Robbins /​ Balanchine /​ Cherkaoui, Jalet

Ballet | Opéra national de Paris | En savoir plus


Balanchine, Robbins, Cherkaoui-Jalet, c’est en trois temps que les compositions de Maurice Ravel sont mises à l’honneur jusqu’au 27 mai 2017 à l’Opéra Garnier.  Une programmation surprenante de par la différence des styles, des mises en scènes et des ambiances. L’enchainement des trois ballets trouve sa cohérence dans les compositions de Ravel.

Premièrement nous apparait la Valse mise en scène en 1951 par le célèbre chorégraphe russe George Balanchine. Tous les éléments d’une pièce classique sont présents : costumes somptueux, mise en scène sobre et décor minimaliste. Débute alors la valse. Les danseurs, au rythme de la musique, nous entraine dans un tourbillon de légèreté. Dans un bal aux allures mondaines, les valseurs sont nobles. Les femmes sont vêtues de longs gants blancs et de robes rosées, les hommes en costumes noirs cintrés. Dans un mouvement circulaire commun, chacun traine de partenaire en partenaire. Puis, la Dame blanche entre. Elle est fière, majestueuse voire hautaine ; on ne voit plus qu’elle. Le rythme s’accélère. Avec son partenaire, elle joue la comédie de l’amour, le libertinage a pris fin. Alors entre la mort, la lumière est grave et la musique s’assombrit. Vêtue de noir elle séduit la protagoniste, celle-ci d’abord horrifiée, se laisse ensuite tenter. Changée en Dame noir, elle et la mort nous offre une dernière danse macabre, d’un plaisir paroxystique, mais au dénouement tragique : la danseuse meurt. Le bal mondain peut reprendre gaiement.

Dans une toute autre ambiance vient ensuite l’adaptation du Concerto au sol pour piano de Ravel. Une chorégraphie de Jérôme Robbins, datant de 1975, nommée « Au sol ». Semblant de comédie musicale, une première partie nous plonge dans une atmosphère vacancière : des marinières colorés et un paysage maritime qu’on devine en arrière-plan. Puis cet engouement laisse place à un instant de poésie : un couple de danseurs, vêtu plus sobrement de blanc, prend possession de la scène. Accompagnés uniquement d’un piano, ils nous transportent dans un pur moment de grâce. Des trois représentations, celle-ci est la plus légère et seul l’instant poétique semble se détacher.

Dernièrement, le fameux Boléro de Ravel mis en scène en 2013 par Sidi Labri Cherkaoui et Damien Jalet conclue la séance. Emmanuel Béjart a produit un ballet de référence sur ce morceau, les deux chorégraphes font le choix d’une mise en scène plus contemporaine qui conserve toutefois l’importance du mouvement circulaire : un miroir oblique est positionné à l’arrière de la scène de telle façon qu’il permet au spectateur d’avoir une vue surplombante sur le mouvement des danseurs. Ainsi le mouvement circulaire de la chorégraphie est dédoublé. De plus, un jeu de lumière projeté verticalement drape de lumière les danseurs et crée de nouveaux mouvements giratoires. Cela donne également une dimension totale au ballet qui emprunte ainsi pour s’enrichir à l’art visuel. Pourtant si cette chorégraphie a le mérite de faire un effort pour égaler celle de Béjart, on peut regretter parfois l’absence d’une unité de mouvement, qu’un plus grand minimalisme aurait surement prévenu. De plus il faut savoir qu’à partir du troisième étage et pour l’étage supérieur, seulement une petite partie du miroir est visible.

Camille Duranton

Au cours du mois de mai, l’Opéra de Paris nous offrent trois danses sur la musique de Ravel, toutes créées au cours de ces dernières soixante ans. On voit bien la variation de style de ces trois chorégraphes mais la musique s’applique tout aussi bien à la première danse, créée par Balanchine en 1951 qu’à la dernière créée en 2013.

