Christophe

Concert | Philharmonie de Paris | En savoir plus 


Nombreux sont ceux qui ont chantonné sur les airs de Christophe, idole parfois un peu oubliée des 80s car déjà célèbre lorsque nos parents étaient étudiants. Ressusciter le souvenir de la voix claire et évanescente des « Mots Bleus » ou de « Aline » était donc peut-être la tentative de retrouver le goût doux-amer des voyages passés à l’arrière de la voiture, quand l’accès à la radio reste un privilège farouchement défendu.

Quelle surprise, donc, de retrouver dans cette salle gigantesque le chanteur que l’on s’imagine intimiste et même timide ! Les vagues de l’architecture accueillent un public bien plus diversifié qu’attendu. L’auditoire hétéroclite, de vingt à quatre-vingts ans, fait salle comble. Le concert commence alors… Les cheveux blonds de Christophe entourent le chanteur d’une aura lunaire et sa voix nous emporte à nouveau sur les sons différents de son dernier album Les Vestiges du Chaos. Les lumières habitent la salle et soutiennent les nouvelles sonorités qui touchent au rock, à l’électro et à la musique sud-américaine. Les textes sont poétiques, mais l’on peut regretter que l’instrumental l’emporte parfois sur la voix et rende la compréhension des textes difficiles.

Le spectacle se divise en deux grands moments, l’interprétation de ce nouveau disque et la réinterprétation d’anciens tubes en présence d’autres artistes, Français comme étrangers, anticipant sur la sortie d’un nouvel album de duos. Se succèdent sur la scène les chanteurs Raphaël, Julien Doré, Chrysta Bell… Les chansons s’enchaînent, entrecoupées par l’humour charmeur et sans illusion d’un artiste généreux qui sait faire la part belle aux jeunes talents qu’il fait monter sur scène avec lui. Ce concert unique s’est offert comme une parenthèse poétique, la possibilité offerte à plusieurs générations de pouvoir chanter ensemble sur les mêmes airs le temps d’une soirée.

Mathilde Charras

Le lundi 12 mars 2018, je me suis rendue au concert du chanteur Christophe à 20h30 à la Philharmonie de Paris.

L’aventure commença avant même l’entrée dans le bâtiment. L’architecture de la Philharmonie de Paris où j’allais pour la première fois, m’a plongée dès mon arrivée dans une ambiance et une admiration particulière.

Le concert se déroulait dans la grande salle du bâtiment, je fus surprise de l’étendue de l’espace et du nombre de spectateurs de tous âges présents. Nous étions très bien placés, dans la fosse à quelques mètres seulement de la scène, les membres de la Sorbonne les uns à côté des autres.

Le concert débuta sur les chansons du dernier album de Christophe « Les vestiges du Chaos ». Le talent des musiciens, la cohésion du groupe ainsi que la voix élévatrice de Christophe apportèrent à cette première partie un rythme entraînant sous une pointe psychédélique.

La deuxième partie était principalement composée de duos (qui figureront sur son prochain album, petit « spoiler alert » du chanteur lui-même). Nous avons donc pu entendre de nouvelles chansons et vu des artistes « surprise » se succédant (Julien Doré, Raphaël, Chrysta Bell, Arthur Teboul…). Ce mélange d’univers musicaux créa une réelle originalité au concert ainsi que beaucoup de rebondissements.

L’événement se termina sur une troisième partie plus proche de l’univers connu du chanteur. En effet Christophe interpréta ses chansons « classiques » uniquement accompagné de son piano. Le final sur la chanson « Aline » permit de réunir tout le monde et d’achever le concert en beauté !

Au-delà de l’aspect musical, je fus agréablement surprise du personnage de Christophe qui malgré le succès et les années reste très proche du public, humble, énergique et même drôle.

Le jeu de lumière m’a subjugué, je crois n’avoir jamais vu une variété aussi étendue de couleurs et d’effets durant un spectacle. Il est certain que cela renforça l’aspect moderne et la qualité de l’événement.

Léa Mémain

« Et j’ai crié, crié, Aline, pour qu’elle revienne… »

Mais Christophe, lui, ne reviendra pas : c’est avec ce refrain d’Aline, chanson autrefois identifiée comme l’emblème du commencement d’une longue carrière musicale sur la scène française, que le chanteur a quitté celle-ci à jamais. Ce qu’il a annoncé vers le milieu du même concert, qui a eu lieu le lundi 12 mars dans la salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris : « J’ai quelque chose à vous dire et je le dirai maintenant : ce soir je descends de la scène, et je n’y reviens plus ».

