Le songe d’une nuit d’été

Ballet | Opéra national de Paris | En savoir plus


Nous entrons enfin dans les beaux jours, et ce n’est pas le Songe d’une nuit d’été qui nous dira le contraire. L’Opéra Bastille nous propose en ce début d’année 2017 une programmation assez novatrice, laquelle nous fait ressentir un besoin d’attirer un public de plus en plus jeune. Tout le monde connaît le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare (1564-1616), comédie rocambolesque qui, à travers les actions du lutin Puck et d’une fleur magique, nous fait déjà sentir des airs d’été. Cette fleur magique sème la zizanie dans des couples mortels et divins, s’ensuit  des péripéties sous le signe de l’amour s’inscrivant dans un monde à la frontière de l’onirisme. L’Histoire se déroule entre deux temporalités, le jour et la nuit, deux lieux, le palais du monarque athénien et une forêt magique peuplée de créatures féeriques, et trois mondes, les dieux, la cour et le peuple. Néanmoins nous sommes ici devant le ballet de Balanchine qui, dans les années 1950, nous propose une version du songe plus engagée vers la confusion des sentiments et le désordre des hommes. Les deux actes de son ballet soulignent le passage d’un monde innocent à un monde troublé mais emprunt d’une beauté inexplicable. Il ne faut pas non plus négliger l’importance de la musique de Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1947) qui, dans cette œuvre, nous permet de nous accueillir dans une atmosphère empreinte de fraîcheur et de souvenirs d’enfants. Enfin, les décors et les costumes ont été confectionnés par Christian Lacroix et à son assistante Camille Dugas qui ont, à travers ce ballet, réussi à rehausser le rêve et la majesté à son paroxysme. Le rideau se lève, débute alors les enchaînements du ballet de l’Opéra national de Paris.

L’instrumental résonne à Bastille, le décor nous apparaît et s’impose comme maître des lieux. Un dialogue naît alors entre le décor et les costumes, nous entrons enfin dans le monde magique du Songe d’une nuit d’été. La dramaturgie exacerbée mêle finesse et prouesses techniques des danseurs qui prennent part à une comédie enfantine, sous l’impulsion de l’interprète du personnage de Puck. Le lyrisme du ballet nous initie à un monde enchanteur qui est bouleversé par une tempête du sensible. Le spectateur est subjugué par une technique maîtrisée, accessible et artistiquement pure et délicate.

Le deuxième acte débute, la marche nuptiale résonne. Les décors de forêt ont dû faire place à celui d’un palais ayant des airs de ruines romantiques. Les costumes sont immaculés, dans la même teinte que l’architecture antiquisante. Les 3 mariages peuvent alors débuter, les tutus s’enchaînent avec des tâches rougeâtres sur leurs parties inférieures ce qui pourrait nous faire penser à des roses gracieuses qui prennent leur envol. Un nouveau monde nous apparaît, la nuit est terminée, le jour prend ses marques, il est étincelant, brillant et luxueux. La fluidité des passages des deux actes démontre une maîtrise totale du scénographe malgré un traitement des sentiments très inégal, à la fois dans l’espace physique et dans l’espace du sensible. La tension dramatique se relâche, le spectateur s’engage dans le mouvement initié par les membres du ballet. La nuit retombe sur la scène, le monde mystérieux reprend ses marques, les verts luisants apparaissent dans la pénombre, nous comprenons que nous devons nous retirer peu à peu de cet univers onirique.

Franck Calard

Le Songe d’une nuit d’été est une pièce de théâtre originale de William Shakespeare, représenté à l’Opéra Bastille sous forme de ballet par le chorégraphe George Balanchine. L’orchestre et les chœurs de l’Opéra national de Paris sont menés par Simon Hewett pour la direction musicale et José Luis Basso pour les chœurs, pour les différentes œuvres musicales de Félix Mendelssohn-Bartholdy. Les décors et les costumes sont réalisés par Christian Lacroix.

Le spectacle s’ouvre sur une scène somptueuse, de haut en bas des décors d’arbres et de fleurs géantes mettent en scène le lieu du premier acte, la forêt féerique. Des enfants jouent le rôle de petits insectes avec des costumes ornés de gros yeux de mouche ou d’ailes de papillon, le tout est très coloré et joyeux.

