[INTERVIEW] Rencontrez Antoine Gheerbrant, en Master 2 de Littératures Françaises !

RENCONTRONS NOUS ! Malgré le contexte sanitaire inédit, la Direction de l’Action Culturelle continue de promouvoir la culture au sein de Sorbonne Université. Car c’est auprès de vous, étudiant·e·s, personnels et enseignant·e·s, que nous trouvons les trajectoires et les liens les plus inspirants, nous avons décidé de vous donner la parole ! Vous avez été nombreux·ses à vous mobiliser en répondant à ce questionnaire. Aujourd’hui, rencontrons Antoine Gheerbrant, étudiant en Master 2 de Littératures Françaises !

Bonjour Antoine ! Tu es étudiant à Sorbonne Université, peux-tu te présenter brièvement ?

Bonjour, je m’appelle Antoine Gheerbrant, j’ai 21 ans et je suis en Master 2 de  Littératures Françaises à Sorbonne Université. Je suis également comédien et metteur en scène, et co-directeur – avec ma sœur Léa, de la compagnie Le Libre Alcyon

Crédit photo : Jean-Marc Deltombe.

Quelle est ton implication dans la vie culturelle, en particulier celle de l’université ?

Je participe assez activement à la vie culturelle de l’université depuis bientôt trois ans. Deux des spectacles que j’ai mis en scène avec Le Libre Alcyon (Richard III and Ruy Blas) ont été représentés en Sorbonne dans l’Amphithéâtre Richelieu – avec pas mal de succès ! – en plus des représentations que la troupe donne à l’extérieur. Par ailleurs, j’ai intégré il y a un peu plus de deux ans la troupe Théâtre Molière Sorbonne, qui est une école-atelier de SU dirigée par Georges Forestier et dont l’objectif est de reconstituer les méthodes de déclamation du XVIIème siècle. J’ai joué plusieurs rôles dans le cadre de cette troupe. J’ai commencé par Caritidès dans Les Fâcheux de Molière, un petit rôle très amusant  pour le comédien, et qui a eu l’air de beaucoup amuser le public aussi. J’ai joué également Gorgibus dans Sganarelle ou Le Cocu imaginaire, et j’ai repris le rôle d’Oreste dans Andromaque de Racine, ce qui a été l’une de mes plus grandes joies et de mes plus grandes fiertés (Oreste est l’un de mes rôles préférés, tous répertoires confondus). Depuis cette année, je suis chargé d’effectuer des recherches sur la déclamation de la prose dans l’optique du projet Le Malade imaginaire que le TMS doit normalement jouer en janvier 2022. Je me charge donc de déterminer quelles étaient les techniques employées pour le jeu en prose à cette époque, et de les faire appliquer aux comédiens. 

Ruy Blas (Victor Hugo), par la Cie Le Libre Alcyon.

Depuis combien de temps te consacres-tu à ce projet ?

J’ai toujours voulu faire du théâtre mon métier, depuis tout petit, et je me suis toujours arrangé pour en faire depuis que j’ai huit ans. La fondation de la compagnie Le Libre Alcyon (totalement indépendante de l’université) remonte à mars 2017. Quant au TMS, comme je l’ai déjà dit, j’ai intégré la troupe il y a un peu plus de deux ans, et c’est depuis cette année que je m’occupe des recherches sur la prose. 

Comment t’es venu l’envie de monter ce projet ?

Par hasard. J’ai découvert l’existence du TMS lorsque l’un de leurs responsables, Jean Noël Laurenti – qui avait entendu parler de mon activité, m’a écrit pour me proposer d’intégrer le Théâtre Molière Sorbonne. À cette époque je n’avais pas du tout le temps. Puis il y a un peu moins de trois ans, lors d’une réunion de pré-rentrée, Georges Forestier était venu présenter le TMS et proposer aux étudiants de s’y inscrire, je me suis rappelé le mail que j’avais reçu l’année  précédente et je me suis dit « pourquoi pas ? ».

