Carmina Burana

Informations

Carl Orff, Carmina Burana

Direction Yoel Levi
Violon Tianwa Yang Soprano (en alternance) Iwona Sobotka Soprano (en alternance) Magali Léger Ténor Thomas Michael Allen Baryton (en alternance) Lionel Lhote Baryton (en alternance) Didier Henry Chœur Chœur Nicolas de Grigny- Jean-Marie Puissant Chœur (en alternance) Maitrise des Hauts-de-Seine Chœur (en alternance) Chœur du collège de Ballancourt Chœur (en alternance) Chœur du conservatoire de Vitry-sur-Seine

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Chroniques des étudiants


Marietta Bertz

Carmina Burana est un recueil de 254 textes de chansons et drames médiévaux. Cette anthologie en latin, en moyen-haut-allemand
et en vieux français date des XIIe et XIIIe siècles. Ses poètes restent anonymes. Le titre, dit aussi Chanson de Beuren, est une allusion au couvent de Bendiktbeuren qui se situe dans les Alpes bavaroises, où l’on a découvert en 1803 le manuscrit. Il contient des chansons satiriques et morales, des chants qui magnifient la Nature et l’Amour, des chansons à boire, des pièces théâtrales religieuses, ainsi que des chants critiques  au sujet de l’État, de l’église ou de l’éducation.
L’adaptation classique la plus importante du Carmina Burana (1935-36) est issue du compositeur allemand Carl Orff. C’est une cantate en trois parties débutée par un prologue. Orff a emprunté le texte du manuscrit mais toutes les mélodies sont le produit de sa création. Carmina Burana est la première partie de la trilogie Trionfi, suivie par Catulli Carmina (1943) et Trionfo di Afrodite (1953).

Dimanche, le 29 mai à 16h on pouvait assister au concert de Carmina Burana dans la Salle Pleyel. Le concert a débuté avec le Concerto pour violon en ré majeur op.35d’Erich Wolfgang Korngold (1945). À l’époque l’œuvre n’avait pas eu la réussite souhaitée mais  aujourd’hui on la voit comme l’un de grand concert pour violon du XXe siècle. Il comporte des difficultés techniques raffinées : des doubles cordes qui sont difficiles à jouer nettement comme des violons n’ont pas des cases et comme chaque ton possède une distance différente à l’autre. La partition commande également des octavins très aigus. Ce sont des tons produits par des instruments à cordes qui oscillent avec un multiple de la fréquence fondamentale. On dit que plus l’octavin est aigu moins il répond, plus c’est difficile à jouer. Tianwa Yang (Violon) a surmonté chaque difficulté. Son solo était d’une telle perfection que le public fut capté dès le début. La cohabitation de la violoniste Tianwa Yang et de l’Orchestre National d’Île de France était harmonieuse et mélodieuse. La Concerto contient un Moderato nobile, une Romance : Andante et une Finale : Allegro assai vivace. Après 23 minutes il y eu un entracte et on attendit Carmina Burana. Certes, le mélange du Concerto pour violon en ré majeur op. 35 de Korngold et la représentation de Carmina Burana s’avère exceptionnel et  ne paraît pas évident à première vue.

Yoel Levi (Direction, Chef de l’Orchestre) donne une performance exceptionnelle de Carmina Burana qui devient de plus en plus dynamique. Le chœur Nicolas de Grigny brille avec sa force de voix qui se montre surtout à la fin quand le refrain principal est repris « Fortuna imperatrix mundi ». Le directeur choral Jean-Marie Puissant a enfanté une atmosphère médiévale ; on se sent transporté dans un cloître en imaginant des chants de moines. Le public était emporté par l’expressivité montante de ce chœur des femmes et des hommes. Gaël Darchen a dirigé le chœur des enfants La Maîtrise des Hauts-des-Seine qui ne devait pas manquer. Le chanteur de solo Iwona Sobotka (Soprano), Thomas Michael Allen (Ténor) et Lionel Lhote (Baryton) ont convaincu absolument. Surtout, le contraste du soprano doux et du baryton avec toute sa force de voix et le changement de l’ambiance porté par sa voix sont prestigieux.
Le tonnerre d’applaudissements confirme la qualité de la représentation. 


Helena Bonnel

J’ai été invitée à ce concert, d’une durée d’ 1 heure 30 environ le 29 mai à 16h salle Pleyel. Je connaissais cette œuvre de Carl Orff  mais ne l’avais jamais vue en opéra ni entendue en concert.