L’action pour les cinq premières minutes m’a paru « flou » pour ma part. Sans paroles il est certain que la mise en place des personnages, la présentation du contexte est plus difficile à assimiler. Ce n’est que par les costumes (somptueux) qu’on pouvait discerner qui était les humains (les couples Lysandre et Hermia puis Héléna et Démétrius). De plus la querelle pour l’enfant indien entre la Reine et le Roi des fées n’est pas tout de suite compréhensible, ils semblent courir après un enfant, et cette querelle paraît comme un cheveux sur la soupe.

Cette mise en contexte effectuée, l’histoire peut commencer avec l’utilisation de la fleur percée par la flèche de Cupidon, par Puck. Cette fleur a le pouvoir de faire tomber quiconque amoureux de la première personne aperçue. Obéron, le Roi des fées, en observant les différentes querelles et problèmes entre les humains amoureux décide de faire intervenir Puck par le pouvoir de la fleur. Puck impatient d’obéir se trompe de destinataire, s’en suit des quiproquos, très drôle et résolument bien menés entre les couples, l’homme de l’un aime la femme de l’autre, etc.

Tout s’arrange au final quand Puck essaye de remettre de l’ordre grâce à ses pouvoirs. Les couples sont endormies côte à côte, le Duc et Hippolyte (Reine des Amazones) les découvrent, les réveillent et proclament un triple mariage pour eux-mêmes et ces deux couples.

La scène s’éteint, c’est l’entracte.

La scène se réouvre sur le décor de la cour du palais du duc, décoré pour les festivités. Les divertissements sont dansés par de nombreux couples, de très belles performances.

Lorsque les représentations prennent fin, nous nous retrouvons au royaume des fées,  où Obéron et Titania sont réunis.

La dernière scène, Puck balaye la scène, comme pour imager la mise en ordre enfin réalisée. Ensuite, des lucioles s’installent sur scène, scintillent et accompagnent le dernier mouvement musical jusqu’à la tombée de la nuit, qui symbolise la fin du ballet.

Mis à part le début du ballet, l’œuvre est riche de moment comiques, mais aussi de duo tendre et romantique, de décor et de costumes colorés, et elle symbolise exactement une nuit d’été.

Claire Garrouste

Le Songe D’Une Nuit d’Été est une pièce célèbre comme de William Shakespeare, et elle se différencie de ses autres pièces à cause de sa dimension féerique et pleine de joie, qui fait contraste avec ses pièces historiques et ses tragédies. Le ballet de l’Opéra de Paris profite de cet aspect féerique pour représenter un ballet qui se réjouit de ce monde merveilleux qu’il mit en scène cet été. Ce ballet est une représentation du ballet de New York City Ballet, dont George Balanchine a créé la chorégraphie en 1962, pour être accompagné par la musique de Mendelssohn, mais dès mars deux mil dix-sept le ballet de l’opéra de Paris ajoute ce ballet à leur répertoire.

Tout au début, le ballet met en avant l’aspect féerique de la pièce, parce qu’il commence dans la forêt de Hippolyte où un groupe innombrable de féeries et papillons arrivent sur la scène. Ensuite, les trois principaux groupes de danseurs arrivent l’un après l’autre sur la scène ; d’abord Titania, reine des féeries, et son époux Obéron qui vient de se disputer, ensuite dans la scène suivant Hermia, son fiancé Lysandre, un jeune homme amoureux d’elle qui s’appelle Démétrius et Helena qui est amoureuse de Démétrius, puis finalement les artisans qui veulent représenter une pièce. Donc l’ouverture de Ein Sommernachtstraum illustre un mélange de magie et malentendus, qui crée un monde plein de désordre merveilleux dans ce ballet. La dispute entre Titania et Obéron se précipite entre la colère funeste et une dispute puérile, par contre la tristesse de Helena est rendu émouvante, et fait contraste avec la bouffonnerie des quatre artisans. Mais si le ballet commence avec un début parfait, quelquefois la vitesse de l’action ne lui permet pas de se traiter chaque nœud de l’intrigue avec le même soin. Par exemple, quand Puck administre son philtre d’amour il n’y a aucune sensation que cette scène aurait dû inciter les rires selon Shakespeare, et en plus la pièce des artisans ne semble qu’un outil pour expliquer comment Titania tombe amoureuse d’un homme avec la tête d’un âne, plutôt qu’un nœud de l’intrigue à part entier. Ceci a provoqué la confusion, parce que tous les nœuds de l’intrigue étant résolus avant le fin de l’acte un, beaucoup de spectateurs ont considéré le ballet comme terminé et donc un grand nombre d’entre eux sont partis avant le deuxième acte.

