qui ne passait plus pour un spectateur du XXIe siècle. On ne modernise pas à l’extrême, on le fait par touches, on prend au sérieux ce qui doit l’être sans oublier d’insuffler un peu de jeunesse par moments ( les cris exaltés de Silvia et son frère quand elle apprend la vérité sur l’identité de celui qu’elle croit être un simple valet qui rappellent des clichés de série télé sont un exemple signifiant).
Ainsi, le déroulement de la pièce est rigoureusement fidèle à l’écriture de Marivaux, ce qui change, et efficacement, c’est son «habillage», ce qui entoure le texte et le rend encore plus vivant pour un auditoire actuel.

Une pièce qu’il faut donc aller voir pour se divertir, on s’y amuse sans être assommé par une profusion de symboles potentiels venant du décors, de la musique, de la lumière… On écoute les acteurs, on s’amuse des quiproquos et on regarde le nœud de l’histoire se défaire. Une pièce qui se regarde au premier degré. Cependant, si comme le disait D’Alembert à propos du théâtre de Marivaux, «il faut que les acteurs ne paraissent jamais sentir la valeur de ce qu’ils disent», c’est bien qu’ils disent quelque chose. En effet, le spectateur perçoit bien l’idée d’enjeu social, d’un ordre naturel et imperturbable mais on est surtout porté et intéressé par ces histoires d’amour et de rencontres, de raison et de passion. Tout cela n’est finalement qu’un «jeu» sans ambition de révolution. – Clémence Dennebouy


Grand salon de Monsieur Orgon. Le papier peint paraît presque dater de 1730. Le décor lui-même semble signifier les tours et les détours d’un texte drôle et pétillant fondé sur une série de quiproquos : un jeu de vitres opaques dessinant des lieux secrets où se tisseront devant les yeux amusés des spectateurs des amours plus ou moins espérés…
Dans cette réadaptation de la célèbre comédie de Marivaux, écrite en 1730, Galin Stoev nous propose une mise en scène classique où robe de marquise et tunique de soubrette s’échangent avec une impressionnante rapidité dans les dédales d’un décor (presque) d’époque. Alexandre Pavloff et Léonie Simaga incarnent avec talent le couple de Dorante et Silvia, faits pour s’aimer au mépris des conventions sociales et de leurs conditions respectives.

Pour rappel, Marivaux écrit cette pièce où Silvia et Dorante, promis l’un à l’autre, imaginent pour leur première rencontre échanger leurs habits avec ceux de leurs suivants afin de mieux se connaître avant que de se lier ensemble. Les personnages nous offrent donc une pièce dans la pièce où chacun ignore que l’autre joue un rôle. Pris à leur propre jeu sous l’œil amusé de Monsieur Orgon (le père de Silvia), au fait de l’affaire depuis le début de l’intrigue, les personnages s’éprennent les uns pour les autres au gré du hasard et de relations fantasques, provoquant l’hilarité des spectateurs.
Le rythme de la pièce toujours effréné tient le spectateur amusé en haleine, ne sachant quel sort sera réservé à ce couple dont l’union si belle sur le papier connaît pourtant des barrières (sociales) presque infranchissables. De découvertes en découvertes, les personnages finissent par se voir et se considérer, non pas à l’aune de leurs vêtements mais à celle de leurs sentiments. La surprise à la découverte de l’identité d’un interlocuteur dont on était persuadé du rang social se lit sur les visages des comédiens, pour le plus grand bonheur des spectateurs. Déceptions affichées, joies contenues, déguisements calculés forment le jeu de l’amour étroitement lié au hasard dont seuls Monsieur Orgon et les spectateurs détiennent les clefs. Et le rire se fait connivence, la pièce est d’une actualité brûlante grâce au jeu des acteurs, à l’intonation de leur voix, leur gestuelle, l’emploi de certains termes résolument contemporains.
Témoin privilégié d’un jeu de rôle singulier, le spectateur se divertit dans la confidence, qui ne tombe pour Dorante qu’à la fin de la pièce lorsqu’il apprend que la soubrette n’est autre que sa promise, Silvia, qu’il a admiré toute la pièce pour ses grâces et ses traits d’esprit.