Pour commencer, c’est La Valse avec la chorégraphie de George Balanchine. Les danseurs joyeux en robes de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, viennent par deux, par trois, nous mettre en scène une histoire romantique qui tourne mal. L’étoile de cette danse, vêtue en blanc se voit captée par une figure sombre qui apparaît du fond du scène et qui l’amène petit à petit dans son monde noir. Le décor est simple, un fin rideau cache à peine le malheur qui arrive et nous montrer que cette histoire ne sera pas aussi gai que l’on ne croit.

Après l’entracte on part au bord de la mer pour En Sol de Jerome Robbins avec des danseurs en tenues blanches ou rayées de couleurs douces. On a clairement changé de style, cette performance est lumineuse et légère, les mouvements vifs du corps de ballets sont en contraste avec l’émotion et la grace du duo qui semble parfois être dans un monde à eux seuls. Plus simples en termes de tenues et de décor que les deux autres danses mais un moment de pur bonheur.

Créé à l’Opéra National de Paris, un Boléro de Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet termine le spectacle. Les danseurs me semble incarner la pluie et ensuite la fumée avant de se retirer de leurs longues robes en tulle pour se transformer en squelette. Une performance impressionnante à voir, surtout grâce au large miroir installée légèrement dernière les danseurs. La musique donne un certain élément magique mais ordonné comme si ces danseurs-squelettes se préparaient pour un macabre rituel dont on ne voit que le début. C’est n’est pas forcément ce qui est attendu pour cette musique mais après l’avoir vu, c’est difficile d’imaginer autre chose.

C’est un véritable hommage au répertoire de Ravel et nous donnent un aperçu de la danse classique à trois époques différentes. Les décors sont simples permettant de changer rapidement pendant l’entracte mais avec une musique si captivante et des danses si variées, il n’y a vraiment pas besoin d’en faire plus.

Sophie Hind

Ce spectacle tenu à l’opéra Garnier présente un large panorama des pratiques chorégraphiques des XXe et XXIe s, dans une méditation commune sur l’œuvre de Ravel. Ces trois pièces de quatre chorégraphes, bien que chronologiquement distinctes, ne cherchent pas à mettre en évidence un éventuel progrès, mais plutôt des inflexions, des nouveautés, des effets citationnels propres à chaque interprétation. La première pièce, La Valse, sur une chorégraphie de Balanchine (1951), implique déjà par la nature même de la musique employée un certain académisme solidaire d’une vision singulière des corps et de l’espace : transgressant sans subvertir, les pas s’harmonisent avec les trois temps de la valse, s’accordant néanmoins quelques libertés, notamment dans l’interprétation des duos, dont l’enchevêtrement poétique des corps reflète la complémentarité. Tout geste dansé tend ici à mimer l’expressivité et refléter un état d’âme. En sol, chorégraphie par Robbins (1975) propose au contraire une nouvelle occupation de l’espace, plus dissolue et moins symétrique. Les gestes ne recherchent pas systématiquement l’expressivité, mais également l’autonomie esthétique, toujours dans une grande maitrise technique. Cette inflexion non conventionnelle de la pratique de la danse s’incarne dans le choix des costumes, simples marinières bleues et roses selon le sexe constatant avec les canoniques tutus de la Valse. Enfin le Boléro de Cherkaoui et Jalet (2013) propose une totale subversion de ce morceau, surement pour se prémunir de tout effet citationnel trop voyant. L’importance de la scénographie se fait singulièrement saillante dans cette pièce où tout concourt à la captation hypnotique de tous les sens du spectateur. La musique, par cet ostinato rappelant presque une danse traditionnelle, installe un tempo qui va crescendo dans une marche implacable. Cet écho sonore où plusieurs mélodies se superposent va de pair avec les faisceaux lumineux employés pour éclairer les danseurs, tantôt de cercles concentriques, tantôt de grésillements transitoires. A cette confusion optique s’ajoute la présente d’un immense miroir diffractant permettant devoir simultanément et les danseurs de face et de dos. Cette vision panoramique des corps est rendue également davantage confuse par l’impossibilité d’identifier les danseurs, les costumes étant non-genrés. La ronde des corps anonymes forme un tout organique, ou chaque éléments pris individuellement participe de la grâce et de la vivacité de la pièce qui déstabilisent le spectateur en déroutant les attentes qu’il peut nourrir envers un ballet : le geste non dansé par excellence, la chute, est pleinement intégré à la chorégraphie, faisant directement écho au voguing. Le continuum des corps traduit ainsi une parfaite symbiose entre musique, danse et scénographie, union instable et équivoque dont la richesse réside justement dans la polysémie des interprétations que peuvent y investir le spectateur. La subversion semble se faire d’autant plus grande que le cadre – l’opéra Garnier – fait figure dépositaire de l’académisme en danse : cet écart déroute, surprend, désoriente le spectateur, favorablement, au regard de l’enthousiasme partagé par le public à la fin de chaque pièce.

