[INTERVIEW] Rencontrez Daumy, en Master 1 de Musicologie !

RENCONTRONS NOUS ! Malgré le contexte sanitaire inédit, la Direction de l’Action Culturelle continue de promouvoir la culture au sein de Sorbonne Université. Car c’est auprès de vous, étudiant·e·s, personnels et enseignant·e·s, que nous trouvons les trajectoires et les liens les plus inspirants, nous avons décidé de vous donner la parole ! Vous avez été nombreux·ses à vous mobiliser en répondant à ce questionnaire. Aujourd’hui, on rencontre Daumy, étudiante en Master de Musicologie !

Bonjour Daumy ! Tu es étudiante à Sorbonne Université, peux-tu te présenter brièvement ?
Bonjour, j’ai 22 ans et je suis en Master d’Administration et de Gestion de la Musique (AGM) à Sorbonne Université. Après deux années de Classes préparatoires littéraires, une troisième année de Licence d’Anglais LLCE, je décide de partir enseigner le français pendant un an sur l’île de Wight en Angleterre où je découvre la joie du chant et de la chorale. C’est à la suite de cette année de césure que je décide de me consacrer entièrement à la musique, avec mon projet Daumy en tant qu’auteure-compositrice-interprète et avec mon Master de Musicologie.

Quelle est ton implication dans la vie culturelle, en particulier celle de l’université ?
Je suis l’artiste du label de Sorbonne Université « Polissons Records », qui réunit les 18 étudiants de deuxième année du Master Administration et Gestion de la Musique. On travaille sur la sortie de mon premier EP « Montagnes Russes », prévue le 19 mars. Le label s’occupe notamment de l’aspect promotionnel et marketing du projet. Je vais aussi participer à de futurs concerts à la fin de l’année universitaire, toujours organisés par les étudiants de deuxième année
du Master AGM.

Visuel de l’EP Montagnes russes, (c) Daumy, 2021

Depuis combien de temps te consacres-tu à ce projet ?
L’idée de développer un projet musical en tant qu’auteure-compositrice-interprète était déjà présente dès mes années de Classes préparatoires littéraires. C’en était presque devenu une obsession, j’avais besoin de faire de la musique et de créer mes propres chansons. C’est en Angleterre que je concrétise ce projet, j’y écris là-bas la moitié de l’EP dès mars 2020, en confinement sur une île où le calme était propice à l’écriture. J’avais également plus de temps à consacrer à la musique, avant de terminer l’EP en France en décembre 2020.

Comment t’es venu l’envie de monter ce projet ?
Écrire et composer sont pour moi des évidences. J’avais cependant peur pendant longtemps de me lancer, à cause de la peur de l’échec et d’un manque de confiance en moi. C’est par le biais de rencontres que mon projet musical a évolué sur un chemin exaltant ! Les sujets que j’aborde dans cet EP sont issus de mes expériences personnelles, je parle principalement de relations amoureuses tumultueuses. Je me suis aussi inspirée d’expériences de mon entourage. Écrire et composer prennent du temps. En fait, je peux travailler pendant des semaines sans être satisfaite du résultat, pour ensuite réussir à écrire et à composer de manière instinctive en quelques minutes. Le processus de création est une sorte d’énergie qui varie en fonction des moments.

Est-ce que réaliser ce projet t’a apporté quelque chose en tant qu’étudiant ?
La création de cet EP dans tous ses aspects, notamment administratifs, m’a apporté une certaine connaissance de la musique enregistrée – très utile pour mon Master, et vice versa. Cela prend du temps donc il faut bien s’organiser pour jongler entre études et musique. Mais les deux ne sont pas antinomiques, au contraire elles se complètent étant donné que mes études sont focalisées sur l’industrie musicale. Consacrer du temps à Daumy est très bénéfique pour le moral en cette période de crise sanitaire, qui plonge les étudiants dans une grande difficulté psychologique et financière. Ce sont des difficultés que je ressens moi aussi, mais si je n’avais pas Daumy, je ne sais pas comment je ferais.

Et dans ta vie personnelle ?
Faire de la musique a toujours été un rêve, depuis que j’ai 14 ans très exactement. Je crois être consciente de la chance que j’ai de pouvoir consacrer autant de temps à ma passion et être en cohérence avec moi-même. Il faut cependant une certaine dose de confiance en soi pour chanter pour soi, mais encore plus pour chanter devant un public. C’est une activité qui, je trouve, révèle une certaine vulnérabilité. J’apprends depuis plusieurs mois à montrer cette vulnérabilité. Aussi, évoluer dans l’industrie musicale n’est pas un long fleuve tranquille, j’apprends à m’affirmer pour moi en tant que femme, et pour que mon projet soit respecté. Je choisis avec précaution les personnes avec qui je travaille.

