iD

iD, spectacle du Cirque Eloïze au Théâtre de Chaillot.

Le cirque Eloize a toujours privilégié une approche artistique multidisciplinaire. iD, la dernière création de Jeannot Painchaud, ne fait pas exception. La scène du Théâtre de Chaillot est transformée en cité futuriste par les décors formés de blocs, l’univers sonore et l’omniprésence de l’image vidéo. L’esthétique est résolument tournée vers les univers de la BD, de la science-fiction et du graffiti.

La place publique de cette cité est un lieu de passage et de rencontre. La première prend la forme d’un duo, entre pas de deux et acrobatie. Un homme et une femme se croisent au milieu de cette place et s’approchent par des mouvements saccadés, avant de s’enlacer et de trouver une symbiose corporelle pleine de grâce. Le corps de la jeune femme vole dans les airs et à chaque fois est rattrapé avec force par l’homme. La performance est sublime, pleine d’émotion et de romantisme.
Mais deux bandes rivales de la cité viennent s’affronter autour du couple, qui doit se séparer. C’est alors une véritable battle et une rencontre entre deux arts qui vont se dérouler : les danses urbaines face au cirque. Corde à sauter, sauts en vélo ou en roller, mais aussi des disciplines plus classiques du cirque tel le jonglage (pratiqué à la verticale et à l’horizontale), l’équilibrisme, l’aérien et la contorsion se confrontent et se fondent au hip-hop et au break-dance. La symbiose entre cirque et danses urbaines est réussie et offre enfin une forme novatrice au cirque.

Le spectacle atteint la perfection avec son final au trampoline. Les projections vidéo créent un décor virtuel qui évolue avec le décor réel : des trappes s’ouvrent et se ferment, des blocs sortent de la façade, les murs bougent, tandis que les projections créent de fausses trappes et des faux blocs qui s’effondrent sous nos yeux effarés. Les corps volent en tout sens et disparaissent dans des trappes aussitôt camouflées. La fiction devient réalité. Et lorsque les portes de la salle s’ouvrent sur les pieds immenses de la tour Eiffel illuminée, la magie du spectacle semble poursuivre le spectateur émerveillé. – anonyme


Mardi 13 Janvier 2012, le cirque Eloize au Théâtre Chaillot captiva l’ensemble du public de tout âge avec ses spectaculaires performances évoquant le monde de la rue dans une atmosphère dynamique autour des images d’arrière plans, et des chorégraphies originales. Toute la troupe embrassa une multitude de talents artistiques et sportives. Le spectacle fut adapté au contexte parisien, à son profil quotidien et la personnalité cosmopolite des parisiens. Le metteur en scène Jeannot Painchaud, directeur artistique de la compagnie intégra subtilement l’identité caractéristique de la métropole en conjuguant avec finesse les codes du Hip Hop et l’univers du cirque. Le chorégraphe Mourad Merzouki, un ex- apprenti de l’école circassienne a apporté sa contribution à la création contemporaine du cirque Eloize et composé une chorégraphie fidèle aux thèmes et de mouvement de très grande vivacité.

Le public fut emporté dans une ambiance « fiévreuse », attrayante avec un enchainement de performances variées où chacun affirma ses compétences et son caractère artistiques sur un rythme musical à partition roc-électro-romantique. Un mélange de défis acrobatiques avec des figures athlétiques et enrichies d’une chorégraphie aussi bien que coopérative qu’individuelle était au rendez-vous pour époustoufler le public. Chaque scène dans son unicité s’est transformée en une vaste place publique où chacun des artistes est venu apporter sa prestation et son concours. Il y eut un brassage de scène qui dénota de la tension entre groupes rivaux et les relations sentimentales qui se forment et qui se détachent, les représentations du quotidien de la rue, mais à une performance d’un niveau d’élite.

Le spectacle s’est révélé très vivant avec un décor contemporain pseudo-réel et diversifié. Ce décor immergea le public dans le contexte thématique de l’acte interprété avec un éventail de multiples disciplines : duo dance, VTT épreuves,  break dance, trampoline, roller, b-boying, contorsions, jonglerie, mât chinois, corde à sauter, le cerceau, et les figures en hauteur entre autres.
Toutes ces interprétations étaient enrobées par un décor imaginaire urbain composé de murs de graffs colorés, des silhouettes d’immeubles en arrière plan et des jeux de lumières marquant les étapes d’une journée.
L’éclairage était adapté à  l’humeur évoqué et au panorama projeté ; projections de multimédias d’images fictionnels et de ressort des bandes dessinées.  La « city », la métropole illustrée reflète le portrait d’une ville futuriste où la vie journalière bat son plein. Cette ville n’est pas une représentation très détachée de la ville présente, sinon une préfiguration de la pensée des futures générations.