Est-ce que réaliser ce projet t’a apporté quelque chose en tant qu’étudiant ?

Oui. Le TMS m’a apporté de bonnes notes en troisième année de licence, lorsque c’était mon option. Cette année, le sujet de recherche que Georges Forestier, Jean-Noël Laurenti et Mickaël Bouffard m’ont fait l’honneur de me confier est également le sujet de mon mémoire de M2, et ma directrice de recherche (Bénédicte Louvat, que je remercie de sa rigueur et de sa bienveillance) semble très satisfaite de mon travail. 

Et dans ta vie personnelle ?

Le théâtre est un épanouissement en soi, et j’y ai rencontré des amis auxquels je tiens beaucoup.

Est-ce que ce projet a changé ou bien précisé ton projet professionnel ? Étais-tu fier de toi ?
Changé, précisé, je ne pense pas, mais en tout cas, cela m’a ouvert de nouveaux horizons et fait découvrir de nouvelles perspectives que je n’envisageais pas au départ. Fier de moi, oui, je suis très fier des progrès que je fais grâce à tout cela. 

Plus généralement, quelle est l’importance de la culture dans ta vie ?

Pour résumer mes activités, et celles de ma sœur avec qui je travaille en étroite collaboration, je suis comédien, metteur en scène, auteur et traducteur, et Léa est comédienne, metteuse en scène, compositrice et chanteuse, la culture est ni plus ni moins qu’un besoin vital pour nous

Penses-tu que la culture et l’art sont essentiels dans une société ? Pourquoi ?

Oui. Tout simplement parce que si l’on se résume aux simples besoins matériels et utilitaires, on n’est plus dans la vie, mais dans la survie. Travailler pour manger et dormir sous un toit, et n’avoir ni contact social ni loisir, c’est simplement tâcher de ne pas mourir. Lorsqu’on sait apprécier la culture et l’art, que ce soit en tant qu’acteur de cette culture, ou comme simple spectateur (j’ai bien dit « spectateur », pas « consommateur »), c’est à ce moment-là qu’on  laisse l’existence avoir un sens. 

Selon toi, quels sont les avantages à mener un projet culturel pendant ses études ?

Il y en a beaucoup. Cela permet de créer un lien social différent du rapport de simples condisciples assistant aux mêmes séminaires, et de se détendre tout en continuant à se cultiver et à progresser intellectuellement. Cela permet aussi d’apprendre d’autres formes de travail, de développer des compétences annexes, qui peuvent être (qui sait ?) utiles dans la vie professionnelle. 

Quelles étaient tes attentes avant de commencer ce projet ? Est-ce que les choses se sont passées très différemment de ce que tu attendais ?

Pour ne parler que du Théâtre Molière Sorbonne, je me suis dit que ça me serait profitable, en tant que comédien et que metteur en scène, d’apprendre de nouvelles techniques de jeu, et de savoir comment nos ancêtres interprétaient leurs pièces. Par ailleurs, je trouvais que c’était un apport culturel intéressant d’un point de vue intellectuel, qui m’aiderait à mieux comprendre tous les « classiques », en allant au-delà du seul texte et en ayant une idée de  comment l’auteur s’attendait à les voir jouer. 

Différemment, pas tant que cela. J’ai bel et bien appris ce qui m’intéressait. Mais cela a dépassé largement mes espérances, car cette expérience m’a ouvert d’autres opportunités. Tout d’abord des possibilités de voyages (nous avons joué nos pièces à Madrid et à Florence), et des occasions de jouer devant un public nombreux et très enthousiaste, ce qui est fortement  motivant. Cela m’a également permis de me faire repérer par un metteur en scène professionnel qui réalise des spectacles baroques, Charles Di Meglio, directeur de la compagnie Oghma, avec qui je travaille depuis maintenant un an. 

Comment tes projets ont-ils été influencés par la situation sanitaire actuelle ?