Lukas Lichou

L’Opéra de Paris propose, du 02 au 27 mai, un ballet en triptyque sur trois œuvres de Ravel chorégraphiées et mises en scène par des artistes différents. Est présentée d’abord la chorégraphie de G. Balanchine de 1951 sur deux valses, puis celle de J. Robbins sur un concerto pour piano et orchestre en sol majeur (1975) et enfin celle de D. Jalet et S. L. Cherkaoui sur le fameux Boléro de Ravel (2013). La représentation successive de ces trois chorégraphies permet d’une certaine manière au spectateur de comprendre l’évolution de la danse.

La première partie est très conventionnelle : les costumes sont des tutus longs et très légers qui révèlent un camaïeu d’oranges quand ils tournent, une narration est mise en scène (la rencontre entre un homme et une femme, puis l’irruption d’un méchant qui mène à la mort de la femme), les décors sont sobres et sombres, les mouvements correspondent à l’idée qu’on peut se faire de la danse classique. Cette représentation est très intense notamment grâce à plusieurs variations rythmiques. La scène finale de la mort de la protagoniste atteint vraiment un pic d’intensité, soutenu par le rythme entêtant et fort de la musique, accentué par l’orchestre.

La deuxième partie détonne un peu plus avec un décor et des costumes assez kitsch qui font penser à une station balnéaire des années 1920 (fond bleu clair avec un soleil et des vagues stylisées, justaucorps et jupes courtes à rayures bleu ciel, vert pomme et rose clair). Le contraste est fort avec la scénographie précédente (et avec le décor même de l’opéra Garnier) mais le tout fonctionne très bien et s’accorde bien avec le dynamisme des danseurs et du concerto. Les mouvements sont joyeux et énergiques et les danseurs font beaucoup de mouvements de hanches, ce qui est d’abord surprenant mais colle bien avec l’ambiance générale. La narration est très réduite mais le moment de la rencontre entre les deux protagonistes est très intense, elle est accompagnée seulement par le piano et les pointes de la danseuse semble être en symbiose avec les doigts du pianiste.

La partie finale était contemporaine et surprenante mais surtout très réussie. Aucune narration ici mais un crescendo obsédant dans la musique qui se retrouve sur scène avec des lumières presque hypnotique. On retrouve ici la marque de l’artiste Marina Abramovic, chargée de la scénographie. Cette partie était placée sous le signe de la métamorphose : les danseurs entraient en scène vêtus de longs manteaux noirs sur un rythme sommaire puis laissaient tomber les manteaux pour découvrir de très belles robes beiges, transparentes et légères qui disparaissaient à leur tour pour des justaucorps portant les os du squelette en broderies. Tous les changements de costume sont faits sur scène ce qui souligne cette impression de métamorphose. Danseurs et danseuses partagent les mêmes costumes ce qui rend difficile la différenciation des sexes, qui n’a finalement aucune importance dans cette mise en scène (contrairement aux autres). Les danseurs sont aussi mis en valeur par un grand miroir placé en hauteur et en diagonal, ce qui permet au spectateur de voir la danse d’en haut et ce qui accentue l’impression de vertige et de tournoiement.

Ce triple spectacle puise son intérêt dans les contrastes entre chaque chorégraphie. La musique de Ravel sert de ligne directrice et elle est très bien mise en valeur par l’orchestre dirigé par Maxime Pascal. Entre le bal tragique de Balanchine, la quasi comédie musicale de Robbins et le Boléro vertigineux de Jalet et Cherkaoui, le spectateur est transporté, surpris et ému.