Carl Orff a composé les Carmina Burana en 1935-1936 à partir de 24 poèmes médiévaux, appelés aussi Chansons de Beuern. Ils réunissent des chansons profanes en latin, en moyen et haut allemand et en très vieux français, autour de thèmes comme la fortune et les plaisirs de l’alcool pour chanteurs et chœur qui peuvent être aussi bien chantés puisque Carmina Burana est une cantate, que joués sous forme d’opéra avec des décors et une gestuelle qui permettraient de comprendre plus facilement l’action.
L’Orchestre National d’Ile de France, dirigé par Alexandre Grandé, accompagnait les chœurs de collégiens et élèves de conservatoire, les chœurs d’adultes et chœurs du lycée Racine de Paris et la classe de percussion de l’École Nationale de musique de Bourg-la-Reine. La Soprano, Marie-Bénédicte Souquet, avait une voix cristalline très juste et claire. Cette voix aurait gagnée à être plus étoffée. Le Ténor, Robert Expeert, était parfait, bien dans son rôle, dans sa voix. Le Baryton, Chanahan Linn, m’a déçu. La tessiture de sa voix ne lui permettait de chanter les notes un peu hautes. Il y avait quelques “ratés”.

Comme il s’agissait d’un concert, je ne peux pas trop parler de la mise en scène, sauf de l’entrée remarquable des 120/125 choristes. Ils avançaient sur 4 rangs, presque au pas et venaient se placer par pupitre, tous vêtus de la même manière (en noir et blanc), plus vinrent se positionner sur le côté, environ 15 enfants.

Dans l’ensemble ce concert fut une pure merveille et les longs applaudissements témoignèrent de l’approbation unanime des spectateurs qui sortirent enchantés de ce concert.


Violaine Bressand

Carmina Burana, chef d’œuvre de Carl Orff connu et reconnu ne se résume néanmoins pas qu’au mouvement Fortuna Imperatrix Mundi. Tout le monde l’attend, certes, mais il faut avant tout découvrir et se laisser emporter par le le concerto pour violon d’Erich Wolgang Korngold, exécutée par une jeune violoniste chinoise, Tianwa Yang.

Après l’entracte vient Carmina Burana. Œuvre toujours aussi puissante, et qui prend toute son ampleur lorsqu’on se retrouve face à plus d’une centaine d’artistes. Yoel Levi et ses musiciens, les chœurs et les solistes Iwona Sobotka (soprano), Thomas Michael Allen (ténor) et Lionel Lhote (baryton) vous défient avec leur maîtrise inébranlable. Le chœur d’enfants ajoute une touche cristalline mais non moins déconcertante. Enfin, O fortuna retentit une dernière fois dans la salle Pleyel et me fait frissonner (comme à son habitude) même si l’intensité en est décuplée. Le public ne s’y trompe d’ailleurs pas. Ce spectacle était le premier auquel j’assistais grâce au service culturel et fut un grand moment de plaisir. Merci !


JMLC

Chers amis du Service Culturel,

Tout d’abord, je veux vous remercier de m’avoir invité au magnifique concert donné par l’Orchestre National d’Île de France, dimanche dernier. J’ai en effet passé une magnifique après-midi en compagnie d’un remarquable orchestre et pour l’occasion d’un chœur exceptionnel pour la deuxième partie du programme : le Carmina Burana de Carl Orff.

J’aurai toutefois un mot pour la violoniste Tianwa Yang qui a joué en première partie un concerto en trois mouvements d’Erich Wolfgang Korngold (opus 35, en ré majeur, 23’, 1945). Pièce un peu molle pour moi, qui réserve néanmoins quelques moments permettant de faire briller la virtuosité de cette jeune violoniste. Il faut souligner la fin du premier mouvement — applaudi par le public ! — et la finale triomphante très réussite. Madame Yang a remercié la reconnaissance des présents avec un solo (Paganini !?) qui a fait nos délices, — merci !

Le moment fort, très attendu, était le Carmina Burana. Pendant soixante-dix minutes l’orchestre symphonique au complet et le Chœur Nicolas de Grigny ont su garder avec une intensité extraordinaire la tension sonore de cette pièce exceptionnelle. Nous remarquerons la force et la limpidité vocale du baryton Lionel Lhote, ainsi que la délicatesse de la voix de la soprano Iwona Sobotka. J’ai une pensée spéciale pour les vents de l’orchestre et notamment pour les flûtes dont le jeu nous a fait rêver à plusieurs reprises pendant le concert. Evidemment, nous ne pouvons pas laisser de signaler le travail enthousiaste de la percussion, avec ces éclats d’exaltation qui secondent le chœur et font réveiller les esprits. Puis, également, nous saluons les interventions de la Maîtrise des Hauts-de-Seine très rafraîchissantes.

Le Carmina Burana touche à sa fin et nous sommes à nouveau submergés par le « Fortuna Imperatrix Mundi » qui nous rappelle à la réalité. Cela toutefois avec des notes d’espoir, grâce à cette composition exceptionnellement riche qui rend à la musique tout son pouvoir de catharsis.

Voilà l’histoire d’un après-midi ensoleillé et par la musique et par le soleil printanier qui s’entête pour Paris cette année !


