[INTERVIEW] Rencontrez Tarek Bou Omar, en Licence 3 de LEMA !

RENCONTRONS NOUS ! Malgré le contexte sanitaire inédit, la Direction de l’Action Culturelle continue de promouvoir la culture au sein de Sorbonne Université. Car c’est auprès de vous, étudiant·e·s, personnels et enseignant·e·s, que nous trouvons les trajectoires et les liens les plus inspirants, nous avons décidé de vous donner la parole ! Vous avez été nombreux·ses à vous mobiliser en répondant à ce questionnaire. Aujourd’hui, rencontrons Tarek Bou Omar, étudiant en L3 LEMA (Lettres, Edition, Médias, Audiovisuel) !

Bonjour Tarek ! Tu es étudiant à Sorbonne Université, peux-tu te présenter brièvement ?

Je m’appelle Tarek Bou Omar, j’ai 24 ans et je suis en L3 LEMA (Lettres, Édition, Médias, Audiovisuel) à Sorbonne Université. Je suis libanais et c’est ma première année en France. Ingénieur électrique depuis septembre 2020, je suis passionné par les langues, la littérature et le cinéma. 

L’écriture occupe une place importante dans ma vie. J’ai déjà participé à plusieurs concours de nouvelles internationaux et j’ai été lauréat ou finaliste d’un certain nombre d’entre eux. Actuellement, je souhaite publier un recueil de nouvelles. En 2019, j’ai été lauréat du concours Energheia Liban pour ma nouvelle Fantôme, qui a été publiée en français et en italien, en ligne ainsi que dans un recueil imprimé. En 2020, j’ai été finaliste du concours Nouvelles Avancées, organisé par l’École polytechnique et l’ENSTA Paris, pour ma nouvelle Le hasard bien ordonné ; j’ai été aussi demi-finaliste du Prix du Jeune Écrivain pour ma nouvelle Flammes douces ; et finaliste du Prix des Jeunes Écritures RFI-AUF pour ma nouvelle Le soleil s’éteint sur mon destin, disponible sur Short Édition.

Quelle est ton implication dans la vie culturelle, en particulier celle de l’université ?

Pour pouvoir me concentrer sur mes études, et à cause de la crise sanitaire, j’ai décidé de ne pas m’engager dans la vie culturelle de SU, surtout que c’est ma première année en France. Au Liban, j’ai été co-président d’un club de lecture à la Faculté d’Ingénierie (branche 1), et président des lecteurs du Choix Goncourt de l’Orient à la Faculté des Lettres (branche 3) de l’Université Libanaise. Je participe également à des ateliers d’écriture lorsque j’ai le temps ; ça me permet d’avoir des critiques sur ce que j’écris et de faire la connaissance de gens qui partagent ma passion. En octobre, j’ai participé à un atelier d’écriture animé par Michel Lambert, membre du jury du Prix du Jeune Écrivain ; ainsi qu’à un deuxième atelier animé par Salma Kojok, présidente du jury du Choix Goncourt de l’Orient ; et à un troisième, autobiographique, organisé par l’écrivaine Joëlle Guillais. J’ai fait aussi, en novembre 2020, un stage d’initiation à l’écriture de scénarios organisé par CINEFAC

Projets passés : J’ai 3 nouvelles publiées en ligne :

1) Fantôme : https://www.energheia.org/fantome-bou-omar-tariq_tripolilibano.html (lauréate du Prix Energheia Liban 2019 ; elle a également été publiée, en Italie, dans un recueil collectif avec d’autres textes qui étaient en français, anglais, espagnol ou slovène ; les nouvelles ont été toutes traduites en italien),

2) Le soleil s’éteint sur mon destin : https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/le-soleil-s-eteint-sur-mon-destin-1 (finaliste du Prix des Jeunes Écritures RFI-AUF),

3) Le pont obscur : https://lechoixdelorient.blogspot.com/p/livres_8.html?m=1 (rédigée en août 2020 au cours d’un atelier d’écriture organisé par l’écrivaine Salma Kojok).

Projets actuels : Je suis en train de faire les dernières révisions sur mon premier recueil de nouvelles que j’espère publier vers la fin de cette année, et je travaille également sur un roman épistolaire. Pour le roman, c’est encore un peu flou, mais j’y raconte ma confusion entre ingénierie et lettres, les dépressions que j’ai rencontrées au cours de mon parcours et qui m’ont finalement permis de beaucoup accomplir pendant l’année académique 2019-2020. Je parle aussi de la solitude imprévue qu’on ressent après le succès, de ma quête de sens dans cet univers, et je raconte comment la multipotentialité peut devenir une malédiction dans un monde qui nous oblige à n’être qu’une seule chose. En d’autres termes, ce roman sera une réécriture de mon journal intime.

Depuis combien de temps te consacres-tu à ces projets ?

Depuis deux ans environ (pour le recueil de nouvelles ainsi que pour le roman).

Comment t’es venu l’envie de monter ce projet ?

Pour le recueil de nouvelles : pendant les deux dernières années, j’ai écrit une quinzaine de nouvelles dont certaines ont été lues par des amis et par des enseignants. J’ai reçu pas mal de retours qui m’encourageaient à me lancer dans la publication, et j’ai donc décidé de rassembler les meilleurs textes.

Pour le roman épistolaire, j’ai commencé sa rédaction à un moment où le mal était insoutenable. J’écrivais des lettres à un destinataire anonyme pour me défouler (procédé principalement inspiré de The Perks of Being a Wallflower par Stephen Chbosky), et c’est ainsi que j’ai pu me découvrir de plus en plus. 