Bien que le deuxième acte n’ait pas aucun sens par rapport au premier, son style ajoute beaucoup au ballet ; le style classique est employé pour les mariages de Helena et Démétrius, et aussi Hermia et Lysandre. Le ballet dépasse ce monde de papillons pour dépeindre l’élégance de la noblesse, à ce point il semble pertinent de mentionner aussi les beaux costumes de Christian Lacroix qui capturent parfaitement le caractère et le statut social de chaque personnage. Si le deuxième acte est un peu ennuyant et fonctionne comme épilogue, le travail précis de couturiers et danseurs le fait néanmoins un festin visuel. On doit constater aussi la représentation magnifique de Hannah O’ Neill (Titania) et Fabien Révillion (Oberon), qui dansent un grand pas de deux qui est vraiment le moment le plus marquant du ballet et met en évidence les talents formidables des danseurs principaux, mais aussi du corps entier. À la fin du ballet, les mariages sont achevés et on fait un retour au monde féerique, où l’école de danse a fourni une quantité de jeunes danseurs, tous vêtus dans les costumes vibrants qui les transforment en fées et papillons de la forêt et concluent le ballet avec le même aplombe dont il a commencé.

En somme, on ne peut pas nier qu’on était un peu déçu par l’intrigue peu clair qui roule aux vitesses inégales, et aussi par le manque de comédie par rapport aux malentendus de Puck, cependant il reste une gamme de raisons pour aller assister à ce spectacle. La musique de l’orchestre de l’Opéra de Paris est vraiment incroyable, et les talents inoubliables de danseurs créent un festin pour les yeux qui n’a pas de rivale. Si les fans de Shakespeare vont plaindre un peu la variation de sa pièce, les danseurs et ceux qui aiment les spectacles vont être ravis de tous ses éléments de beauté et de la fantaisie.

Jessica Harpin

Le Songe D’Une Nuit d’Été est une pièce célèbre comme de William Shakespeare, et elle se différencie de ses autres pièces à cause de sa dimension féerique et pleine de joie, qui fait contraste avec ses pièces historiques et ses tragédies. Le ballet de l’Opéra de Paris profite de cet aspect féerique pour représenter un ballet qui se réjouit de ce monde merveilleux qu’il mit en scène cet été. Ce ballet est une représentation du ballet de New York City Ballet, dont George Balanchine a créé la chorégraphie en 1962, pour être accompagné par la musique de Mendelssohn, mais dès mars deux mil dix-sept le ballet de l’opéra de Paris ajoute ce ballet à leur répertoire.

Tout au début, le ballet met en avant l’aspect féerique de la pièce, parce qu’il commence dans la forêt de Hippolyte où un groupe innombrable de féeries et papillons arrivent sur la scène. Ensuite, les trois principaux groupes de danseurs arrivent l’un après l’autre sur la scène ; d’abord Titania, reine des féeries, et son époux Obéron qui vient de se disputer, ensuite dans la scène suivant Hermia, son fiancé Lysandre, un jeune homme amoureux d’elle qui s’appelle Démétrius et Helena qui est amoureuse de Démétrius, puis finalement les artisans qui veulent représenter une pièce. Donc l’ouverture de Ein Sommernachtstraum illustre un mélange de magie et malentendus, qui crée un monde plein de désordre merveilleux dans ce ballet. La dispute entre Titania et Obéron se précipite entre la colère funeste et une dispute puérile, par contre la tristesse de Helena est rendu émouvante, et fait contraste avec la bouffonnerie des quatre artisans. Mais si le ballet commence avec un début parfait, quelquefois la vitesse de l’action ne lui permet pas de se traiter chaque nœud de l’intrigue avec le même soin. Par exemple, quand Puck administre son philtre d’amour il n’y a aucune sensation que cette scène aurait dû inciter les rires selon Shakespeare, et en plus la pièce des artisans ne semble qu’un outil pour expliquer comment Titania tombe amoureuse d’un homme avec la tête d’un âne, plutôt qu’un nœud de l’intrigue à part entier. Ceci a provoqué la confusion, parce que tous les nœuds de l’intrigue étant résolus avant le fin de l’acte un, beaucoup de spectateurs ont considéré le ballet comme terminé et donc un grand nombre d’entre eux sont partis avant le deuxième acte.

