Olivia Ruiz

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Le 22 février 2017 j’ai assisté au concert d’Olivia Ruiz à la Cigale à Paris dans le 18° arrondissement, sans savoir exactement ce que j’allais voir.  Je connaissais évidemment les grands classiques de la chanteuse, mais ceux-ci datent un peu et j’avais un peu peur d’aller à un concert de variété Française. Je ne pouvais pas me tromper plus. Olivia Ruiz est un bout de femme a qui tous les épithètes conviennent, délirante, allumée, magique, enflammée… Elle est ce genre de personnage où tout se mêle et s’entremêle, pour un rendu captivant et électrique. Ce concert est à son image, un spectacle très rock conduit par des musiciens hors normes qui jouent tous d’instruments incroyables. Une scénographie assez osée qui organise la scène autour de ces musiciens et de ce petit bout de flamme. Une flamme qui communique son feu avec un public, parfois un peu mou, ce qui n’a pas empêcher la chanteuse d’électriser la Cigale.

Ce concert avait lieu dans le cadre de son nouvel album, à nos corps aimants, album dans lequel nous retrouvons tout l’univers magique de Mme Ruiz, entre métamorphoses, comptine pour enfant en espagnol, et morceaux très rock, tout y est pour plaire . Un ensemble donc très réussi entre cet album et ce spectacle brillant. Merci au service culturel de la Sorbonne pour ses propositions si variées qui nous permettent de découvrir les univers de ces artistes merveilleux !

Camille Adéjès

A NOS CORPS-AIMANTS, du magnétisme féminin

Le 22 février à 18h, une longue file d’attente se formait devant la Cigale pour un concert commençant pourtant deux heures et demi plus tard. Les fans de la femme chocolat, curieux de son nouvel album, sont arrivés très tôt pour honorer leur vedette. Et ils n’ont pas été déçus. Le concert organisé par Asterios Spectacles et produit par Édith Fambuena nous a révélé une nouvelle Olivia Ruiz. Dans A Nos corps aimants, la chanteuse rend hommage au plaisir féminin avec un album plus sensuel et une mise en scène électrisante.

Le thème de la féminité accompagne le concert du début à la fin. La première partie fût jouée par  ANNIKA & THE FOREST, groupe composé uniquement par des femmes. Une fois les rideaux ouverts, la sensualité monte graduellement. Lorsqu’Olivia chante « Quijote », le public est enflammé par la mélodie pimentée d’influences espagnoles. À partir de là, on rentre vraiment dans l’esprit de Nos corps-aimants, un disque écrit et co-composé par la chanteuse elle-même. Il s’agit d’un travail extrêmement personnel, tout le temps en dialogue avec le public, la chanteuse parle de sa grossesse et partage avec l’audience la berceuse qu’elle a composée pour son fils Nino, «Nino mi niño ».

La relation intime avec le public est une marque très forte de cette nouvelle aventure menée par Olivia Ruiz. Dans  Nos corps-aimants les fans ont voté sur internet pour sa tenue et pour 4 chansons. Le 22 février Olivia, sous la demande de ses « électeurs », a interprété quelques titres de ses Cds précédents, « My lomo & me (Je photographie des gens heureux) » , et « Le tango du qui », habillée d’une robe noire aussi élue sur internet.

En ce qui concerne l’expression artistique de la chanteuse, Olivia Ruiz joue ses chansons de manière théâtrale, transmettant avec son corps et sa voix les émotions qui incarnent chaque titre. La scène est ainsi le fruit du sens de fantaisie de la chanteuse, le décor reprend les triangles visibles sur la pochette du disque. Les musiciens et Olivia se trouvent donc sous une espèce de toit triangulaire, avec un fond composé aussi de triangles. Le système d’illumination du concert s’est approprié de cette structure presque pyramidale pour projeter les lumières sur la scène de façon tridimensionnelle. De cette façon, Nos corps aimants a offert non seulement un spectacle musical, mais également un spectacle visuel où les lumières se sont mariées à la géométrie.