Claude Piccolin

Trois interprétations chorégraphiées de trois chefs d’œuvre de Maurice Ravel ; trois univers différents pour trois voyages à travers la musique et la danse ; trois mises en scène exaltantes pour trois excursions enivrantes.

Le spectacle commence avec La Valse, chorégraphiée par George Balanchine en 1951. Le rideau s’ouvre sur trois danseuses aux costumes colorés créés par Barbara Karinska. Elles livrent sur scène une adaptation pleine de couleurs, printanière et fidèle aux attentes du spectateur amateur de danse classique. Un tourbillon de tulle virevoltant au rythme de la musique de Ravel jouée par l’orchestre de l’Opéra de Paris et dirigée par Maxime Pascal, jeune chef d’orchestre passionné et enthousiaste.  Les différentes valses s’enchaînent mais ne se ressemblent pas, puis s’achèvent avec vingt quatre danseurs occupant toute la scène comme une salle de bal.

Après vingt minutes d’entracte, c’est En Sol, chorégraphié par Jérôme Robbins qui inonde la salle de soleil et d’une atmosphère estivale. Dessinés par le célèbre Erté, le décor évoque des vacances au bord de la mer et les costumes des maillots de bain des années 1950. Plus libre, plus joyeuse, c’est la danse qui semble transporter la musique et les musiciens dans un nouvel espace-temps. Les danseurs, moins nombreux, emmènent le spectateur dans une dimension plus intime, plus familière que La Valse, grâce à une chorégraphie rappelant des exercices et des entraînements sportifs, comme un cours individuel avec un coach. D’apparence plus brusque et saccadée, la danse demeure gracieuse et captivante.

Un nouvel entracte d’une vingtaine de minutes accueille l’attente du final : le célèbre Boléro, une des dernières œuvres de Maurice Ravel. Il offre avec une énergie grandissante, un crescendo sonore d’une mélodie uniforme répétée environ neuf fois. Il existe plusieurs chorégraphies du Boléro, celle présentée par l’Opéra de Paris a été créée par Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet. Un grand miroir est installé, penché au dessus de la scène, reflétant les danseurs et les effets techniques de la scène. Des ondes se dessinent sur le sol, comme si les danseurs se mouvaient dans de l’eau ou sous une pluie battante. Les costumes, par Riccardo Tisci, sont identiques pour les danseuses et pour les danseurs. Ils sont surprenants. D’abord cachés sous une grande cape noire, les danseurs dévoilent ensuite en costume blanc, symbolisant un squelette et entouré de tulle blanc. Ce n’est pas le danseur qui importe mais le corps, ses mouvements, indépendamment du genre et de ses normes sociétales.  Les gestes semblent, dans un premier temps, désordonnés, douze corps flottants, perdus, égarés sur une scène d’Opéra. Il faut quelque temps au spectateur, habitué à des mises en scène et danses plus classiques avec les deux précédents ballets, pour apprivoiser cette étrange chorégraphie. Il se laisse cependant emporter par la musique stimulante du Boléro, dirigée par un chef d’orchestre débordant d’énergie et transporté par le chef d’œuvre de Ravel.

Aline Pinçon

Il s’agit de trois grandes miniatures des chorégraphes George Balanchine, Jerome Robbins, Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet, dont le fil conducteur est la musique de Ravel. Depuis Les valses nobles et sentimentales au célèbre Boléro. Un ballet qui nous offre une autre vision des œuvres incontournables du compositeur. On découvre un Boléro et des valses à la fois sombres et mystérieux, et un Concerto en sol pétillant et tendre.

La Valse chorégraphiée par Balanchine en 1951 explore toutes les richesses des pièces de Ravel. Les danseurs se relayent dans les Valses nobles et sentimentales, montrant une succession de prouesses techniques. Dans La Valse, Dorothée Gilbert se laisse séduire et la mort finit par triompher. Une ambiance mystérieuse et inquiétante règne.