Bien que le deuxième acte n’ait pas aucun sens par rapport au premier, son style ajoute beaucoup au ballet ; le style classique est employé pour les mariages de Helena et Démétrius, et aussi Hermia et Lysandre. Le ballet dépasse ce monde de papillons pour dépeindre l’élégance de la noblesse, à ce point il semble pertinent de mentionner aussi les beaux costumes de Christian Lacroix qui capturent parfaitement le caractère et le statut social de chaque personnage. Si le deuxième acte est un peu ennuyant et fonctionne comme épilogue, le travail précis de couturiers et danseurs le fait néanmoins un festin visuel. On doit constater aussi la représentation magnifique de Hannah O’ Neill (Titania) et Fabien Révillion (Oberon), qui dansent un grand pas de deux qui est vraiment le moment le plus marquant du ballet et met en évidence les talents formidables des danseurs principaux, mais aussi du corps entier. À la fin du ballet, les mariages sont achevés et on fait un retour au monde féerique, où l’école de danse a fourni une quantité de jeunes danseurs, tous vêtus dans les costumes vibrants qui les transforment en fées et papillons de la forêt et concluent le ballet avec le même aplombe dont il a commencé.

En somme, on ne peut pas nier qu’on était un peu déçu par l’intrigue peu clair qui roule aux vitesses inégales, et aussi par le manque de comédie par rapport aux malentendus de Puck, cependant il reste une gamme de raisons pour aller assister à ce spectacle. La musique de l’orchestre de l’Opéra de Paris est vraiment incroyable, et les talents inoubliables de danseurs créent un festin pour les yeux qui n’a pas de rivale. Si les fans de Shakespeare vont plaindre un peu la variation de sa pièce, les danseurs et ceux qui aiment les spectacles vont être ravis de tous ses éléments de beauté et de la fantaisie.

Anna Hubert

Le Songe d’une nuit d’été, d’après l’œuvre originale de Shakespeare, a été adapté par le chorégraphe Balanchine en 1962 à NY. Pour la première fois interprétée en France, le ballet s’est retrouvé sur la scène de l’opéra Bastille à l’occasion de douze représentations. Mêlant danse classique, orchestre symphonique et chœur de chanteurs, le ballet plonge le spectateur dans l’univers fantastique et féérique de l’œuvre.