Daniela Bomfim

 Olivia Ruiz, alias la femme chocolat, était présente sur la scène de la Cigale trois soirs consécutifs pour la sortie de son nouvel album « A nos corps-aimants ». J’ai pu assister au 2ème concert. Habituée aux grandes salles telles que Bercy ou le Zénith de Paris, c’était la première fois que j’allais dans une « petite » salle de concert, mais finalement cela est plutôt agréable car il n’y a pas de « mauvaises » places. Le public était principalement féminin et en moyenne des femmes d’une quarantaine d’années.

Je vais parler que très brièvement de la première partie car je n’ai pas du tout aimé. C’était deux filles, une au violoncelle et chœur, et l’autre à la guitare et chant. Elles n’étaient pas à l’aise et cela se voyait, leur type de musique était assez déprimant, elles chantaient en anglais et leur nom de groupe est en anglais également mais elles prononçaient tellement mal que je n’ai rien compris…

Heureusement, c’était le tour d’Olivia Ruiz d’entrer sur scène et elle m’a très vite enlevé cette première mauvaise impression. Sur la scène il y avait des poutres métalliques qui formaient comme un tipi, avec en fond une multitude de petits miroirs en forme de triangle. Cette structure rendait vraiment magnifique avec tous les jeux de lumières. Il faut également savoir qu’Olivia Ruiz avait lancé un sondage sur sa page Facebook pour que son public choisisse sa tenue et quatre chansons qu’elle allait interpréter ce soir-là.  Nous avons donc vu arriver sur scène un petit bout de femme très sage avec sa robe, sa veste en espèce de fourrure et son chignon tiré à quatre épingles. Mais dès la fin de sa première chanson : changement radicale : elle enlève sa veste, défait son chignon et la scène était soudain devenu une scène digne des plus grands concerts de rock ! Et cela a été le cas pendant presque tout le concert. Olivia Ruiz est vraiment une femme qui donne beaucoup de sa personne sur scène, tant par son énergie à sauter et danser de partout mais également par sa gentillesse envers son public. Elle aime beaucoup nous faire participer comme chanter une phrase d’un refrain ou tout simplement interagir avec nous entre deux chansons ; la taille de la salle facilitant l’échange. Il y avait des chansons en français mais également en espagnol car ce nouvel album a été produit à Figueras, ville de Salvador Dali.

Alors que tout le monde croyait le concert terminé, nous la voyons revenir avec ses musiciens et elle avait changé de tenue : une robe blanche futuriste digne des tapis rouges américains ! Et le concert termine en beauté avec 4 chansons supplémentaires.

Charlotte Dutron

Jeudi 23 février, Olivia Ruiz donnait son dernier concert à la Cigale, afin de présenter son dernier disque, A nos corps-aimants. Le retour de la chanteuse, 4 ans après son dernier disque, se faisait donc dans une salle remplie de fans, ravis de ce come-back.

Sur scène, après une première partie sous le signe de la chanson française, Olivia Ruiz finit par faire son apparition. En short et tee-shirt, tenue choisie par les internautes, elle commence dès le début dans un univers plutôt rock. Le décor de la scène lui aussi montre l’éclectisme de la chanteuse, avec une pyramide assez psychédélique qui fait office de toit, et met dans une ambiance très pop.
Cet éclectisme s’exprime tout au long du concert. Les influences espagnoles de la chanteuse se retrouvent dans des rythmes proches de la salsa, entraînant, comme pour la chanson « Mala Vida » ou « Paranoïaque transcendantal » se présentant comme une dédicace à Dali. On a aussi un univers plus imagé, avec une force qui réside plutôt dans des paroles faisant surgir dans les esprits un véritable cirque endiablé, comme pour les chansons « La femme chocolat », ou «Le tango du Qui ».Tout au long du concert, Olivia Ruiz montre son dynamisme et son don pour la scène, n’hésitant pas à interpeller le public, et à partager des moments de vie, par exemple avec sa chanson « Nino mi Niño », en référence à la récente naissance de son fils, qu’elle dédicace à sa maman, présente dans la salle. Pendant le concert, elle alterne ses titres les plus anciens avec ceux de son nouvel album. « J’traîne des pieds » est ainsi chanté dans une atmosphère intimiste, l’artiste montre alors une facette plus douce, assise sur un tabouret, soulignant qu’elle n’oublie pas d’où elle vient. Ces moments sont alternés avec d’autres, bien plus dynamiques. Olivia Ruiz est heureuse de remonter sur scène et le montre. Pleine d’énergie, elle saute, danse, s’amuse avec ses musiciens. Ces derniers montrent une vraie proximité avec la chanteuse, certains étant présents depuis le début de sa carrière.