Totalement à l’opposé, Jerome Robbins, qui reprend en 1975 le Concerto en sol de Ravel, nous livre une chorégraphie vitaminée et rayonnante. Il y incorpore ses connaissances en comédie musicale que l’on retrouve à travers les expressions faciales des danseurs et leurs interactions entre eux. Cette pièce apparaît comme un bol de fraicheur entre deux évènements sérieux et sombres. Les costumes colorés et la scénographie de Erté nous plongent en bord de mer, dans un esprit maritime et balnéaire. Toute cette vitalité encadre une parenthèse de douceur : un pas de deux très poétique sur une interprétation sensible de l’Adagio assai par le pianiste français Emmanuel Strosser. On apprécie la délicatesse des deux danseurs Myriam Ould Braham et Mathias Heymann.

La représentation s’achève avec le célèbre Boléro. Dans ce ballet créé en mai 2013, au Palais Garnier par la compagnie de l’Opéra de Paris, Cherkaoui et Jalet renouvellent l’une des œuvres classiques les plus jouées dans le monde. On applaudit également l’installation hypnotisante de l’artiste Marina Abramović qui vient souligner l’ostinato obsessionnel de la caisse claire.

On regrette tout de même que les pièces ne s’enchaînent pas dans une idée d’unité. Chacune étant entrecoupée par des entractes dont la durée est quasiment identique à celle de chaque pièce.

Jessica Sok

Trois ballets : La Valse par Balanchine, En Sol par Robbins, Boléro par Cherkaoui et Jallet.

Trois interprétations contemporaines qui s’enchaînent bien : les chorégraphies et les scénographies sont de plus en plus modernes et intenses.

LA VALSE est rythmée et dynamique. Elle est composée de trois parties qui enchaînent solo, duo, trio, quartet et plus. Une scénographie sobre mais compensée par une chorégraphie qui intègre bien l’espace. Le ballet commence avec trois danseuses puis un duo et un quartet. La deuxième partie est un duo femme/homme qui symbolise la rencontre. Pour le final, tous les danseurs sont sur scène. Le dynamisme de la chorégraphie nous emporte jusqu’à la fin. Le rideau se ferme alors que les danseurs sont encore en entrain de danser. Le ballet se termine au sommet de son intensité.

EN SOL est un ballet composé d’une partie en trois temps. Si la chorégraphie est dynamique et joyeuse, ce sont les costumes, des maillots de bains qui font penser aux années 1930, qui donnent une touche de modernité au ballet. Le duo est le temps fort de ce ballet. À deux, ils s’accaparent la scène pour nous offrir une représentation énergique et harmonieuse.

 BOLÉRO est sûrement l’interprétation la plus contemporaine; de la chorégraphie à la scénographie en passant par le costume.

Le ballet commence et se termine par un signe de complicité entre une danseuse et le chef d’orchestre. Puis les danseurs envahissent l’espace et nous emportent.

Au rythme du boléro de Ravel, la chorégraphie devient de plus en plus soutenue.

Les costumes, ou plutôt le costume car il est le même pour tous les danseurs (une combinaison couleur chair avec les os du corps en blanc et une robe en voile léger), nous empêchent de distinguer les femmes des hommes. Il y a des duos homme/femme, femmes et hommes. Un habile clin d’œil à la question du genre peut-être. Les danseurs enchaînent les mouvements, au rythme de la musique, dans une harmonie parfaite. Toute l’intensité de la chorégraphie passe par le corps. Les mouvements et les acrobaties sont un mélange de danse classique et de danse contemporaine.  Les effets de lumières donnent au ballet une réelle consistance. La scénographie et la chorégraphie s’entremêlent à merveille. Le miroir et le jeux des lumières sont aussi essentiels que la chorégraphie. Ce ballet ferait presque penser à certaines œuvres éphémères de plasticiens de notre époque tellement le corps et le mouvement sont mis en avant.

Une salle presque comble et comblée de part la longueur des applaudissements et les « bravos » lâchés ici et là!

Manon Stanguennec
Photo : Enric Montes