L’Ouverture se fait avec l’orchestre qui reprend la partition de Felix Mendelssohn-Bartholdy. Cette première immersion sonore est vite complétée par le visuel du décor de Christian Lacroix. L’Acte I se situe dans une forêt onirique où l’apparition des fées sous une lumière bleue accentue l’impression de Songe. L’euphorie se ressent avec la multitude de danseurs qui évoluent dans des costumes colorés mais aussi avec la chorégraphie qui reflète un dynamisme enfantin. Le tableau pose l’intrigue en mettant directement en avant la problématique du mariage qui est le fil conducteur du ballet. Thésée apparait dans son habit doré à traine. Face à lui, Hippolyte la reine des Amazones, fait son entrée accompagné d’un enfant. Cet enfant, que Thésée tente de subtiliser, symbolise le désir d’union des deux personnages. Par la suite, l’apparition de la reine des fées assise dans un coquillage nous rappelle celui présent dans la Naissance de Venus de Botticelli. La féérie se retrouve dans la tenue des danseuses. La fluidité des robes roses ralentit le rythme du ballet qui allie la vivacité de la chorégraphie et la légèreté du Songe. C’est alors que de nouveaux protagonistes interviennent. Il s’agit de l’intrigue amoureuse entre Helena qui aime Demetrius, mais qui est délaissé par ce dernier pour Hermia. Hermia et Lysandre qui s’aiment. Les deux couples sont reconnaissables par leur tenue rouge pour le premier et bleue pour le second. Tout l’enjeu du ballet tourne autour d’eux. Les deux hommes s’intéressent à la même femme, Hermia. Le désespoir d’Helena se fait sentir dans les tentatives vaines d’attirer l’attention sur elle. Elle est alors aidée par Puck le démon malicieux à corne qui sans le savoir fait sentir la rose aux hommes qui tombent un à un aux pieds d’Helena. Les fées roses réapparaissent en étant cette fois-ci accompagnées par un chœur dominé par les solistes: Anne-Sophie Ducret et Pranvera Lehnert. Puck qui ne comprend pas son erreur encourage un combat entre les deux. Un nouvel élément s’ajoute à cette intrigue. Des hommes du peuple jouent une scène de théâtre. Puck s’en mêle et transforme l’un d’entre eux en âne. Il fait sentir à la reine des fées, endormie dans son coquillage, la rose ensorcelée et tombe amoureuse de Bottom, l’âne. L’âne est amadoué grâce à une gerbe d’herbe qui est plus intéressante que la reine des fées. Le ton est plus léger et suscite le rire du public devant ce personnage attachant. Étant sous les commandements de Thésée, Puck doit rétablir l’équilibre initial. La scène est alors recouverte d’un épais nuage de fumée. Le Songe réapparaît et plonge les couples dans un sommeil. Le premier acte prend fin avec l’approbation du père qui autorise le mariage des couples.

Apres un entre acte, l’Acte II s’ouvre sur un décor antique structuré par des colonnes romaines. Les danseurs ont revêtu des costumes blancs, et les danseuses des tutus à plateau. La musique ne laisse aucun doute, cet air triomphant nous rappelle un morceau connu. On assiste bien aux mariages. La chorégraphie revêt des caractéristiques classiques où les danseurs effectuent leur mouvement et se répondent de manière symétrique. Se succède un nouveau tableau réservé à un duo. Pendant de longues minutes, les spectateurs se laissent séduire par ces deux étoiles qui se touchent, se portent, tournent l’un autour de l’autre. Le temps se ralentit, et on assiste émerveillé à ces prouesses techniques et corporelles. Tout est détail. Chaque geste prend une signification particulière. Cette performance physique s’achève sous un tonnerre d’applaudissement. Dans le tableau final, la scène est à nouveau plongée dans l’obscurité. Comme à l’ouverture, les elfes et les fées font leur apparition dans un désordre coloré. Puck entre. Il n’est bientôt éclairé que par des lampions agités par les elfes. Le cœur mené par les solistes fait son apparition et finalise le ballet par un porté de Puck.

Le ballet a su conquérir le public grâce à la féérie de ce Songe qui s’incarne dans tous les détails. Le ballet émerveille les sens.

Camille Michelin

Ces débuts du ballet à l’opéra sont historiques puisque le ballet marque son entrée au répertoire. Après une ouverture par l’orchestre qui annonce les thèmes récurrents de la partition et introduit d’ores et déjà cette polyvalence entre moments joyeux de l’intrigue et tension, c’est dans une atmosphère onirique, féérique – qui justifie bien le titre de l’œuvre- que s’est ouvert le dit ballet, ce Songe d’une nuit d’été. Costumes dans les tons pastel, alimentés de pierres « Swarovsky » partenaire, une grâce des danseurs qui jouent de sveltes fées, ou des esprits, avec des levers de jambe souples et très récurrents, dans une symétrie souvent millimétrée, des lumières qui oscillent entre le tamisé de la nuit et un éclairage plus blanc pour traduire le jour… tout contribue à cette ambiance du rêve. D’ailleurs, quand le rideau se lève, les danseurs arrivent un à un, comme si le rêve se dessinait peu à peu.

Avec ce ballet, le spectateur est face à l’art total dans toute sa splendeur : ils sont tous réunis, danse classique caractéristique du ballet traditionnel dans la somptueuse mise en scène de Georges Balanchine, musique du grand compositeur allemand romantique Mendelssohn, et théâtre, par l’inspiration du texte de Shakespeare, traduit ici par l’intrigue et les jeux des danseurs ; cette synthèse des arts constitue l’histoire même sans nécessité d’une narration verbale, et celle-ci passe par la danse, le choix des couleurs de costume en guise de nom pour désigner les couples en jeu, et la musique, capable de nous renseigner sur le type d’atmosphère. Ces éléments fusionnent pour rendre l’histoire limpide, comme dans un songe formé d’images fortes sans narrateur.