Gustaf Marcus

La soirée musicale à la salle Pleyel a commencé avec le concerto pour violon en ré majeur d’Erich Wolgang Korngold et, après un entracte, a continué avec la grande cantate Carmina Burana de Carl Orff. Le beau concerto de Korngold ne fait guère partie du répertoire habituel, mais c’est un joli morceau qui mériterait d’être joué plus souvent. Surtout dans la belle interprétation de la jeune violoniste (née en 1987) chinoise Tianwa Yang, qui a témoigné d’une grande précision dans son jeu. Ce concert prolonge la mise en scène à l’opéra Bastille de Die Tote Stadt la saison dernière. En effet, je pense que nous sommes en train de redécouvrir des compositeurs qui ont été jugés trop « populaires » pendant longtemps. C’est souvent le cas notamment des compositeurs qui ont écrit de la musique de film, comme Korngold ou Kurt Weil, dont la musique se joue de plus en plus souvent au concert aujourd’hui.

Carmina Burana (Chansons de Beuren) est une cantate en trois parties inspirée par le recueil de chansons du Moyen Age qui a été retrouvé en 1803 en Allemagne. Ces chansons sont souvent de nature satirique et font penser aux Canterbury Tales avec leur burlesque affirmation de la vie. Encore une fois, c’était une prestation impressionnante de la part des solistes. La soprano, Iwona Sobotka, et le ténor, Thomas Michael Allen, étaient formidables. Le rôle du ténor est d’ailleurs d’autant plus difficile qu’il est chanté presque entièrement en fausset, mais Thomas Michael Allen s’en est sorti avec facilité.
En général le concert a été une grande réussite et le public a remercié les musiciens avec une chaleureuse ovation debout.


Christiane Rossi

Ma deuxième visite de la salle Pleyel. Assise au premier balcon tout devant, juste en face du chœur d’enfant qui me faisait fondre. À côté, la puissance virile des voix de baryton et des basses, et la sensualité dévorante des altos. Les sopranos percent mon délice avec des éclairs cristallins froids et réalistes.

L’œuvre, brutale et soulignant comme un oxymore une chaleur froide presque calculée des forces de la nature — la composition date de 1935/36 — impressionne par le côté rituel, qui ne lui vient pas nécessairement du livret fait d’éloges à la nature, à l’amour. Chansons à boire délivrées par le ténor Thomas Michael Allen, qui surprennent, tranchent par un côté baroque glacé.
Je retiens l’impeccable exécution, la richesse de l’œuvre que je connaissais mal même si justement elle si populaire, la puissance des chœurs, Nicolas de Grigny, Maîtrise des Hauts-de-Seine, des solistes, Lionel Lhote, baryton, Iwona Sobotka, soprano.
Au point de vue couleur c’est le brun qui domine, nuancé de bleu très sombre. C’est un pastel mat. Mais j’ai l’impression que pour d’autres ce peut être aussi une laque noire et brillante ou le rouge et la nacre font des incrustations. Bouillonnement fertile des forces terrestres.

Je crois que Yoel Levi a essayé de délivrer une version très maîtrisée, peu emportée, et néanmoins quelque chose de militariste et de grégaire transpire de cette œuvre dont finalement je ne sais pas si je voudrais la réécouter.
En première partie les soulèvements romantiques de Korngold, qui créera des musiques pour Hollywood, faisaient un excellent contrepoint à la machine carminesque. Tianwa Yang, violon, très jeune et très déliée, avait une virtuosité aisée et naturelle et triomphait de ressenti subtil dans un solo donné en bis.


Judicaëlle Moussier

J’ai assisté le 29 mai à 16h à Carmina Burana à la salle Pleyel (Paris 8ème). Le spectacle a duré environ 2 heures. La cantate était précédée en première partie par un Concerto pour violon de Korngold. Carmina Burana, dont le nom complet en latin est Carmina Burana : Cantiones profanae cantoribus et choris cantandae comitantibus nimbus instrumentis atque imaginibus magicis c’est à dire « Poèmes de Beuren : Chansons profanes pour chanteurs et chœurs devant être chantées avec instruments et images magiques » a été composée par Carl Orff en 1935-1936. Cette cantate est une réécriture d’un recueil de 24 poèmes médiévaux, qui contiennent des textes en latin, vieux français et moyen haut allemand. Les sujets de ces textes sont profanes et concernent principalement la fluctuation de la fortune, les plaisirs de la vie..
L’orchestre jouant ce spectacle était l’Orchestre national d’Ile de France, dirigé par Yoel Levi. Le choeur de collégiens de l’Essonne ajoutait des voix juvéniles au Choeur national d’Ile de France.

Il n’y avait pas de décor particulier, mais l’espace de la scène était très bien utilisé. L’orchestre était disposé sur la scène et à l’avant, au niveau du chef d’orchestre se situaient les solistes, assis face au public. Le chœur était quant à lui en hauteur sur des gradins derrière l’orchestre. Nous pouvions donc très bien voir tout le monde. L’arrivée de l’orchestre et du chœur a été très impressionnante en raison de leur nombre et de leur parfaite synchronisation. Le célèbre morceau O fortuna, qui ouvre et clôt la cantate fut pour moi le moment le plus fort, car c’est un morceau très prenant grâce à l’alternance de douceur et de puissance vocale et instrumentale.
Ma seule déception a été la partie des solistes. J’ai trouvé que leurs voix étaient trop couvertes par l’orchestre.
En résumé un très bon spectacle, et très applaudi par le public.