(c) Daumy, 2019

Est-ce que ce projet a changé ou bien précisé ton projet professionnel ? Étais-tu fier de toi ?
Oui tout à fait, grâce à mon Master, je me suis découvert une fibre pour la musique enregistrée, qui s’attache à la production et la distribution d’albums entre autres. J’aimerais être éditrice musicale, parallèlement à mon projet d’artiste. L’éditeur ou l’éditrice travaille avec des auteurs et des compositeurs et s’assure de l’exploitation permanente et suivie de leurs œuvres. Mon projet d’artiste m’a amenée à rencontrer d’autres artistes émergents et je me suis rendue compte que j’aime aussi les accompagner dans leurs démarches administratives et dans tout ce qui concerne leurs créations. Je crois que je suis fière d’avoir eu le courage de me lancer dans la musique sans avoir aucune certitude, et de mener ces projets.

Plus généralement, quelle est l’importance de la culture dans ta vie ?
La culture a une place centrale. D’habitude, je me rends très régulièrement à des concerts, de musiques actuelles et de musique classique, à des festivals. Je vais aussi au cinéma, et au théâtre de temps en temps. Toutes ces sorties culturelles manquent drastiquement aujourd’hui, depuis plus d’un an, c’est terrible.

Penses-tu que la culture et l’art sont essentiels dans une société ? Pourquoi ?
Oui, et c’est très embêtant qu’elle ne soit pas reconnue comme telle, les professionnels du milieu en souffrent énormément. Le message qui est renvoyé avec cet arrêt brutal est, lui, plutôt clair. Elle n’est pas rentable donc pas essentielle aux yeux du Gouvernement. J’ai hâte, comme beaucoup d’autres, que les festivités reprennent, dans le respect des gestes barrières bien sûr. Il y a quelques contradictions qui surprennent dans les mesures du Gouvernement, La situation sanitaire est très préoccupante et il faut tout faire pour ne pas se contaminer, mais il subsiste certaines incohérences : on peut aller à l’église mais pas dans une salle de concert ou de cinéma, même avec une distanciation sociale et un masque.

Selon toi, quels sont les avantages à mener un projet culturel pendant ses études ?
De manière générale, je crois que c’est important d’être impliqué dans des activités en dehors des études, ne serait-ce que pour notre bien-être mais aussi pour donner du sens à notre quotidien. On peut être tellement absorbé par les études, et c’était mon cas en prépa, qu’il existe un risque de les subir, car on n’a pas vraiment l’impression de profiter de la vie. Participer à un projet culturel est une activité concrète qui fait sens à mon avis, en plus c’est l’occasion de rencontrer des nouvelles personnes.

Quelles étaient tes attentes avant de commencer ce projet ? Est-ce que les choses se sont passées très différemment de ce que tu attendais ?
Je crois que je ne m’attendais pas à grand-chose. Je me suis accrochée au rêve de faire de la musique, et je continue de le faire aujourd’hui. Je pense qu’il m’a fallu du courage pour continuer et ne pas abandonner au début de mes études. Je ne faisais plus de musique et j’avais juste envie de monter ce projet, sans savoir exactement comment faire.

Comment tes projets ont-ils été influencés par la situation sanitaire actuelle ?
C’est le premier confinement qui m’a poussée à écrire. En Angleterre, j’étais assistante de français et je privilégiais les expériences et les voyages à l’écriture. Quand le confinement est tombé, j’ai pris le temps de créer cet EP. C’était cathartique, la situation n’était pas facile et j’ai pu exprimer mes états d’âmes à travers mes chansons. Après avoir eu le Covid, j’ai écrit une chanson sur la maladie et la chance que l’on a d’être en bonne santé alors qu’on n’en est pas toujours conscient. C’était important pour moi d’en parler quand on suit les infos tous les jours…

As-tu pu continuer ta pratique malgré le Covid ?
Par chance, oui. Le Covid ne m’a pas empêchée d’écrire mon EP, j’ai passé des journées entières dans mon studio de musique chez moi. Les cours de chant sont à distance, on s’adapte ! J’ai hâte de me retrouver en concert, autant comme spectatrice que sur scène !

Parlons de tes futurs projets… En as-tu ? Quels sont-ils ?
En parlant de concerts, j’en ai deux prévus début juin avec la Sorbonne si tout va bien ! Je ne peux pas en dire plus pour l’instant car rien n’est confirmé avec la situation sanitaire, mais on croise les doigts ! Je suis également en train d’écrire de nouveaux titres et de travailler sur le clip de « Montagnes Russes ». Pour cela j’ai lancé une campagne de crowdfunding pour m’aider à financer le clip.

Un grand merci à Daumy pour son témoignage et ses mots. Suivez-la dès maintenant sur Instagram et sur son site internet aux adresses suivantes :

Mon EP « Montagnes Russes » est sorti depuis le vendredi 19 Mars ! Vous pouvez l’écouter ici !
Pour me soutenir c’est ici, sur KissKissBankBank !

Et pour me suivre sur Facebook c’est ici : https://www.facebook.com/Daumyofficiel
Et sur Instagram c’est là : https://www.instagram.com/daumymusic/?hl=fr