Les décors sont sobres mais essentiels : des arbres côtés cour et jardin au premier acte entourent la scène de leurs feuillages sur toute sa profondeur et sa hauteur, comme une alcôve pour illustrer la bulle onirique. Au deuxième acte, les arbres sont intercalés de tronçons d’architecture dans les tons clairs, pour traduire à la fois le château et la cour, lieu du mariage, ou même une église. Ces décors sobres et structurants ont tout le loisir de laisser la danse s’exprimer avec des éclairages appropriés. Les danseurs se prêtent aux mimes au-delà de la danse – par exemple, un personnage aux traits d’elfe coquin interfère dans les conflits entre couples, caractérisé par des pas rapides, les genoux hauts, et sautillants. Leurs irruptions parfois seuls dans le noir et dans un halo de lumière donne toute sa dimension théâtrale à la pièce, avec la mise en exergue « du » personnage qui se distingue de l’ensemble des danseurs. Cette caractérisation est renforcée par l’association d’un mouvement spécifique par danseur-personnage, au-delà de la caractérisation chromatique par le costume, qui joue d’ailleurs un rôle déterminant pour la compréhension : on distingue alors une couleur par couple, vert et rose pâles pour l’un, rouge pour le second et bleu plus vif pour le dernier, ce qui permettra de comprendre les conflits et les jalousies entre eux dans l’acte I en attendant l’heureuse résolution de l’acte II.

Si la parole n’esquisse pas les atmosphères, la diversité de caractère, esquissée dans l’ouverture, est parfaitement rendue par la partition, toujours coordonnée avec le jeu. Les personnages et les situations ont leur musique, et lorsque les scènes se répètent, la musique aussi– comme lors du désaccord entre mari et femme pour la garde de l’enfant. De manière générale, les moments joyeux correspondent à l’irruption des esprits de la forêt dans des pas eux aussi rapides, des arabesques et sissones, sur un thème récurrent assumé par les violons. Les parenthèses amoureuses sont quant à elles plus lentes et plus sensuelles, avec des interventions solistes du cor, parfois aventureuses… Les moments de « drame » – le vol de l’enfant – sont traduits par une musique de ton plus grave, où les danseuses bloquent la fuite du voleur, la danse étant susceptible de traduire tant le conflit que la sensualité, dans cette frontière fine entre l’amour et le rejet.

L’humour a également sa place sur scène avec l’intervention du petit elfe qui ne comprend pas toujours les oscillations des femmes face aux hommes, ce qu’il traduit par gestes, suscitant les rires. C’est aussi cette danse avec un âne, qui amuse et traduit bien l’étrangeté des rêves, fantastiques et la déconnectés du réel.

L’acte II est un traditionnel acte de résolution introduit par une fanfare à l’orchestre. Les costumes sont d’abord uniformément clairs, connotant la pureté, sur une scène rendue lumineuse par les éclairages blancs eux aussi. Le rouge et le bleu vifs ont disparu comme le conflit. Seule la danse dans la nuit, sans éclairage autre que celui de costumes colorés et scintillants, rend la fin de l’acte II plus intime. En montrant le festin, la fête, il se termine à l’éclairage des lucioles, affirmant l’onirisme comme ligne du ballet jusqu’à la fermeture du rideau, clôture du rêve…

Alexandrine Monnot

Grand classique du  NYC Ballet, qui termine chaque année sa saison de printemps avec cette production devenue traditionnelle, le Songe d’une nuit d’été a fait cet hiver son entrée dans le vaste répertoire de l’Opéra de Paris. Chorégraphié par G. Balanchine sur l’œuvre éponyme de F. Mendelssohn et cinq autres pièces, ce ballet se divise en deux actes. Le premier débute par la dispute entre Titania et Obéron ; Puck, voulant les faire retomber amoureux, mélange les sentiments des couples présents dans la forêt. Lorsqu’enfin tout rentre dans l’ordre, chacun est invité aux noces du lendemain ; les danses qui en forment le vaste divertissement composent alors le second acte.