Soirée sans doute singulière pour l’artiste, mais aussi pour l’auditoire constitué de plusieurs générations que Christophe a marquées à un moment ou à un autre de son chemin musical. Mais n’est-il pas d’une importance extrême pour un artiste de savoir s’arrêter au bon moment, de façon à rendre éternelle aux yeux du public l’image de sa meilleure époque ? On se demandait bien, en effet, si ce n’était pas le temps : c’est avec de la peine que les supports techniques de son arrivaient à dissimuler la difficulté du chanteur et la fatigue de sa voix, ce que même les admirateurs les plus dévoués doivent avoir remarqué.

Mais là où les moyens peuvent être faibles, se distingue parfois l’esprit de l’artiste… C’est-à-dire que, dans cette rétrospective aussi dynamique que mélancolique de son parcours, c’est peut-être la sincérité et la simplicité du chanteur qui a fait la particularité de ce concert, plutôt qu’un résultat musical excellent.

Dans cette atmosphère chaleureuse et assez émotionnelle, nous avons suivi la rétrospective sur la carrière qu’a faite Christophe, avec ses cinq remarquables musiciens, de ses premiers succès de blues et rock des années 60′ et des ballades sentimentales jusqu’aux duos avec des jeunes artistes de la scène pop, et les expérimentations électro que comprend son dernier disque paru en 2016, Les vestiges du Chaos. Ce panorama était rendu d’autant plus spectaculaire grâce à un travail impressionnant sur l’éclairage du concert, les lumières changeant des formes, des couleurs et des vitesses de façon à nous faire croire qu’elles illustraient la partition de chaque chanson.

Un chanteur qui figure dans la musique française pendant plus de cinquante ans, une personnalité aussi excentrique que populaire, de nombreuses collaborations avec des artistes importants – dont certains sont montés sur scène pour partager une chanson avec lui lors de ce concert – et pourtant aucune prétention, aucune trace de vanité. Christophe adressait la parole et levait son verre vers la salle remplie de 2400 personnes comme s’il partageait une soirée avec des vieux amis. Et c’était peut-être le cas…

Maria Constantinou

Le service culturel de la faculté des lettres de Sorbonne-Université nous a permis d’assister au concert de Christophe, célèbre entre autres pour ses tubes « Les mots bleus » et « Aline » . Saluons en premier lieu les places de choix qui nous ont été offertes, au centre du parterre de la Philharmonie de Paris, et qui nous ont permis d’être aux premières loges sans être gêné le moins du monde en termes de visibilité.

Le spectacle était composé de trois parties : durant la première – sans doute la moins intéressante -, Christophe nous présentait avec son groupe de jeunes musiciens les morceaux de son album Les Vestiges du chaos. Cette entrée en matière un peu longue aura quand même été rendue appréciable par les petites confessions faites ici et là par l’artiste entre chaque morceau. De quoi s’attacher à cet homme pour ceux qui, comme moi, ne le connaissaient que de façon très éloignée.

La deuxième partie du concert nous aura davantage emporté, avec le passage de chanteurs comme Raphaël ou le très à la mode Julien Doré, venus pour partager une chanson avec leur ami Christophe. Etaient-ce ces arrivées inattendues ou bien réellement les musiques qui nous ont emporté ? La question se pose. Une chose est sûre : le charme qui était apparu tout d’un coup à l’arrivée des premiers invités-surprise s’est peu à peu estompé. La faute, peut-être à un manque de puissance des basses, ce qui empêchait de donner de la profondeur aux musiques qui pourtant méritaient bien que le son gagne quelques décibels…  Le duo avec Chrysta Bell m’a semblé ainsi manquer de profondeur. À l’inverse, la chanson Senorita, chantée avec Sebastien Tellier, déroute par sa légèreté qui, dans l’ordre du spectacle, laissait plus dubitatif qu’autre chose.

Fort heureusement, la présence de Christophe seul au piano à la fin du spectacle rattrape les quelques déceptions ou sentiments d’attente que nous aurions pu avoir auparavant. Là, il y joue ses grands classiques, rit avec nous de l’esthétique ratée de sa chaise – tout en vantant ses fonctionnalités. On sent une véritable intimité partagée avec cet artiste. La chose est toujours émouvante de rencontrer pour de vrai l’auteur de tubes populaires, et nous ressortons en chantonnant ses musiques, satisfaits d’avoir posé un visage sur ces mots bleus…

Raphaël Rouzet

Quand j’ai vu que le service culturel proposait des places pour le concert de Christophe, les notes d’Aline ou des Mots bleus me sont revenues dans la tête, madeleine de Proust des mélodies tant écoutées dans mon enfance. Néanmoins en arrivant seule, devant la cité de la Musique, j’étais un peu découragée, et je trouvai cela soudainement moins amusant d’aller écouter pendant quelques heures un vieux chanteur dont je connaissais uniquement les quelques tubes de sa jeunesse. En découvrant ma place dans la magnifique Grande salle Pierre Boulez, j’étais presque gênée d’être si bien placée.

