Chris Esquerre

Humour | Théâtre du Rond-Point | En savoir plus


Le Chris Esquerre que je connais, c’est celui des chroniques France inter, celui du Grand journal de Canal +, ce comique pince-sans-rire assez cynique. Quand j’ai vu qu’il passait au théâtre du Rond-Point, théâtre magnifique en bas des Champs Elysées, j’ai foncé ! Et j’en suis un peu déçue. La petite salle qui nous accueillait, la salle Jean Tardieu du Rond-Point, crée une atmosphère intimiste qui va augmenter le malaise constant du spectacle. Ce dernier est mal organisé, donnant l’impression d’assister au monologue assez inintéressant et discontinu d’un intello qui s’offre 1h20 de public qu’il a du mal à faire rire. Le malaise, c’est plutôt ça qui m’a fait rire, ou m’a forcé à rire plutôt. L’idée générale est qu’on assiste à un spectacle qui ne commence jamais vraiment, puisque les commentaires à ce sujet sont entrecoupés de réflexions personnelles de l’humoriste. L’ensemble n’est pas que négatif, quelques idées ont retenu mon attention. La plus intéressante est l’idée qui lui a donné envie de monter ce spectacle, créer un divertissement définitif, comme une ordonnance de rire, permettant de soigner un public à vie. Dommage que l’idée se soit traduite par un tel spectacle, qui ne remplit pas du tout ces critères. Rappelons également que c’est un avis purement personnel, je suis presque sûre d’avoir entendu des personnes rire sincèrement …!

Camille Adéjès

« Chris Esquerre sur rendez-vous » est un spectacle de Chris Esquerre par lui-même, seul sur scène. Dans la petite salle Jean Tardieu du Théâtre du Rond-Point, nous nous installons dans cet intérieur à l’atmosphère feutrée, revêtue de tissus noirs et gris qui semblent tout aussi confortables de la moquette aux dessus de fauteuils molletonnés. Ambiance intimiste garantie. Tension silencieuse, le noir se fait total, le spectacle commence par un jeu de lumière.

Je viens découvrir le deuxième spectacle de Chris Esquerre sans avoir vu le premier et sans même savoir à quoi m’attendre. Les textes sont de Chris Esquerre avec la prise d’un regard extérieur par Hélène Delye. Il est humoriste tandis qu’il se dit d’avantage médecin ou guérisseur par le rire.

Chris Esquerre revient donc avec un nouveau et deuxième spectacle bien qu’il ait l’impression d’avoir tout dit dans son premier. Pris dans ses vicissitudes de création pour son propre spectacle, il tente de le démarrer à plusieurs reprises mais telle une voiture qui tousse il tombe dans ses questionnements pré-créatifs. De là, chemine sa pensée qu’il nous fait partager pour le plus grand plaisir de nos zygomatiques dans un décors sobre où tout est en lien avec la mise en scène puisqu’il se servira de tous ses accessoires et ses propres vêtements seront utiles à ses remarques. Chris va emprunter un ton acerbe, faire des critiques. Il joue un homme simple et sérieux qui donne de l’importance à des faits qui n’en ont pas. De sa voix nasillarde il incarne un désabusé grimaçant. L’éclairage est utilisé pour donner l’illusion du théâtre et marque la séparation entre son personnage de scène qui doit faire un spectacle et le personnage créé de lui-même, pour jouer le spectacle qu’il tente de réaliser mais que son manque de rigueur fait tomber dans un entre-deux voulu entre le publique et la scène. Effet comique garanti! Par cette salle à taille humaine, le publique est proche de la scène et Chris Esquerre n’hésite pas à se mêler à lui. Il aime jouer avec les mots de la langue française et s’en moquer également. Son but est bien de nous divertir : beaucoup d’éclat de rire dans la salle et les interactions osées reçoivent des réponses ! Un spectateur répond à une de ses questions et Chris Esquerre rétorque naturellement. Une blague sur un sujet sensible : une femme lâche un « oooh !! », choquée et écœurée mais elle rira !!! Une intimité s’est tissée avec son public. Enfin, Chris nous en offre un prolongement à chacun de nous avec une fin très originale!!!

Chloé Hoarau

Depuis le 2 décembre et jusqu’au 30, Chris Esquerre présente son deuxième spectacle “Chris Esquerre sur rendez-vous” au théâtre du Rond-Point.

Chris Esquerre se présente comme un humoriste né en 1975 « comme tout le monde ». Il  s’est fait remarquer chez Thierry Harrison, au Grand journal ou encore sur France Inter.

En 2011 il sort son premier spectacle, sans titre car « Quand Mick Jagger se produit sur scène, il n’y a pas de titre ! C’est « Mick Jagger à Wembley » et puis c’est tout » explique-t-il. Salué par la critique, les journalistes le qualifient de “roi de l’absurde”, rôle qu’il confirme dans ce nouveau spectacle.

Cette fois-ci, on retrouve l’humoriste au théâtre du Rond-point. Le spectacle est joué dans une petite salle qui permet de mieux apprécier le spectacle et préserve une ambiance intimiste. Chris Esquerre semble ainsi se confier à nous comme il ferait à un ami. Il n’hésite d’ailleurs pas à interagir avec le public en se moquant gentiment de lui.

Les répliques, directes et cyniques, sont hilarantes et laisse la salle en pleurs. En effet, le spectacle ne manque pas de rythme et les répliques fusent de toute part à un rythme endiablé. A relever, l’autodérision de l’humoriste qui est d’autant plus comique. Le personnage, imprévisible, nous laisse en constante incertitude. Nous sommes incapables de prévoir ce qui est sur le point de se passer, jusqu’à la sortie du théâtre.

En effet, le spectacle coupe totalement avec le traditionnel stand-up et s’amuse à en détourner les codes. Durant 1h20, l’humoriste nous explique les raisons qui l’ont motivées à revenir sur scène. « Si vous êtes la aujourd’hui, c’est que j’ai raté mon dernier spectacle car je ne vous ai pas donner envie d’arrêter d’aller au théâtre » lance-t-il. Envisageant donc son spectacle comme une thérapie, Chris Esquerre oscille durant tout le spectacle entre deux personnages. Le premier, lui-même, est drôle et cynique. En revanche le personnage de son spectacle pousse à son paroxysme tout réfractaire à l’absurde. Car, à lui seul, ce personnage, incarne l’absurdité du spectacle. A ce stade, il faut réellement être adepte du genre pour apprécier l’humour. En effet, entendre pendant 20 mn les tribulations du personnage sur les avantages et les inconvénients de son nouveau grille-pain peut vite rebuter. Si tel est le cas, un sentiment de longueur s’installe, sinon la situation est hilarante.

Christ Esquerre impose donc son style, unique mais parfois déroutant.

D’ailleurs, peut-être aurait-il fallu pousser encore plus loin l’humour noir. En effet, Chris Esquerre semble coincé dans un entre-deux. Son cynisme n’est véritablement dévoilé qu’une fois ou deux, lors de remarques courtes mais cinglantes. Remarques très drôles, elles auraient méritées d’être plus présentes dans le spectacle. Les amateurs d’humour noir restent sur leur faim. La situation est plus absurde que cynique. Ce qui peut laisser perplexe.

En conclusion, les fans du « roi de l’absurde » ou de l’absurde en général sont concernés par ce spectacle. Les autres, en revanche, ne prendront sans doute pas de prochain rendez-vous.

Sofia Papon
Photo : Giovanni Cittadini Cesi