Rideau clos, l’orchestre entame l’ouverture du Sommernachtsraum. Les violons se traînent dès les premières mesures, malgré l’énergie dégagée par le toujours très bon Simon Hewett. Si les vents excellent en couleur et phrasé, les cors sont définitivement trop lourds, aux attaques d’une justesse toute relative que l’on pourrait aisément pardonner s’il ne s’agissait pas ici de l’Orchestre National.

Enfin se dévoile la scène, et la magie prend alors tout son sens. Décors et habiles jeux de lumière nous plongent dans l’univers shakespearien ; nous suivons volontiers les premiers danseurs dans cette forêt vaporeuse. Les costumes sont d’une facture somptueuse – Christian Lacroix s’est surpassé, et l’usage des quelque cent-cinquante mètres de dentelle n’était pour l’occasion pas un luxe mais une nécessité.

Entrent deux couples, parés d’un velours d’une lourdeur dont on a peur qu’elle empêche le ballet de défier la gravité ; on s’interroge un instant – « n’aurai-je pas dû relire la pièce ? ». Mais la question ne fait qu’effleurer l’esprit du spectateur, car vraiment, on n’avait pas besoin de lire Shakespeare pour comprendre Balanchine, surtout sur les pages les plus expressives de Mendelssohn.

La technique des danseurs est irréprochable, et d’une telle aisance que l’on s’imaginerait, dans un pitoyable excès de zèle, capable de faire de même. Puck nous frappe d’éblouissement. Le personnage facétieux est d’une grâce et d’un humour agiles, même dans ses solos les plus virils et les plus techniques. C’est lui, élément perturbateur qu’on ne saurait réprimander, qui introduit la facétie décapante dont Balanchine a su orner sa chorégraphie, hommage pertinent à l’historicité théâtrale. Et cet humour se ressent dans la salle – et ce n’est pas seulement de voir ce pauvre trompettiste se battre avec les volutes des fumigènes retombées dans la fosse d’orchestre. Le public pouffe devant les quiproquos comme du pauvre danseur affublé d’une tête d’âne sous les facéties de Puck ; tous excellent dans un mimétisme comique léché qui n’est pas sans rappeler de la gestuelle de la comedia dell’arte – historicité, toujours.

L’École de l’Opéra nous subjugue, les soli nous happent ; quel dommage que l’orchestre encore les alourdisse, que les faussetés des cors nous éloigne des corps telle une douche froide dont on atteint le paroxysme alors que Titania s’endort : pas une once de tendresse ni de poésie dans le vibrato de mauvais goût de la soprano qui entonne la berceuse – bien que le chœur de femmes soit d’une délicate exactitude d’interprétation et d’homogénéité.

Un grand moment d’émotion chorégraphique et une véritable prouesse scénique marque l’entrée du ballet dans le répertoire de l’Opéra – quel dommage que son orchestre nous rappelle trop souvent de songer à autre chose.

Maïlys Pascault

Du Songe d’une nuit d’été, ne doit-on retenir qu’une petite mélodie célèbre ? Sûrement pas ! En ce moment,  l’Opéra-Bastille met à l’honneur le ballet en deux actes de Félix Mendelssohn, reprenant la chorégraphie de George Balanchine (tous deux inspirés du chef-d’œuvre de Shakespeare). Quant à la direction musicale, elle revient à l’allemand Simon Hewett. L’intrigue, complexe, retrace d’abord une folle nuit au cours de laquelle, dans une forêt près d’Athènes, quatre couples se croisent, se disputent, s’égarent et se retrouvent, sous le regard amusé d’un petit elfe (Puck). Le second acte met en scène les mariages qui suivent cet épisode mystérieux.

L’œuvre est un condensé de musique grandiose et narrative, sur lequel chaque pas s’appuie, nous racontant ainsi une histoire aussi drôle que belle et fantaisiste. L’acoustique de l’Opéra Bastille met parfaitement en relief l’interprétation, sublime notamment lors de la fameuse marche nuptiale. La prestation du chœur et des solistes est aussi impeccable, puissante, sans être envahissante. La chorégraphie est à la fois dynamique et variée : c’est une succession de solos, duos, farandoles et groupes de danseurs… Les danseurs solistes sont ici à la hauteur de leur réputation : ils allient grâce, précision, et dynamisme sans aucun faux-pas ! Dans ce ballet-vaudeville, tout s’enchaîne très vite et de manière très fluide : on rentre et on sort sans arrêt ! Le « jeu » des danseurs est d’ailleurs très satisfaisant.

