La Fabrique des idoles / Pierre et Gilles / Philharmonie de Paris / 2019-2020

Pierre le photographe et Gilles le peintre ont déposé leurs idoles dans les locaux de la Philharmonie de Paris pour une durée de 3 mois (du 20 novembre 2019 au 23 février 2020).

La Fabrique des idoles ce sont 110 œuvres et deux installations à l’entrecroisement de la photographie et de la peinture ; planant dans un univers coloré, fleuri, retro et pop ; le tout sur le thème de la musique. A l’entrée de l’exposition, on nous remet un casque et un audioguide. Dans celui-ci, une playlist élaborée avec soin par Pierre et Gilles navigant entre Dolly Parton et Stromae, passant par Charles Trenet, Sheila, Iggy Pop, Madonna, Eddy de Pretto et pleins d’autres. Playlist nous transportant dans cet univers le temps de la visite. A chaque titre de cette playlist, on associe une des peinture-photographie du duo.

Duo créé en 1976, et lié à la musique dès ses débuts par la création de pochettes d’album. On pourra par exemple croiser la célèbre pochette d’Etienne Daho de La Notte, marquant le début du succès. Les portraits exposés présentent des personnalités musicales des années 70-80 à nos jours. On trouvera une pièce consacrée à Sylvie Vartan une de leurs idoles, mais aussi des mises en scène de Juliette Armanet, Clara Luciani ou encore Marylin Manson. L’exposition se divise en trois espaces: doré, bleu, rouge; associés à trois thèmes: fête, mythologie, rêve et cauchemar. Dans La Fabrique des idoles, Pierre et Gilles repensent les mondes de la mythologie et de la religion intégrant chrétienté, bouddhisme, hindouisme, mythologie japonaise et d’autres influences encore, leur permettant de parfaire cet univers, harmonie de cultures.

Au fil de la visite on verra des idoles musicales prendre l’apparence d’idoles religieuses bibliques comme Juliette Armanet ; Boy George s’apparentera au dieu Krishna, Madonna à Ushiwaka (mythologie japonaise). Enfin le dernier espace, rêve et cauchemar présente une association du rêve et du cauchemar, du bien et du mal, une vision nouvelle outrepassant les conventions sociales pour un univers toujours plus personnel et irréel.

— Léa Bezo

Cette exposition a été pour moi la première rencontre avec l’univers et le travail passionnant de Pierre et Gilles, un couple d’artiste unique. Pierre et Gilles se sont rencontrés au milieu des années 1970, Pierre est photographe et Gilles est peintre, depuis ils ne se sont plus quittés et ils forment un célèbre couple et duo d’artistes, connus pour leur art unique qui mêle photographie et peinture.

Allant à la rencontre de nombreuses générations de stars, les œuvres de Pierre et Gilles on traversé les époques, des années 1980 à 2020. Ainsi ont peu voir à côté d’un tableau de Madonna en divinité japonaise, un portrait de Juliette Armanet en Jeanne d’Arc.

Dans cette exposition, Pierre et Gilles rendent hommages aux nombreuses artistes qu’ils ont photographiés, en attribuant à chaque œuvre une chanson. On déambule dans un espace aménagé en collaboration avec Pierre et Gilles et on pénètre totalement dans leur univers avec les décors pailletés, « l’atelier des curiosités » et la musique qui nous accompagne tout au long de l’exposition. Les différentes salles correspondent soit à des périodes du travail de Pierre et Gilles, soit à des inspirations différentes. On commence donc par « Juke-box des années 80 », puis les « années palace », les « idoles », les « mythologies » ….

Un espace entier est dédié à Sylvie Vartan, artiste avec laquelle ils ont collaboré un grand nombre de fois, à tel point que l’artiste à même écrit une chanson sur Pierre et Gilles. Dans une petite pièce, le duo d’artiste a donc récréé ce qu’ils pourraient imaginer comme la chambre d’un fan de Sylvie Vartan, avec un grand nombre d’objets à son effigie, des photos et même des dessins réalisés par Pierre et Gilles eux mêmes.

— Luna Vion-Guibert

En entrant, l’accueil est assuré par l’intemporel Françoise Hardy et son mur aux allures d’illusion d’optique, ce qui est un premier pas dans l’univers des deux artistes. Puis, nous sommes promenés entre le thème de la religion, de la mythologie sans oublier la pièce maitresse de cette exposition : «la Chambre Sylvie». Déjà éblouie à vagabonder au milieu de la magie des cadres, en arrivant devant cet espace dédié à Sylvie Vartan, mon admiration pour les années 60-70 a été comblé par cette chambre imaginée par Pierre et Gilles, qui devait, cependant, être la chambre de toutes les adolescentes fan de la chanteuse.

C’est grâce à cette exposition que j’ai découvert les incroyables artistes que sont Pierre et Gilles. Mais cette découverte de 2019-2020 pour moi, n’est que la preuve que ce photographe et ce peintre sont des artistes qui traversent les années avec une créativité sans limites. Alors, quand l’heure de partir sonne, on en veut encore. On veut encore plus de paillettes, de boules à facettes et de tableaux magique car quitter le monde de Pierre et Gilles est un dur retour à la réalité. C’est donc avec des étoiles pleins les yeux que je sors de cet univers. Mais le personnel m’interpelle en me disant qu’il y a «un petit film de 15 minutes» qui nous attend pour compléter l’exposition. Dans ce film, on voit comme les deux artistes travaillent ou plutôt comment ces deux magiciens préparent leurs plus beaux tours.

— Axelle PETREL

Quiconque s’intéresse à la photographie, à la peinture et aux concepts novateurs, connaît sûrement Pierre et Gilles. L’un est photographe, l’autre est peintre. Ces deux artistes allient leur talent pour nous proposer des œuvres à la fois touchantes et originales : principalement des peintures-photographies. D’autres objets, divers et variés, occupent également les lieux ; et on ne sait plus où donner de la tête. Tout semble beau, étonnant, unique et rare.

Si cette exposition prend place à la Cité de la musique — ou Philharmonie de Paris —, ce n’est pas une pure coïncidence. Elle est en effet un véritable hommage à la musique, et présente une expérience auditive, tant que visuelle. En mettant en avant leur relation avec la musique, les deux artistes nous permettent ainsi, à nous aussi, simples spectateurs, de découvrir, de comprendre, de creuser notre relation propre avec la musique. En partant d’une expérience singulière, on arrive à une expérience universelle, celle de l’amour ; l’amour de la musique, l’amour qui devrait rendre le monde plus beau et joyeux.

Dans cette exposition, tout un chacun peut retrouver un artiste qui lui est cher ; et il est courant d’échanger un sourire ou un regard complice avec un inconnu, devant le tableau d’untel artiste connu ou d’unetelle chanteuse adulée des foules. Ce qui rend l’expérience encore plus belle et forte, c’est le fait d’écouter des artistes que l’on voit ou que l’on aimerait voir, peints et photographiés, dans cette chaleureuse Cité de la musique. En effet, une playlist a été spécialement créée pour cette exposition, allant de Dolly Parton à Stromae, en passant par Serge Gainsbourg et Khaled.

Rien n’est alors plus émouvant que d’entendre ces précieuses voix dont certaines nous sont si joliment présentées.

— Colleen Guérinet