Les projets du Libre Alcyon ont été fortement affectés. Je suis actuellement en train de travailler sur la mise en scène du texte intégral de Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, et j’ai dû réviser entièrement ma façon de mettre en scène la pièce pour permettre aux répétitions de continuer à se tenir en hybride, voire en distanciel si nécessaire. Mais dans toutes les troupes dont je fais partie, le travail de répétition a été fortement perturbé (la visio, le masque et la distanciation sociale posant de sérieuses difficultés), et les perspectives de représentations sont toujours incertaines. 

As-tu pu continuer ta pratique malgré le Covid ?

Oui. Le TMS a tenu des répétitions en distanciel pendant toute la crise, et nous devrions reprendre en présentiel la semaine prochaine. Les répétitions de la compagnie Oghma se sont tenues également en distanciel pendant les derniers mois. Pour ma part, j’ai consacré des séances individuelles à chaque comédien du Libre Alcyon pour leur faire travailler la partie vocale de leur rôle, et chacun d’entre nous a réalisé comme il le pouvait une vidéo sur un texte de  son choix pour maintenir un lien avec le public malgré la crise. Toutes les vidéos des collègues ainsi que la mienne sont disponibles sur la chaîne YouTube et sur la page Facebook de la troupe ; il en reste encore une à publier dans les semaines à venir. 

Parlons de tes futurs projets… En as-tu ? Quels sont-ils ?

Du point de vue universitaire, je compte embrayer l’an prochain en commençant une thèse sur le jeu d’acteur au XIXème siècle, sous la direction (ou codirection, les choses ne sont pas encore arrêtées) de Florence Naugrette, que je remercie de sa confiance. 

Du point de vue théâtral, nous avons deux projets avec notre troupe, que nous espérons professionnaliser dans les années à venir. Ma sœur met en scène Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, dont j’ai écrit la traduction et dans lequel j’interprèterai le rôle de Puck, et j’ai déjà évoqué mon projet de mise en scène du texte intégral de Cyrano de Bergerac, où je tiendrai aussi le rôle titre. Nous n’avons pas encore de dates précises, mais lorsque nous les aurons, et si nous reprenons un de nos précédents spectacles entre-temps, toutes les informations seront publiées sur la page Facebook de la troupe. Je dois également participer au projet d’une amie sur des textes de Victor Segalen, à Toulouse en juin, si tout va bien. Je joue également un rôle de sbire dans Pyrame et Thisbé de Théophile de Viau, avec la  compagnie Oghma cet été, et nous allons peut-être reprendre les Fantaisies de Tabarin, où j’avais joué le rôle de Monsieur de Mondor il y a un peu moins d’un an. Enfin, il y a les projets du TMS : outre Le Malade imaginaire, qui doit arriver en 2022, nous devrions reprendre Andromaque en mai, et Sganarelle en juin. 

Y a-t-il un artiste ou un événement que tu aimerais partager / recommander ? Un dernier mot ?

Il y a deux festivals de théâtre et de musique baroque auxquels je dois participer dans les prochains mois. Le festival Embar(o)quement immédiat, où nous devons reprendre Andromaque en mai avec le TMS, et l’Oghmac, en juillet, où ma sœur et moi jouerons dans Pyrame et Thisbé de Théophile de Viau, mis en scène par Charles Di Meglio.

Merci pour cette interview. Je souhaite simplement rappeler le lien de la page Facebook de la compagnie Le Libre Alcyon : https://www.facebook.com/CompagnieLeLibreAlcyon et celui de la captation de Ruy Blas à la Sorbonne, pour ceux qui auraient envie de découvrir notre travail : https://www.youtube.com/watch?v=lIcf2OBdPc8

Un grand merci à Antoine pour son témoignage et ses mots. Suivez le dès maintenant sur Facebook aux adresses citées ci-avant, et sur la chaîne Youtube du Libre Alcyon ici : https://www.youtube.com/channel/UCsVpyZm_ZtkQXHtaOPjYrew

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