Deux poèmes de Léa Deschepper

 

Maman

Je suis un peu morte
Maman

J'ai même pas pleuré

Maman

J'ai dit « c'est fini »

Maman

Et j'ai arraché les jours cousus à ma robe

Et j'ai craché les fils au pied du lit

Je me suis dénudée jusqu'au cœur
Maman

Pour fouiller jusqu'à la beauté

 

 

Nue

Je suis nue.

Mes mains trempées dans la peinture, posées sur tes genoux.

On joue.

Je suis nue.

J'ai dans le dos un sac,

Deux lanières de chiffon pour cette vie de papier.
Deux trois livres,
Des mots.
On ne sait jamais.

Si la voiture déboule…

Je suis nue.

Crue.

Éblouie par les phares,

Transpercée par la lumière,
Je m'enfuis.
Et je cours.

Nue.