Arianne Moffatt

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En ce 10 décembre, la célèbre chanteuse canadienne Ariane Moffatt décide de fêter son retour en France et la sortie de son nouvel album 22h22 par un concert à la Gaieté lyrique. Connue pour sa célèbre musique “Je veux tout”, elle choisit pour sa première partie le jeune groupe Yanis (anciennement Sliimy, auteur de “Wake up”). Ce-dernier est composé d’un chanteur, d’un percussionniste-technophile et d’une joueuse de clavier.
A la vue de ce chanteur métis, à la fois exubérant, impulsif et maladroit, un peu hipster avec sa chemise verte boutonnée jusqu’en haut, on pourrait s’attendre au pire. Mais celui-ci nous délivre en fait une musique étonnement professionnelle et cadrée, aux rythmes électro-pop planants. Que du bonheur face à ce personnage atypique à la voix exceptionnelle ! On comprend qu’il ait fait la première partie de Britney Spears à Bercy en 2009 !
Yanis fait son show, se déhanchant sous le travail des techniciens lumière, qui ajustent parfaitement les projecteurs à la musique. On regretterait presque une prestation de seulement trente-cinq minutes.

Ariane Moffatt débarque ensuite, toute apprêtée dans un gilet à paillettes. La sympathique canadienne nous met vite à l’aise en nous racontant quelques petites anecdotes de sa vie: “Vous savez, ce n’est pas facile quand on a déjà changé douze couches à 9h du matin, d’aller s’immerger dans la musique juste après”. La salle est pleine et le public est très réceptif. La chanteuse, souvent émue, lui ouvrira généreusement son cœur. Celle-ci place une voix puissante sur des textes français et alterne entre des musiques très pop et d’autre très rock. Elle est accompagnée d’un bassiste, d’une pianiste-chanteuse, d’un percussionniste et s’accompagne elle-même presque systématiquement au piano. Les lumières s’adaptent elles aussi parfaitement bien à ses compositions. Pour nous faire totalement voyager dans son univers, elle se déplace soit au milieu de la pièce (où il y a un clavier électronique), soit vers le côté droit de la scène (où il y a un piano) invitant son public à des sons plus intimistes.

A 22h22, tous les portables des spectateurs sonnent et, pour une minute, les rôles s’inversent et la chanteuse nous écoute. Cette musicienne très humaine nous aura laissé un bon souvenir. Il y avait même des badges gratuits, que demander de plus ?!

Élodie de Freitas

Ariane Moffatt nous a offert jeudi dernier un show puissant, porté par son énergie solaire, sa générosité, et sa joie de vivre. Quelle artiste, cette canadienne qui sourit sans arrêt de toutes ses dents, chante à en perdre le souffle, fait trembler les murs derrière sa batterie ! Mais ne nous y trompons pas, Arianne Moffatt est aussi une grande sensible, qui sait tout aussi bien faire danser son public sur ses meilleurs tubes, aux accents résolument eighties, que nous toucher à l’écoute de ses chansons plus introspectives et émouvantes (j’avoue que Les Tireurs fous m’ont vraiment donné des frissons). Quoi qu’il en soit, on sent en elle la bête de scène, la fille généreuse et simple, qui sait donner sans compter, s’exprimer avec sincérité, humour, et qui a indéniablement trouvé la bonne recette pour se faire adorer du public : du charisme, beaucoup d’humilité et d’auto-dérision, et forcément, une bonne dose de talent… Yanis, de son côté, ne s’en sort pas si mal, même s’il peine un peu à s’imposer et à faire vivre sa prestation. On sent bien qu’il en est encore à ses premiers pas sur scènes. Alors qu’Ariane Moffatt s’impose avec un charisme naturel, et capte l’assemblée en un claquement de doigts, Yanis est encore un peu hésitant et timide, mais il faut aussi dire que ceci contribue largement à le rendre sympathique. Quand à sa musique, puisque c’est avant tout de cela qu’il s’agit, on aime ou on aime pas cet univers électro mi-planant mi-dansant, ces sons sorti d’une autre dimension, portés par la voix claire de notre chanteur en herbe. Chacun jugera de lui même, mais on ne peux en tout cas dénier la capacité hypnotique de cet univers intemporel : Yanis l’a dit lui même : « I Got you hypnothize »…

Gaultier Bovineau
Photo : Ariane Moffatt