Les seize artistes de la troupe, d’origines internationales, se sont exprimés individuellement, en duo et en groupe, en occupant toute l’espace de la scène de manière énergique et avec une nette cohésion. Les actes étaient de courtes durées à des intervalles très proches pour capturer et maintenir l’attention du public et créer une continuité progressive d’étonnement et d’émerveillement. La sonorisation de nature électrique anima l’ambiance au rythme des chorégraphies très modernes et diverses et continuellement présentes, accompagnant chaque performance. Les artistes ont mixé leurs talents acrobatiques, athlétiques d’avec leurs compétences théâtrales. Ils ont interprété des caractères de la société contemporaine placés au cœur d’une situation et d’un contexte thématique : les scènes de rivalité entre homme, de conflits entre gangs, de défiance, de renouement après séparation et des scènes romantiques. Chaque interprète incarnait un personnage réel dans un contexte évoqué.
Les mouvements dénotèrent une extrême souplesse, une coordination très cohérente et précise entre l’acte performé et le message communiqué : des contorsions, des sauts, des acrobaties groupés et individuels, et des figures d’équilibristes.

L’idée prédominante véhiculée du spectacle fut de projeter une vie urbaine actuelle mais aussi une préfiguration de sa transformation, son changement selon le concept de la nouvelle génération. Il y eut une découverte d’images virtuelles projetées caractérisant ce nouveau visage de la « city » vibrante, cosmopolite où l’art s’exprime par tous sous ces différentes facettes.
Le public eut l’impression d’avoir été partie prenante aux prestations, avec des moments de suspens, de crainte face à la complexité des épreuves. L’explosion de joie et le sentiment de soulagement firent aussi manifestés à la relève du défi et à son accomplissement de haute gamme. Les scènes étaient agencées de telle manière à créer une attente de l’inattendu, et aussi nourrir l’intérêt du public. – Valentine Besry


Je suis allée au théâtre national de Chaillot pour assister à au spectacle iD du Cirque Eloize, mis en scène par Jeannot Painchaud, qui conjuguait avec virtuosité les codes du hip-hop et l’univers du cirque. Tableaux urbains et images époustouflantes s’enchaînent, portés par seize interprêtes au carrefour de multiple disciplines : VTT trial , break dance, trampoline, loller, b-boying, contorsions, jonglerie, mât chinois, corde à sauter. Les gangs s’affrontent, les amitiés se nouent et se dénouent, les individualités s’expriment dans une énergie constamment renouvelée et la danse emporte le tout. Avec un mur de graffs colorés en guise de décor, des silhouettes d’immeubles en arrière-plan et des projections multimédia façon BD ou science-fiction, iD fait surgir une cité à l’allure futuriste, étrangement proche de nos villes actuelles. Si le but de ce spectacle est à la fois de divertir et d’émouvoir les spectateurs, il réussit son pari.

iD est le premier spectacle de cirque de ma vie : je suis sure qu’il restera un des meilleurs. J’imaginais le cirque avec des lions faisant des pirouettes comme dans les contes pour les enfants. J’ai été étonnée, dès le commencement, d’assister à un spectacle vraiment distingué. Je dirais qu’il s’agit d’une interprétation moderne du cirque. Le fond était semblable à celui du cirque traditionnel : les artistes font preuve d’une merveilleuse addresse. Ils étaient plaisants à voir et chaque interprète avait sa particularité.
La forme du spectacle est novatrice. Le cirque décrit des fragments de la vie urbaine d’une manière à la fois réaliste et fantastique avec des jeux de lumière adéquats. La bande-son, avec des genres variés du classique au hip-hop, aide aussi. C’est vraiment magnifique d’utiliser  les objets ordinaires pour faire une représentation extraordinaire. Le spectacle requiert aussi la participation du public ce qui le rend encore plus intéressant et plaisant. Pendant le spectacle, j’ai perçu que  tous les spectateurs, moi y compris, se sont plongés dans l’univers du cirque Eloize. C’était une expérience inoubliable. – Jeayeon Jung