Je recommande vivement cette pièce aux férus de théâtre comme aux non initiés. Quelle meilleure porte que le rire pour rentrer pleinement dans l’art dramatique ? Quel plus bel endroit que la salle Richelieu de la Comédie Française ?
Bien assis dans son fauteuil de velours rouge, la lumière s’éteint lentement et l’on est tout attiré vers l’issue de cette rencontre à quatre où personne n’est vraiment à sa place. Le talent des acteurs ne fait que renforcer l’intelligence et l’humour du texte, le rendu est hilarant ! – Quentin Grand


La représentation de la pièce de Marivaux qui fait l’objet de notre critique, a eu lieu le jeudi 27 octobre à 20h30 dans la salle Richelieu du théatre de la Comédie Française.
Marivaux, né en 1688 et mort en 1763 a écrit Le jeu de l’amour et du hasard en 1730, c’est une comédie en prose en trois actes, une vraie création de l’auteur. La pièce a été mise en scène par Galin Stoev, metteur en scène bulgare, et elle est jouée par la troupe de la Comédie Française : Alexandre Pavloff joue Dorante, Léonie Simaga assure le rôle de Silvia, Pierre Louis-Calixte joue le personnage d’Arlequin, Christian Hecq a le rôle de Monsieur Orgon, Lisette est jouée par Suliane Brahim et Mario par Pierre Niney.
L’intrigue repose sur le fait que Dorante et Silvia ont été fiancés par leur père sans ne s’être jamais vus auparavant. Redoutant de s’engager sans se connaître, ils ont la même idée : se présenter à l’autre sous l’habit de leur serviteur faisant passer ainsi leur serviteur pour les futurs fiancés. Cet inversement des rôles entrainent de nombreux quiproquos. Le faux maître déplait tout de suite à Silvia qui, en revanche, apprécie de plus en plus le faux serviteur. Quant à Dorante, il est conquis immédiatement par la fausse soubrette. Mais sa noblesse l’oblige à révéler son identité à la fin de l’acte II, au soulagement de Silvia. Cette dernière choisit de prolonger l’épreuve pour voir si Dorante ira jusqu’à l’épouser passant outre ses conditions sociales. Mais la déclaration d’amour se complique de la révélation de l’identité plus problématique …

La mise en scène est contemporaine même si elle garde certains éléments classiques comme des détails de costume par exemple. L’action progresse chronologiquement et linéairement. La règle des trois unités est respectée dans le sens où l’intrigue se déroule en une journée (l’action commence le jour où doit arriver Dorante et se termine le soir même), dans un seul et même lieu (chez Monsieur Orgon et sa fille), et l’intrigue n’est pas plurielle. Le décor est composé de plusieurs éléments, des caissons à roulettes donc déplaçables, qui formaient des sortes de pièces, de petits salons à moitié cloisonnés, l’espace était ainsi modulable presque à volonté. On pouvait introduire des niveaux différents et mettre en place une sorte de labyrinthe qui évoquait le chemin tortueux qu’empruntaient les personnages pour découvrir la vérité sur l’autre. Aux cloisons, pour la plupart transparentes s’ajoutait un couloir au fond de la scène qui parcourait tout le fond du décor, mettant ainsi en place un jeu de transparence entre le couloir et les différents espaces créés par les éléments cloisonnés illustrant le jeu de « cache-cache » auquel se prêtent les personnages au fil des scènes. Les costumes sont poussés à l’exagération concernant les faux-maîtres, et sont relativement sobres pour les faux-serviteurs même si certains éléments leur donnent une importance particulière et rappelle leur réelle condition, comme les bottes à talons aiguilles de Silvia qui, bien qu’habillée en soubrette garde son haut rang et sa place de femme fatale qui séduit de suite Dorante. Les inventions de Mario, le frère de Silvia sont assez loufoques et introduisent l’illusion dans la pièce. Ces artifices techniques divertissent le spectateur et illustrent également des moments forts de l’intrigue.