D’un point de vue scénographique, Christian Lacroix, chef des décors et costumes, nous propose un ensemble assez classique, mais néanmoins efficace et très esthétique, ce qui nous permet d’entrer tout en douceur dans cet univers énigmatique. Le tout, combiné à une lumière envoûtante, offre dans le premier acte de très beaux tableaux, à tel point qu’on se croirait…dans un songe ! En revanche le second acte se veut plus lumineux (car de jour), aux costumes plus rigides et à l’ambiance plus sérieuse et classique. Cela constitue un contraste un peu trop important, peut-être, avec un premier acte dont l’histoire et le visuel se veulent plus fantaisistes : on aurait aimé conserver ce petit sourire qui ne nous lâchait pas pendant la première partie. Néanmoins cette deuxième partie n’en reste pas moins impressionnante et grandiose.

En somme, l’Opéra National de Paris nous livre ici une version à la fois divertissante, émouvante et élégante du Songe d’une nuit d’été : on reste dans l’esprit de Shakespeare (et c’est tant mieux!). Malgré un petit manque de prise de risque scénographique,  l’institution offre – comme à son habitude – un spectacle d’une qualité indiscutable et des danseurs exceptionnels. On ne peut que recommander vivement un tel moment de plaisir, qui a par ailleurs été salué vivement par le public.

Adrien Ricouart

Pour cette saison 2016/2017, la chorégraphie d’un Songe d’une nuit d’été de George Balanchine vient s’ajouter au répertoire de la compagnie de l’Opéra de Paris. Cette version de 1962 est créée pour la première fois à Paris sous la direction musicale de Simon Hewett.
Tout d’abord une pièce de théâtre, le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare inspira plusieurs musiciens et chorégraphes. Mendelssohn mit en musique cette histoire. Maurice Petitpa fut le premier à chorégraphier cette pièce. En 1962, George Balanchine livre sa propre version de la pièce, sur la musique de Mendelssohn, pour le New York city ballet. Il s’agit d’un ballet en 2 actes et 6 tableaux

L’histoire se passe en Grèce, dans une forêt. Plusieurs personnages : de jeunes amants, le duc d’Athènes, la reine des Amazones, des elfes, des fées et des lutins se partagent la scène. Tout au long de l’œuvre, Puck, un lutin malicieux interprété par Emmanuel Thibault, cherchera à unir deux couples : Hermia et Démétrius, Lysandre et Héléna. Cependant Puck se trompera à plusieurs reprises créant ainsi des scènes comiques.

Les décors et les costumes de Christian Lacroix, assisté par Camille Dugas, nous invitent à la rêverie. Totalement en lien avec l’œuvre, le couturier recréé l’atmosphère d’une forêt enchantée. Les costumes couleurs pastel des créatures féériques sont printaniers, avec des matières légères. A cela s’opposent les couleurs chaudes des costumes en velours, rappelant les vêtements du XVe siècle, des deux jeunes couples. Chaque matière et couleur symbolisent les différents groupes de personnages permettant ainsi un bon suivi de l’intrigue. Les jeux de lumière permettent aussi de souligner certaines actions ou de mettre en valeur des personnages. De plus la finesse de jeu des danseurs détermine bien le caractère de leur personnage : chaque fois qu’intervient Puck on le voit sautillant et mesquin.

Il y a une continuité dans ce ballet, ponctué de beaucoup de touches d’humour. Dans l’ensemble, la pièce est légère et débouche sur un heureux événement : le mariage de trois couples.

On salut un très beau travail tant au niveau de la mise en scène qu’au niveau de l’interprétation des danseurs. Danseurs étoiles (Hannah O’Neill, Alice Renavand) comme jeunes danseurs de l’école de danse de l’Opéra de Paris œuvrent ensemble pour nous livrer une formidable représentation.

Jessica Sok
Photo : Bill Henson