Au final, le spectacle qu’offre Olivia Ruiz offre nous emmène dans un univers de monstres en couleurs, aux inspirations multiples, tant espagnoles que rock’n’roll, et invite au voyage ses auditeurs.

Roxane Gélineau

Lors de cette soirée dans la salle de concert de « La Cigale », à Paris, Pierre Lebas a ouvert le bal en interprétant des chansons d’un style « pop à la française », comme il aime le dire. Il est l’ancien chanteur de la formation musicale « La Ruda », avec laquelle il a évolué pendant vingt ans, sous le surnom de Pierrot. C’est un parolier reconnu, à la poésie simple et élégante.

L’entrée en scène de la chanteuse Olivia Ruiz a immédiatement chauffé l’assistance et la salle a changé d’ambiance, sous les ovations des fans venus écouter son dernier album en live. Sorti le 18 novembre 2016, sous le nom « A nos corps aimants », il est le cinquième de l’artiste, plus moderne et personnel, elle l’a écrit et co-composé. Elle expliqua d’ailleurs entre deux chansons, avoir pris du temps pour elle et pour son enfant, né en novembre 2015. Elle confia également qu’il est pour elle une source intarissable d’inspiration. Un jeu de lumière important mettait dans l’ambiance des différentes chansons. Après une intermède plutôt douce, Olivia Ruiz s’est lâché sur une musique endiablée, lâchant des cheveux. Sur scène, elle est accompagnée de ses musiciens.

Ses fans ont eu la joie d’entendre, entre autres, « Mon corps, mon amour » « Ame en dentelle », « Nos corps aimants » « Nino Mi Nino », au cours de laquelle la chanteuse a invité le public à participer.

Après avoir enchaîné les chansons de son nouvel album, est venu ensuite la partie du concert décidé par les internautes. Ils ont pu choisir la tenue qu’elle devait porter ainsi que sa thématique, “l’impertinente en short”. Ils ont également voté pour les chansons qu’ils avaient envie d’entendre, notamment « Goutez-moi », « My lomo & me (je photographie des gens heureux) », « Le tango du qui », « Quijote ».

Olivia Ruiz est également revenue sur ses classiques, comme par exemple « La femme chocolat ».

Pauline Lévêque-Guibert

Olivia RUIZ est une chanteuse française aux influences folk, rock et hispaniques dont le nouvel album « À nos corps-aimants » vient de sortir. Ses chansons sont pour moi des odes à la féminité. Une « féminité féministe » qui s’assume et se vit pleinement. Olivia RUIZ a su créer un univers qui semble sincère. À la fois tendre, gourmand et sensuel, il est à son image. L’interprète de La femme chocolat (2006) est caractérisée par une délicatesse et une élégance à la française twistée d’une énergie et d’une joie de vivre très espagnole. Il m’a souvent semblé qu’elle savait en jouer et surtout s’amuser avec les clichés (tenues et fleurs rouges, gestuelle de poupée qui évoque le flamenco, etc.) Chaque chanson véhicule néanmoins des sensations et des émotions qui lui sont propres. Ce sont de véritables textes riches en sous-entendu et métaphores. Ainsi, ils parlent de moments privés comme Tokyo Eyes qui s’inspire d’une dispute avec ses proches et rappelle le film de Jean-Pierre LIMOSIN.

Ce titre fait partie de son nouvel album « À nos corps-aimants » tout comme Nino mi niño qui nous transporte en Espagne et évoque avec affection et pudeur son enfant. Pour ce cinquième album, elle est entourée de femmes : Édith FAMBUENA, le duo IBEYI, la chanteuse ANNIKA AND THE FOREST. Se sentait-elle plus en confiance pour aborder de nouveaux thèmes ? Sur ce nouvel opus, les références au couple sont peut-être plus présentes. L’évocation du désir d’enfant et de son rôle de mère sont eux inédits. Il y a véritablement une évolution qui est sans doute le reflet de sa vie de femme, sa source d’inspiration première.