Lorsque il est arrivé sur scène, dans le brouillard et que les projecteurs l’ont illuminé, il s’est mis à chanter in medias res sans rien dire, et a débuté par les chansons de son nouvel album Les Vestiges du chaos, dont je connaissais aucun morceau. J’ai été surprise par cette voix, aigüe et forte, qui ne change presque pas avec l’usure du temps, qui reste douce et puissante.

Dans cette immense salle, Christophe est parvenu, très vite, à donner l’impression à son public d’être en petit comité ; il semble humble et très abordable, présentant avec fierté son équipe, ses musiciens, n’hésitant pas à faire des plaisanteries, à boire son verre de whisky, tranquillement assis à son piano. Comme il le dit lui-même, c’est un dandy et son élégance s’exprime dans sa simplicité. Sa manière de recevoir ses amis chanteurs sur scène avec lui pour de nombreux duos en préparation de son album, comme Julien Doré, Raphaël, Arthur du groupe Feu! Chatterton, Sébastien Tellier ou encore la chanteuse américaine Chrysta Bell, permet à son concert d’être varié et vivant.

Bien sûr, j’attendais avec impatience mais aussi avec appréhension les chansons qui l’ont propulsé sur la scène de la variété française, comme « Les paradis perdus » ou « Les Marionnettes », mais il a bien relevé le défi, avec humour lorsque notamment il mime de ne plus savoir les accords de piano ou encore lorsque Julien Doré entonne Aline dans une version des plus surprenantes. Il montre enfin qu’il sait réactualiser et ré-inventer ses vieilles créations, j’ai été agréablement étonné par sa nouvelle version des Mots bleus.

La scénographie était particulièrement belle, les jeux d’éclairage, et de lumières,les couleurs m’ont donné l’impression de vivre un moment un peu hors du temps, plongée dans une sorte de mélancolie. J’ai aimé aussi son public, ce mélange de générations qu’il parvient à rassembler et qu’il fait chanter en chœur.

Évidemment, il termine son concert par Aline et comme il nous l’explique lui-même, malgré les rappels et les applaudissements, il ne reviendra pas sur scène après la fin de son tube éternel. 53 ans qu’il chante pour que la belle dame lui revienne, et toujours avec autant d’émotion.

Gabrielle de l’Estoile

Le 12 mars dernier, j’ai eu la chance de pouvoir assister à un concert de Christophe à la Philharmonie de Paris. C’était mon premier concert là-bas, j’ai été éblouie par les lieux tout comme par la représentation.

La sonorisation de la Philharmonie est parfaite. On a l’impression d’être submergé par le son de partout. En plus, le jeu de lumières était merveilleux durant toute la soirée.

La grande surprise de la soirée, c’était le fait que Christophe sorte un album en avril en duo avec différents artistes. Après une heure de spectacle où il a joué le meilleur de ses morceaux, les artistes ont commencé à apparaître sur scène l’un à la suite de l’autre afin de chanter une chanson avec lui.

Parmi les artistes il y avait Raphaël et Julien Doré.

Christophe était accompagné par son groupe de musiciens, tous hyper doués et talentueux. Par contre j’ai adoré en particulier la performance du musicien de Oud, la guitare orientale que j’aime bien. Ce fut un parfait mélange d’entendre le Oud et Christophe jouer du piano.

À part les superbes moments de musique, on a eu droit aussi aux blagues de Christophe et son humour particulier ! Je ne connaissais pas Christophe (oui quelle honte !) mais j’ai découvert ce soir-là le chanteur et l’homme qu’il est.

Mais bien sûr je connaissais sa chanson la plus connue “Aline” et je l’ai attendue durant tout le spectacle. Il l’a finalement chantée en clôture et on a tous chanté avec lui.

Ce fut une très belle soirée. J’ai été ravie de pouvoir assister à ce spectacle en tant qu’étudiante à la Sorbonne et je remercie encore cette université qui encourage la culture et l’art !

Rita Abou Khalil
Photographie : Lucie Bevilacqua