Est-ce que réaliser ce projet t’a apporté quelque chose en tant qu’étudiant ?

Je pense que non… De façon générale, l’écriture m’a permis de creuser au fond de moi-même, de sorte que, finalement, j’ai décidé de finir ma licence de lettres avant de me lancer dans le monde professionnel. Sinon, j’aurais abandonné ma passion et travaillé tout de suite comme ingénieur, et j’aurais regretté toute ma vie.

Et dans ta vie personnelle ?

Je dirais que l’absurdité règne et l’écriture en sauve. L’écriture est la seule chose qui me rende satisfait. J’exprime tout ce qui passe dans ma tête et au fond de moi-même sans limites, et ça m’aide beaucoup à m’analyser.

Est-ce que ce projet a changé ou bien précisé ton projet professionnel ? Étais-tu fier de toi ?

Je vais parler de l’écriture en général. Oui, ça a changé. Au début, mon objectif était de devenir ingénieur et puis, au milieu du chemin, notamment après avoir recommencé à écrire à l’âge de 19 ans environ, je me suis rendu compte que ce n’était pas seulement ça que je voulais. 

Pour mon projet professionnel, il y a plusieurs choix mais l’objectif est le même : réunir les deux spécialités. Ça dépend finalement du Master que je choisirai. Il y a la linguistique informatique, mais aussi la traduction scientifique. Je pense donc faire quelque chose qui me permettra de pratiquer mes deux spécialités, surtout que, je l’avoue, en faisant purement des études de lettres, le côté scientifique m’a un peu manqué. Mais avec les obstacles que j’ai rencontrés, les personnes qui m’ont découragé, et ce que j’ai pu accomplir malgré mon jeune âge, oui je suis fier.

Plus généralement, quelle est l’importance de la culture dans ta vie ?

Plus je lis, plus je me sens heureux. Je suis quelqu’un qui parle très peu mais lorsque je rencontre des gens cultivés, j’aime discuter avec eux durant des heures. En plus, je n’aime pas arrêter d’apprendre. À mon avis il faut tout explorer pour savoir ce qu’on veut vraiment – pas forcément en se spécialisant dans tous les domaines mais à travers la lecture et des ateliers de formation. Actuellement, je suis intéressé par le cinéma, la philosophie et la langue latine. J’essaie de les découvrir davantage pendant mes temps libres. 

Penses-tu que la culture et l’art sont essentiels dans une société ? Pourquoi ?

Je pense que les sociétés qui lisent le plus deviennent les plus prospères ; et pour l’art, je trouve que c’est un moyen d’expression thérapeutique dans le monde où nous vivons. Donc oui, bien sûr, la culture et l’art sont essentiels dans une société.

Selon toi, quels sont les avantages à mener un projet culturel pendant ses études ?

L’avantage majeur, c’est de faire quelque chose en parallèle à ses études. Je pense qu’il ne faut pas se laisser limiter par le cadre académique. Avoir de bonnes notes, c’est bien, et peut-être important, mais ce n’est pas tout…

Quelles étaient tes attentes avant de commencer ce projet ? Est-ce que les choses se sont passées très différemment de ce que tu attendais ?

Je n’avais pas d’attentes particulières, mais je pensais pouvoir finir mon recueil de nouvelles un peu plus tôt. Ce sont mes études, les aléas de la vie, les occupations quotidiennes qui m’empêchent d’écrire, d’autant plus que je ne suis pas toujours de bonne humeur pour travailler… Parfois il faut juste ne rien faire. Quant au déroulement des choses, je dirais que non. Notre vision des choses et la façon dont elles se passent dans la réalité ne sont pas vraiment alignées, donc si certains projets prennent plus de temps que prévu, c’est normal.

Comment tes projets ont-ils été influencés par la situation sanitaire actuelle ?

J’étais plus engagé au début de la crise sanitaire ; là, un peu moins. Cela dit, j’écris toujours, et si je ne travaille pas sur un texte, je note des idées.

As-tu pu continuer ta pratique malgré le Covid ?

J’ai écrit des premiers jets de nouvelles mais j’avais du mal à être engagé pour les retravailler, surtout que j’étais occupé par mes études. Là je suis plus disponible et je pense consacrer une bonne partie des vacances à l’écriture.  

Y a-t-il un artiste ou un événement que tu aimerais partager / recommander ? Un dernier mot ?

J’aime beaucoup Baran bo Odar, qui est le scénariste et le réalisateur de la série Dark disponible sur Netflix. J’aime aussi Éric Rohmer, également scénariste et réalisateur. Actuellement, on est en train d’étudier ses films dans le cours de Littérature et cinéma. Il aborde les thèmes du hasard, du pari pascalien, des choix de vie. Ce sont des thèmes qui m’intriguent, que j’ai déjà abordés dans quelques textes, et que j’aimerais réintégrer de façon plus profonde dans mes futurs projets. Enfin, ce n’est pas vraiment un événement, mais il y a une TED talk que j’aime bien : Why some of us don’t have one true calling d’Emilie Wapnick.

Je remercie le Service culturel de Sorbonne Université pour m’avoir donné l’opportunité de témoigner.

Un grand merci à Tarek pour son témoignage et ses mots. Suivez le dès maintenant sur Facebook et Instagram aux adresses citées ci-après :

Facebook : Tarek Bou Omar ici Instagram : tarek_bou_omar ici