Pour cette première date à la Cigale, nous avons eu le droit à la traditionnelle première partie. Il s’agissait de VINCHA un rappeur qui se présente lui-même comme « le moins hardcore du 93 ». C’est une vraie découverte. Il séduit par son humour et ses textes narratifs à tendance storytelling. Naturel et sincère, il sait jouer avec le public comme par exemple avec un clin d’œil à Olivia RUIZ et les « petits seins » ou l’évocation de sa famille dans la salle. On ressent et comprend parfaitement ses envies, son vécu. Son autodérision me rappelle l’univers des CASSEURS FLOWTERS. Sur scène, il est d’ailleurs accompagné d’un DJ qui est un véritable « pote ». Ils se taquinent mutuellement et leur énergie communicative envoûte la salle.

Après cette atmosphère bon enfant, Olivia RUIZ rentre en scène et le changement est brutal. Son ton est grave. Pour cette première chanson mélancolique et triste, elle ne danse pas. Il y a peu de lumière et beaucoup de fumée, mais c’est avec humour qu’elle explique que ce n’est pas voulu… Elle en vient à raconter que La Cigale, Paris, c’est « bêtement stressant ». Avec un titre plus rock, elle tombe le masque, ou plutôt la veste, et c’est parti. Elle danse, bouge, saute ! On la sent libérée et elle ne cessera de montrer son sens du rythme. Olivia RUIZ a un répertoire important avec lequel elle sait jouer en alternant ses grands succès (J’traine des pieds, 2005 ou Elle panique, 2009) avec les titres de son nouvel album. La chanteuse a véritablement le sens de la scène. Elle sait fédérer son public. Si parfois, les applaudissements et l’espagnol ne suivent pas, elle en rigole.

Cet esprit a commencé bien avant le spectacle. Elle invitait en effet son public à voter pour choisir sa tenue et trois des titres qu’elle interpréterait sur scène par le biais de son application « PIMP MY RUIZ ». J’aime particulièrement cette attention interactive. Olivia RUIZ cherche à créer du lien avec son public, mais ça ne s’arrête pas là. Cette application sert à rassembler son public et pourquoi pas à l’aider à trouver son « corps-aimant ». Pour moi, cette initiative est caractéristique d’Olivia RUIZ qui déborde d’amour. Son concert est un rayon de soleil associé à véritable coup de boost !

Astrid Lours Riou

C’est dans une structure illuminée et en triangle, proche des films de science-fiction, qu’Olivia Ruiz a fait son entrée au Théâtre de la Cigale le jeudi 23 février dernier, nous plongeant dans son univers dynamique, personnel et éclectique. Un triangle-chapiteau qui abrite les cinq musiciens et la chanteuse, des jeux de lumière, qui accompagnent les changements de caractère des titres, le tout sous le patronage d’une énergie débordante, Olivia Ruiz n’a pas déçu son public lors de cette troisième et dernière date de son apparition dans ce théâtre parisien à la répartition particulière.

Si le théâtre adopte la configuration d’un théâtre traditionnel, avec balcon, orchestre, son public est étonnamment réparti : au premier balcon, public assis, une ambiance cosy d’opéra ; en bas, des auditeurs debout, une bière à la main, tous aussi attentifs. Oui, car Olivia Ruiz, elle scotche : si elle donne envie de danser, de chanter avec elle, chacun reste à l’écoute, que ce soit debout ou à l’étage. D’ailleurs, la plupart des fans connaissent les chansons par cœur.

Mais avant l’entrée de l’artiste, une première partie à l’image de ce qui va suivre met en bouche : trio de messieurs, deux guitaristes et un chanteurs, qui nous font commencer la soirée devant le rideau dans une ambiance pop-rock, en alternant entre des titres dynamiques et entraînants dans une atmosphère onirique, et des titres plus personnels que le chanteur annonce par des anecdotes personnelles aux allures à l’eau de rose, accompagnées par les projecteurs, muant d’un éclairage rouge à un autre plus intime, plus froid. Cependant, le public attend, et Olivia Ruiz fait son apparition vingt minutes plus tard, le temps d’aller commander en se faufilant dans la foule une bière rafraichissante.

