[INTERVIEW] Rencontrez Mathieu Cabau-Muñoz, en Master 1 de Musicologie !

RENCONTRONS NOUS ! Malgré le contexte sanitaire inédit, la Direction de l’Action Culturelle continue de promouvoir la culture au sein de Sorbonne Université. Car c’est auprès de vous, étudiant·e·s, personnels et enseignant·e·s, que nous trouvons les trajectoires et les liens les plus inspirants, nous avons décidé de vous donner la parole ! Vous avez été nombreux·ses à vous mobiliser en répondant à ce questionnaire. Aujourd’hui, on rencontre Mathieu Cabau-Muñoz, étudiant en première année de Master de Musicologie !

Bonjour Mathieu ! Tu es étudiant à Sorbonne Université, peux-tu te présenter brièvement ?
Je m’appelle Mathieu, j’ai 24 ans, je suis arrivé à Paris cette année. Je suis étudiant en Master 1 de musicologie (parcours recherche) à l’UFR Musique et Musicologie de Lettres à Sorbonne Université. Je suis originaire de Lyon où j’ai fait une licence de musicologie (Université Lumières Lyon 2). Je suis musicien, guitariste de formation, mais aussi rappeur et beatmaker. À côté de mon cursus universitaire, j’ai suivi l’atelier « Écriture Poésie Urbaine : Slam Poésie / Beat-Box / Rap » de Sébastien Leborgne au CRA.P à Lyon mais aussi celui de Véronique Boige au CRR de Lyon nommé « Improvisation et création ».

Quelle est ton implication dans la vie culturelle, en particulier celle de l’université ?
Tout d’abord, étant donné mon parcours universitaire, la vie culturelle n’est jamais très loin. J’ai toujours été impliqué dans des activités artistiques, soit en y participant soit en étudiant, puisque c’est mon cursus. Pour ce qui est de ma pratique de la musique, j’ai eu l’occasion d’enregistrer des morceaux de rap avec un ami producteur à Lyon (Lazzman prod), et je compose de mon côté pour le plaisir. Dans le cadre de mes études j’ai aussi eu la chance de faire plusieurs concerts avec mes propres chansons. Durant ma licence, j’ai également été rédacteur musical dans un webzine culturel lyonnais, le Kosmic Webzine. Grâce à cette expérience dans le journalisme, j’ai eu l’occasion d’échanger avec des artistes et de j’ai pu m’exercer à l’écriture dans une rédaction en respectant une ligne éditoriale. L’année dernière j’ai monté avec des amis un collectif artistique : Le Kollectif 2 . Nous avons écrit une pièce de théâtre sur le thème de la pudeur et nous étions en lien avec l’Université Claude Bernard Lyon 1 pour nous produire sur scène dans leur théâtre, ce qui finalement a été annulé par la crise sanitaire. En accord avec le service culturel de l’Université Lumières Lyon 2, nous devions aussi exposer une œuvre rétrospective de la biennale d’art contemporain de Lyon (annulée pour les mêmes raisons). En parallèle de ces activités, j’écris du rap, du slam, des nouvelles et de la poésie. La poésie est
sûrement mon moyen d’expression artistique privilégié
. J’ai d’ailleurs participé aux ateliers de lectures poétiques de l’association étudiante « La belle corbeille ». Récemment, j’ai créé une page Instagram pour publier certains de mes poèmes. Cette page se nomme Camille Sans-Sens. Ce projet me plaît tout particulièrement car j’ai un retour direct des lecteurs et je peux échanger autour de ma pratique de l’écriture.

Membres du Kollectif², Photographie de Mathéo Baumgard, Logo de Susie Thonnerieux

Depuis combien de temps te consacres-tu à ce projet ?
Cela fait maintenant 1 an que cette page Instagram existe et je l’alimente aussi souvent que je le peux.

Comment t’es venu l’envie de monter ce projet ?
J’ai toujours écrit et c’est sûrement ce que j’aime le plus. J’avais déjà réfléchi à l’idée de publier mes écrits mais je n’avais pas osé me lancer. L’année dernière j’ai sauté le pas. J’ai aussi monté un site internet pour pouvoir présenter d’autres projets en lien avec ce compte Instagram de poésie.

Est-ce que réaliser ce projet t’a apporté quelque chose en tant qu’étudiant ?
Honnêtement, pas vraiment, du moins pas dans la réalisation concrète de ce projet. Je dirais même que c’est plutôt le fait d’être étudiant qui a apporté quelque chose à mon projet. L’étude de la musique et de l’Art en général, m’a permis de m’ouvrir à différentes formes d’art et de poésie et ainsi de cultiver mon ouverture d’esprit.