La représentation visait le divertissement du spectateur tout en l’appelant à se questionner sur l’importance de la condition sociale dans le mariage et en général. Durant le spectacle, nous avons pu remarquer les nombreux rires et sourires du public illustrant ainsi le caractère comique de cette question de la condition sociale qui est posée dans Le jeu de l’amour et du hasard.
Cette représentation est remarquable par le jeu des comédiens de la troupe de la comédie Française dont on ne fait plus la réputation, mais aussi par la mise en scène très surprenante aux premiers abords, mais qui met en avant le comique de la pièce. Pas une seule fois, le spectateur ne s’ennuie, la pièce ne s’essouffle à aucun moment. Le rire est au rendez-vous dans cette représentation de qualité qui rend moderne par la mise en scène cette comédie très classique de Marivaux. – Eléonore Lagaillarde


20h35, les lumières se tamisent lentement dans la salle Richelieu de la Comédie Française. Nous entrons avec Lisette (Suliane Brahim), et Silvia (Léonie Simaga) dans la maison de Monsieur Orgon (Christian Hecq), le père de Silvia. Dès la première minute le spectateur est plongé dans l’action. Silvia doit épouser Dorante (Alexandre Pavloff) mais les deux fiancés ne se sont jamais vus. Ils doivent justement se rencontrer ce jour là. Afin de pouvoir s’observer en toute liberté, les deux promis ont la même idée, ils vont se travestir tous les deux en leurs serviteurs, qui eux, prendront le costume de leurs maitres. Seul Orgon est au courant de ces travestissements et prend le parti de laisser faire et d’observer, il dévoilera la vérité à son fils Mario (Pierre Niney) dans le seul but d’aider les amoureux à avancer. Lorsque Dorante et Arlequin (Pierre Louis-Calixte) entrent en scène, les quiproquos, l’amour et le rire entrent avec eux. Les faux valets et les faux maîtres vont rapidement tomber amoureux. Dorante dévoilera à Silvia son identité à l’acte II mais elle, elle préfèrera attendre la fin de la pièce pour faire de même, afin de voir si Dorante est capable de donner raison à son cœur avant sa raison. La pièce se termine bien pour tout le monde puisque les déguisements ôtés laissent place à l’amour vrai libéré de ses supercheries.

 Le décor de la scène, trois pièces carrées amovibles faites de tableaux transparents illustre parfaitement ce qu’il se passe dans le cœur et dans l’esprit des personnages. Une sorte de labyrinthe où amour et raison n’arrivent à se retrouver qu’à la fin. La transparence opaque des tableaux met en scène l’amour flouté par le mensonge des déguisements, des identités. La superposition des deux scènes (la maison d’Orgon surélevée par rapport à la scène initiale) est une idée originale de concrétiser la mise en abime de la pièce, un théâtre dans le théâtre. Les costumes des personnages sont classiques mais revisités. Silvia, qui porte le costume de sa soubrette, le porte de la même façon qu’elle à un détail (en plus) près, les bottes en cuir à talons aiguille. La façon ridicule dont les personnages portent les déguisements des autres ajoute au comique de la pièce. Arlequin ne sait comment porter son manteau et séduit d’une façon grotesque, Lisette se comporte comme une soubrette en voulant faire sa grande dame dans la robe de sa maîtresse, et Silvia fait plus « femme fatale » que servante.

La mise en scène de Galin Stoev paraît donc surprenante au premier abord mais conquiert facilement le spectateur. Le classique est modernisé. Le jeu des comédiens de la troupe de la Comédie Française est remarquable, les rôles sont incarnés avec talent. Le texte, bien que datant du XVIIIe siècle, reste très actuel et passe presque pour un texte contemporain tellement les sujets abordés sont toujours d’actualité. L’hilarité des spectateurs tout au long de la pièce. Le tonnerre d’applaudissement qui la clôt et qui ne s’arrête plus. Le public qui ressort de la salle enchanté. Pari réussi pour Galin Stoev. – Astrid Païtard