Olivia Ruiz est telle qu’on l’attend : dynamique, dansante et en connivence avec son public, des plus enthousiastes. Des « On t’aime Olivia » émanent de la salle, des réponses aux questions de l’artiste… auxquelles elle n’hésite pas à répondre, souhaitant parfois identifier ses admirateurs. Cette interaction a d’ailleurs déjà été préparée. En effet, la tenue même d’Olivia a été votée par ses fans, de même que quatre chansons. Ce soir, c’est short noir et haut blanc, la sobriété ; hier, c’était bustier. Quant aux titres choisis par le public, ses fans se sont tournés vers les classiques, dont « La femme chocolat » dont elle rappelle le contexte. Interaction aussi quand Olivia invite à s’unir à elle pour chanter le refrain en Espagnol d’une chanson personnelle qui relate son expérience de mère. « Il y a quinze mois, je faisais vingt kilos de plus », dit-elle avec cette légèreté qui la caractérise si bien. Oui, la jeune femme est l’heureuse mère d’un bébé et multiplie les anecdotes pour présenter ses titres. Elle poursuit d’ailleurs la généalogie en dédicaçant ensuite une chanson à « la meilleure maman du monde », sa mère.

On bascule dans une ambiance à plusieurs facettes, l’une rock avec vitalité, soutenue par un rythme assuré par les musiciens et scandé par les lumières, l’autre tournée vers la romance, la confidence personnelle et la douceur, dans une atmosphère tamisée. Olivia Ruiz construit donc son univers avec cohérence dans ce triangle qui rappelle le symbole de son dernier album, A nos corps-amants : elle nous y introduit avec dynamisme pour nous mener avec poésie dans sa vie. Cet univers, c’est aussi son public, varié, des familles avec parents et enfants, des amis dont la fourchette d’âge est immense jusqu’aux grands parents, assis sur une marche. L’ambiance est détendue, dans un moment authentique et euphorique. On retrouve Olivia Ruiz, sa voix particulière et nasillarde, sa « pâte d’artiste », son endurance, sa polyvalence, son sens de la mise en scène, et son énergie. Il n’y a pas une scène et un public, mais bien un théâtre, une salle qui, perçue dans son ensemble, reconstitue l’univers Ruiz.

Alexandrine Monnot

Le concert est à la Cigale, la salle se remplit doucement… On profite du cadre de cet ancien théâtre, des balcons, des moulures, des couleurs rouge et or.

Etrangement, pas mal d’hommes, de trentenaires, des couples, et des fans de la première heure ! Au premier balcon il y en qui vont dodeliner la tête au son des chansons pendant toute la durée du concert, au même endroit une femme de cinquante ans qui se lèvera de son siège pour taper des mains tout le concert durant et m’impressionnera par son énergie.

En tout cas je suis bien surprise, il reste pas mal d’accros à « la femme chocolat ».

C’est à l’occasion de la sortie de son dernier album A nos corps-aimants (2016) qu’Olivia Ruiz monte sur la scène parisienne. Ca y est, ça commence. Décor futuriste sur scène (un grand triangle métallique, qu’est ce que cela peut bien vouloir dire ?).

Les cheveux attachés en un chignon sec sur la tête, elle a quelque chose de sévère, ça me dérange presque. Son timbre de voix bien reconnaissable retentit (aller, je tente un rapprochement avec celui de la Môme, mais c’est peut être le côté nasillard)

Et puis, d’un seul coup, elle lâche tout, fait tomber le pull et c’est parti pour un moment rock, ça me dérange encore, je pense à tous les rois et reines du rock n’ roll et je me dis qu’on en a là une imitation bien pâlichonne.

Les chansons s’enchainent, j’avoue, je ne les connais pas. Je salue la prestation des musicos qui tiennent la cadence, et celle des techniciens. C’est vrai, la scène est bien éclairée, il y a des beaux jeux de lumière et un bon rythme.

Les chansons passent, rock, ton lancinant voire caressant, son deuxième album se veut plus provocateur dans les paroles, puis des mélodies plus douces comme cette berceuse espagnole (Je crois que c’était ma chanson préférée) qu’elle dédie à son petit garçon, enfin  « Elle panique », « La femme chocolat » (forcément, on y coupe pas).