Et dans ta vie personnelle ?
Je crois que la poésie et en particulier ce projet de publication sur les réseaux sociaux m’a permis de me rendre compte que je pouvais toucher certaines personnes, que je partageais une sensibilité commune avec d’autres. Lorsque l’on publie ses écrits, on s’offre à la lecture, à l’interprétation et au jugement des autres. J’ai toujours été habitué à remplir des carnets sans jamais les montrer par peur que les gens n’aiment pas. Grâce à mon hétéronyme, Camille Sans-Sens, j’en ai enfin eu le courage. Et ainsi, j’ai compris plusieurs choses. Premièrement : on ne peut pas plaire à tout le monde et c’est tant mieux. Deuxièmement : faire de l’art, c’est prendre un risque. Il ne faut pas écrire pour laisser ses textes dans un tiroir.

(c) Mathieu Cabau-Muñoz / Camille Sans-Sens, 2020

Est-ce que ce projet a changé ou bien précisé ton projet professionnel ? Étais-tu fier de toi ?
Ni l’un ni l’autre. La pratique de l’écriture m’accompagne depuis le lycée, et je ne pensais pas, du moins jusqu’à récemment, pouvoir la considérer comme une activité professionnelle. Depuis quelques temps maintenant je me pose beaucoup de questions à ce sujet, mais je n’en suis pas encore là.

Plus généralement, quelle est l’importance de la culture dans ta vie ?
Évidemment énorme. J’ai eu la chance de naître dans une famille où l’art et la culture sont très importants pour l’épanouissement. Je n’imagine pas vivre sans, d’ailleurs c’est la filière que j’ai choisie.

Penses-tu que la culture et l’art sont essentiels dans une société ? Pourquoi ?
Oui, bien-sûr, je crois que l’on se construit énormément à travers la culture et l’Art en général. Par exemple pour moi, ce n’est pas seulement une échappatoire, c’est aussi un style de vie.

Selon toi, quels sont les avantages à mener un projet culturel pendant ses études ?
Sans même parler des cours en eux-mêmes, les études permettent de rencontrer du monde avec des influences artistiques différentes mais aussi des avis divergents sur beaucoup de sujets. Cela nous permet d’être dans le partage. Mener un projet culturel pendant ses études c’est aussi se donner la chance de toucher plus de monde par le biais du service culturel de l’école ou de l’université et de participer à des projets communs étudiants.

Quelles étaient tes attentes avant de commencer ce projet ? Est-ce que les choses se sont passées très différemment de ce que tu attendais ?
Je n’avais pas d’attentes particulières. J’ai été surpris par le nombre de retours positifs. Je suis heureux d’avoir eu le cran de me lancer.

Comment tes projets ont-ils été influencés par la situation sanitaire actuelle ?
L’annonce du premier confinement, début 2020, nous a empêché, mon collectif et moi, de nous produire sur scène avec notre pièce « Un peu de pudeur ! » au Théâtre Astrée à Lyon. Nous préparions ce spectacle depuis 1 an. La date était fixée depuis des mois, et une semaine avant la grande première, la représentation a été annulée. Ça a été une très grande déception même si nous avions commencé à nous y préparer au vu de la situation sanitaire dans les pays voisins. Pour ce qui est de mon projet : Camille Sans-Sens, la crise sanitaire n’a pas vraiment eu d’impact sur mon activité. J’écris encore et je publie toujours, puisque pour l’instant ça se passe sur les réseaux sociaux.

Parlons de tes futurs projets… En as-tu ? Quels sont-ils ?
J’ai pour projet de publier un recueil de poèmes. Je cherche donc un éditeur ou à m’auto-éditer, mais cela reste assez compliqué pour des histoires de statuts. Sinon, je présente certains de mes poèmes à des concours de poésie tel que le Concours international de Poésie organisé par le service culturel de la faculté des lettres de Sorbonne Université.

Y a-t-il un artiste ou un événement que tu aimerais partager, recommander ?
J’aimerais conseiller une lecture : Le Livre de l’intranquilité de Fernando Pessoa. Ce livre m’accompagne depuis plusieurs années maintenant. Je suis extrêmement touché par ce qu’il dit sur « le moi intérieur ». Ce livre me fait beaucoup de bien.

Merci pour ton témoignage ! Un dernier mot ?
Je voudrais remercier le service culturel de Sorbonne Université de donner à des étudiants la possibilité de montrer leur travail artistique en leur proposant une tribune comme celle-ci. C’est très important pour nous et je suis ravi et reconnaissant de participer à ce projet.

Un grand merci à Mathieu pour son témoignage et ses mots. Suivez-le dès maintenant sur Instagram et sur son site internet aux adresses suivantes :

Vous pouvez me suivre sur Instagram : https://www.instagram.com/camille_sans_sens/
Et sur mon site internet : https://camillesanssens.wixsite.com/poesie