20h30, jeudi 27 octobre, la somptueuse salle Richelieu de la Comédie Française à l’honneur de nous accueillir pour la mise en scène du Jeu de l’Amour et du Hasard de Marivaux par Galin Stoev. 1H55 pour retrouver le ton subtil et badin de cette comédie du XVIIIème siècle, où Marivaux s’amuse à faire sortir ses personnages de leur cadre social pour les faire devenir quelqu’un d’autre. Ainsi lorsque Sylvia -Léonie SIMAGA- apprend son mariage avec Dorante -Alexandre PAVLOFF- elle obtient de Monsieur Orgon son père -Christian HECQ- l’autorisation d’échanger son rôle avec Lisette sa servante -Suliane BRAHIM- afin d’observer son futur de l’extérieur. Mais on apprend très vite que Dorante a eu la même idée, si bien que c’est sous le masque d’Arlequin -Pierre LOUIS-CALIXTE- qu’il va séduire la véritable Sylvia. L’intrigue prend alors une profondeur labyrinthique que Monsieur Orgon et son fils Mario -Pierre NINEY- tous deux au fait de la supercherie, se plaisent à observer d’un œil amusé et bienveillant. Et si le projet de Marivaux était,  comme il le dit lui-même, de « guette[r] dans le cœur humain toutes les niches où peut se cacher l’amour lorsqu’il craint de se montrer », Le Jeu de l’Amour et du Hasard illustre justement avec une grande finesse cette vérité de l’amour qui dépasse les masques au moment où les acteurs eux-même ne savent plus qui ils sont. Métaphore du théâtre où le masque est nécessaire pour toucher la vérité humaine.

Ainsi, le metteur en scène met l’accent tout particulièrement sur cette notion de « jeu » par un dosage subtile qui porte le spectateur au rire, sans pourtant tomber dans la grossièreté. Les scènes badines -souvent incarnées par les valets qui jouent la comédie des maîtres- sont donc contrebalancées par des scènes de monologues intérieurs où le personnage est perdu entre son rôle et son être qu’il tente pourtant d’analyser. Un rythme qui maintient l’attention du spectateur, qui l’amuse, tout en lui montrant les vérités du cœur, l’angoisse des personnages à quitter leur rôle, à accepter l’autre malgré son rang social.
Les acteurs incarnent à merveille cette naissance du désir, de la jubilation, et de l’inquiétude qui animent les personnages, grâce à leur comique de geste tel que peut le jouer Lisette lorsqu’elle feint de donner sa main à Arlequin, et la retire chaque fois qu’il tente de la toucher. Les valets, toujours comiques dans leurs costumes trop imposants pour eux, et empêtrés dans l’excès de tissus qu’ils doivent porter, laissent ainsi transparaitre leur véritable condition. Arlequin par exemple ne cesse de jeter sa cape sur son épaule tel un César parodié. L’emphase de leur phrasé aussi bien que leurs expressions familières et l’intonation avec laquelle ils le disent créent un bouillon de langue délicieux pour le spectateur. Le décor se décompose en trois plateformes amovibles, illustrant cet effet labyrinthique de la pièce, sur lesquels se multiplient des panneaux en demi-teintes rosées : jeu sur le visible et le semi-visible qui représente les coins et les recoins de l’âme humaine, ce que l’on montre, ce que l’on cache, aux autres, à soi.
Les effets de lumières sont centrés sur ce labyrinthe comme si le metteur en scène avait voulu éclairer l’homme pour mieux disséquer son âme. Cependant, les acteurs s’avancent parfois sur le devant de la scène -dans la pénombre- pour faire des apartés, comme si l’on faisait un arrêt sur image et que l’on poussait le personnage à s’expliquer sur ses sentiments. Une véritable pièce de l’expérience humaine donc, tel que le soulignent Mario et ses machines qui viennent ouvrir et fermer la pièce. Ce personnage, par l’exubérance même de son costume, ajoute un brin de folie en poussant le jeu jusqu’à l’extrême, et Dorante jusque dans ses retranchements. Machinerie qui finit cependant par exploser, laissant la place à la force de l’amour et au bon sens du hasard.