On sent une belle complicité entre la chanteuse et son groupe de musicien. Cette Olivia, elle a l’air sympa, un peu comme cette voisine qui fait la fête trop souvent chez elle mais qu’on aime bien quand même. Et pourtant la chanteuse a du mal à communiquer avec son public, elle en fait trop.  A part les afficionados du balcon que j’ai mentionné plus haut, elle le perd un peu, tentant vanne sur vanne, elle se donne un ethos cool et pourtant, aïe ça coince.

Clémence Randon

Le 21 février 2017, je suis allée au concert d’Olivia Ruiz à la Cigale à l’occasion de la sortie de son dernier album Mon Corps Mon Amour. Au rez-de-chaussée, un petit hall sans prétention aux murs blancs accueille le public et le conduit tout droit à un bar animé où, déjà, quelques spectateurs se désaltèrent avant le début du concert. Ici, le noir et le rouge dominent et créent une ambiance intimiste. Sur les côtés, des escaliers mènent à la salle de spectacle. Celle-ci n’est pas très grande et a l’apparence d’une petite salle de théâtre reconvertie en salle de concerts. Dans l’orchestre, qui ne comporte aucune place assise, les spectateurs sont debout, tandis qu’au balcon, ces derniers sont assis dans de confortables fauteuils rouges. Le noir du sol, le gris métallisé des murs, le doré terne du plafond, le rouge du rideau de la scène et les lumières tamisées créent, comme dans le bar, une ambiance intimiste propice à la détente et à la discussion entre amis avant le début du concert. De part et d’autre de la scène, une lumière blanche projetée sur le gris métallisé de la ramarde du balcon rappelle au public le nom du lieu où ils se trouvent : « La Cigale ».

Ce soir-là, le public était assez hétérogène quoique majoritairement composé de femmes : tous les âges étaient représentés, des pré-adolescents aux retraités, en passant par les jeunes et les personnes d’âge mûr. Contrairement aux grandes salles parisiennes, la petite salle populaire de La Cigale permet de se sentir proche des autres spectateurs et de véritablement communier autour d’un même spectacle.

Le concert a débuté à 19h50. En première partie, le rappeur Vincha et son acolyte sont venus désinhiber les spectateurs, tâche quelque peu ingrate, mais qui a été pour eux l’occasion de se faire connaître. En jeans et en teddy, rouge pour l’un et bleu pour l’autre, ces deux trentenaires, avec leurs pas de danse de garçons qui ne savent pas danser et leur rap plutôt bourgeois-bohême, ont su créer une bonne interaction avec le public, le faire rire et le faire bouger, bref, mettre une bonne ambiance avant l’arrivée de celle que tout le monde attendait ce soir-là : Olivia Ruiz. À 20h40, après une pause de quelques minutes le temps que les techniciens enlèvent le matériel des rappeurs de la première partie, le rideau rouge s’est ouvert sous les applaudissements et les cris des spectateurs, dévoilant sur scène un décor qui n’était pas sans faire penser à la grande pyramide du Louvre. Dans un nuage de fumée, Olivia Ruiz s’avance vers le micro pour commencer à chanter tandis que ses cinq musiciens, déjà en place avec leurs instruments, exécutent les notes du premier morceau de ce long et beau concert. Ce soir-là, Olivia Ruiz portait une robe bustier grise, tenue choisie par les spectateurs eux-mêmes, puisque grâce à Internet, ceux et celles qui le voulaient pouvaient voter, avant le concert, pour ce qu’elle porterait sur scène parmi une sélection de tenues. De même, Olivia Ruiz a ce soir-là interprété quatre chansons pour lesquelles les spectateurs avaient voté sur Internet : « Goutez-moi », « Volver », « My Lomo &Me » et « Le tango du qui ».

Sur scène, lumière et musique se répondaient parfaitement. Tout au long du concert, Olivia et ses musiciens ont été très proches des spectateurs en leur parlant beaucoup entre les chansons, en les faisant réagir et parfois même en les faisant chanter avec eux. Les spectateurs, quant à eux, se sont bien régalés au cours de cette soirée et ont beaucoup bougé, chanté et crié.

J’ai beaucoup apprécié l’ambiance très vivante et très chaleureuse de ce concert où j’ai pu m’amuser et me laisser porter par la musique.

Yali Tang
Photo : Olivia Ruiz
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