Rencontre littéraire avec Diane Meur

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               C’est avec l’innovation créative de la « Formule Bistro » que le Centre Wallonie-Bruxelles réussit à séduire ses invités : il s’agit d’une rencontre littéraire dans un cadre à la fois détendu et propice à une discussion poussée. Lors de cette rencontre extraordinaire, l’auteure Diane Meur présenta son nouveau roman intitulé « Les Villes de la plaine » et publié par Sabine Wespieser. La présentation se fit par une conversation entre un représentant du Centre de Wallonie-Bruxelles et l’auteure même et fut enrichie par la lecture d’un extrait du livre ainsi que par le débat avec le public. Ce qui rendait cette rencontre unique, c’est d’un côté le mélange varié entre monologue, dialogue et interaction avec le public et de l’autre côté le fait qu’on déjeunait en même temps. Grâce à ceci, une ambiance familière et confidentielle se dégagea, facilitant le discours naturel et sincère.

            Dans le roman, il s’agit d’une civilisation imaginaire qui vit dans la ville imaginaire de Sir que l’on peut situer dans l’Antiquité. On présenta les traits fondamentaux du roman afin de donner une idée de son contenu : le lieu, le contexte historique, les personnages. Pour donner une impression générale de l’œuvre, on révéla son caractère ressemblant aux genres d’un roman d’aventure, d’un roman d’amour, d’un conte philosophique et d’une satire sociale. On mit également l’accent sur son trait cinématographique et sur son côté humoristique, se manifestant par exemple dans l’élaboration du lieux commun qu’est la relation entre le maître et le disciple. Grâce à ces deux procédés, le lecteur se voit plongé dans un univers qui naît de l’imbrication du roman réaliste et de la mythologie. C’est pourquoi l’œuvre invite son lecteur à établir des parallèles avec le présent et à susciter une réflexion profonde.

            Lors de la discussion, le contenu du roman ne fut pas entièrement révélé et la fin fut laissée en suspense afin d’encourager le public ne l’ayant pas encore lu à le faire suite à la rencontre. Ceci représentait l’un des plus grands défis de cette rencontre : satisfaire à la fois ceux qui avaient lu le roman et ceux qui ne l’avaient pas encore fait, car parfois il était difficile de suivre sans connaître les détails. Tout de même, le but de cet événement consistait en rendre public l’œuvre parmi ceux qui ne le connaissent pas encore et d’encourager la lecture. Afin de renforcer cet aspect, la lecture de l’extrait, qui se fit d’une manière absolument impeccable et admirable, fut suivie par les mots : « On ne vous en dit pas plus. » Ceci ne fut pas la seule façon par laquelle on réussissait à susciter le rire parmi le public. Le caractère franc et aimable de Diane Meur éveillait sur-le-champ un sentiment sympathisant. Elle approfondissait, approuvait, rejetait des idées de son interlocuteur, et de surcroît elle admettait le fait de parfois ne pas avoir de réponse. Certes, elle le compensait tout de suite par l’explication de sa manière de voir les choses. C’est ainsi que les locuteurs réussissaient à s’entraider afin d’éviter certains sujets ou afin d’en mettre en valeur d’autres. Le seul aspect un peu négligé fut l’interaction du public car il y eut très peu de questions ou de réactions. On pourrait se demander s’il n’y a pas une manière par laquelle les présentateurs pourraient stimuler le débat, par exemple par le biais de la provocation.

            Ce qui m’a particulièrement plu, ce fut la révélation de l’auteure pour expliquer comment et pourquoi elle a écrit ce livre. Elle dit : « C’est le roman d’un traducteur. » Diane Meur traite dans ce livre des expériences qu’elle a faites en tant que traductrice professionnelle. Où est le sens d’un texte? Où est l’autorité d’un texte? Se trouve-t-elle dans les mots, dans l’auteur, dans le sens? Son roman est l’histoire d’un transgresseur, d’un personnage qui cherche à comprendre le monde, à faire l’exégèse d’une société. On pourrait presque dire que nous faisons tous tous les jours le travail d’un traducteur dans la confrontation avec la vie quotidienne que nous essayons d’appréhender. C’est ici que s’entremêlent les deux passions de Diane Meur : celle d’une auteure ouverte et pleine d’imagination et celle d’une philologue sérieuse.

            En résumé, ce fut une rencontre littéraire exceptionnelle et très réussie, en ce qui concerne la forme aussi bien que le fond. J’espère que les réactions très positives du public contribueront au succès de l’œuvre « Les Villes de la plaine » de Diane Meur.

Thea GOEHRING