En définitive, Le Jeu de l’Amour et du Hasard, revisité et explosif, se clôt sur cette vérité enfin trouvée, celle qui dépasse les masques et les conventions, l’amour pour lui-même. Une pluie d’applaudissements s’abat sur la troupe, les spectateurs ont ri, quelque chose s’est produit, de sorte que jusque dans le métro on entend des éloges de cette pièce. Une belle récompense donc pour Galin Stoev qui réussit là une excellente relecture de la pièce. – Marie Paumelle


Jeudi 27 octobre, à 20h30, le fauteuil en velours rouge de la Comédie Française m’a tendu son dossier dans cette magnifique salle Richelieu au décor italien pour assister à la fabuleuse représentation du jeu de l’Amour et du Hasard, de Marivaux mise en scène par Galin Stoev. Promise à Dorante, Silvia décide de le rencontrer sous le masque de sa servante Lisette. Dorante prend également le masque de son « soldat de chambre », Arlequin. Comme on dit : « le hasard fait bien les choses ». Le père se fait maître de la situation avec la complicité de son fils Mario, et tous deux sont contents de voir les protagonistes se prendre à leur propre jeu.  Pourquoi ABSOLUMENT voir cette pièce ?

Le metteur en scène bulgare, Galvin Stoev a su donner un nouveau souffle à la pièce de Marivaux. Si le texte de Marivaux  reste identique, sa mise en scène rend compte d’une certaine modernité. Les différents costumes témoignent de ce décalage – les costumes d’Arlequin et Lisette renvoient au XVIIIe alors que ceux de Dorante et Silvia sont plus actuels-.  Les costumes ont également plusieurs fonctionnalités dans la pièce. Tout d’abord, ils participent au comique de situation : Lisette avec sa coiffure en forme de choucroute, et Arlequin ne sachant que faire de son manteau. Ensuite, ils rendent compte des rapports sociaux entre maîtres et valets. Silvia est habillée en « soubrette », avec des vêtements affriolants : des bottes en cuir avec de hauts talons, une robe avec un large décolleté, ainsi elle a une vision faussée de sa servante. Si le travestissement laisse place aux jeux, le hasard se matérialise par un décor mouvant où la lumière laisse entrevoir ce qui doit être su (vu) ou ce qui doit être tu (vu). Si le décor et les costumes sont nécessaires pour susciter le rire,  ils ne m’ont néanmoins pas séduit sur le plan visuel (des couleurs trop vives pour le costume d’Arlequin).
A travers ce décor labyrinthique où toute rencontre est possible, les comédiens ont su parfaitement trouver leur place. Leur performance est exceptionnelle ! En effet, ils emploient la langue du XVIIIe siècle comme s’il s’agissait du langage du XXIe siècle. Ainsi, le spectateur s’identifie encore mieux aux personnages. Si cette pièce est une comédie, elle révèle toutefois les ambivalences du cœur – l’orgueil de Silvia, le mensonge…- Leurs attitudes et leurs gestuelles expriment ce décalage : Silvia crie de joie avec les bras en l’air, Arlequin en soldat de chambre plus vrai que nature, fait un geste de la main pour dire à Dorant de se tranquilliser. Ils nous offrent un véritable moment de jouissance théâtrale. Nous avons le sourire aux lèvres du début à la fin de la pièce, ponctuée de nombreux  éclats de rires.
A voir ABSOLUMENT car vous passerez un moment exquis de théâtre grâce à l’immense talent des acteurs !

3 thoughts on “Le Jeu de l’amour et du hasard

  1. Diction trop souvent maniérée de façon à restituer une ambiance dite “moderne, actuelle” dont n’a pourtant pas besoin ce texte qui n’a pas pris une ride .
    Hurlements des acteurs rendant le texte inaudible.
    Décors sont le seul objet est de mettre en valeur la mise en scène ( c’est raté !)
    Vous l’avez compris, j’ai passé une bien mauvaise soirée qui , pourtant , se présentait sous les meilleurs hospices.
    Quelle déception !

  2. Superbe spectacle accueil génial  nous étions venue pour voir L'ecole des femmes nous n'avons pas été dessus. Merci aux acteurs bonne continuation et très bonne année dans le théâtre éphémère 
    Cordialement 
    Brigitte Morle

  3. Les critiques écrites par Mlle Eleonore Lagaillarde et Mlle Astrid Paitard sont particulièrement médiocres, humiliantes pour tous les étudiants sérieux qui prennent à coeur ce travail de critique. Leurs performances sont clairement plagiées et écrites dans un français plus que moyen. J'espère que ces étudiantes médiocres ne sont ni en voie littéraire ou historique. Le français de Mlle Paitard n'est pas recevable, la ponctuation n'est pas respectée. L'école primaire est à privilégier à la Sorbonne.

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