Orchestre Philharmonique de St-Petersbourg

Concert symphonique | Théâtre des Champs-Elysées | En savoir plus


Interprétation du Concerto n°2 pour violon et de Roméo et Juliette, suite de Prokofiev par l’Orchestre Philharmonique de St-Petersbourg, sous la direction de Youri Temirkanov, le 17 novembre 2012 au Théâtre des Champs Elysées

Voir l’orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg jouer Prokofiev c’est, au-delà du plaisir de la musique, celui de voir le magnifique Théâtre des Champs Elysées s’emplir doucement, ce cadre superbe d’une scène à l’italienne dans ce bâtiment Art déco. Cela constitue déjà un spectacle en soi. Les musiciens entrent en scène, et s’élèvent alors en préambule les classiques accordages, les dernières notes avant le départ, une musique anarchique et discordante qui précède l’harmonie. C’est alors que le chef d’orchestre Youri Termikanov fait son entrée, accompagné du violoniste soliste Boris Belkin. La première partie du concert, Concerto pour violon n°2, fait la part belle à ce soliste de renom, accompagné des cordes, de quelques cuivres et instruments à vent, de percussions.

La seconde partie du concert, extraits du Roméo et Juliette, est plus vibrante encore. Le cercle des musiciens s’agrandit,  les cordes sont plus pincées que frottées, rythmées par les percussions. Le ballet des archets et les mouvements du chef d’orchestre ajoutent à la musique un spectacle visuel formidable. En tant que néophyte, j’ai beaucoup apprécié le sens du rythme et la grande liberté qui se dégage de la musique de Prokofiev. – Solveig Chotteau


« Le mérite principal de ma vie (ou si vous préférez, son principal inconvénient) a toujours été la recherche de l’originalité de ma propre langue musicale. J’ai horreur de l’imitation et j’ai horreur des choses déjà connues. » Cette affirmation de Prokofiev résume bien la couleur du concert de l’Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg présenté le samedi 17 novembre au théâtre des Champs-Elysées. Dirigé par son chef principal et directeur Youri Temirkanov, le plus ancien orchestre de Russie interprétait le concerto pour violon et orchestre n°2 avec Boris Belkin pour soliste et des extraits des Suites de Roméo et Juliette de Prokofiev (1891-1953). Ces deux pièces illustrent bien la diversité de l’écriture de Prokofiev et son génie novateur et inventif qui cherchait toujours la simplicité dans le renouvellement de la composition.
Prokofiev fait partie du répertoire habituel de l’Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg, qui se produit régulièrement au théâtre des Champs-Elysées. Ce concert venait prolonger l’accueil tout particulier réservé par ce théâtre à la culture russe à travers les Saisons Russes, initiées en 2010 pour l’année France-Russie, et reconduites cet été. Ce concert était donc attendu par les inconditionnels de la musique russe, et le remplacement de Julia Fischer, qui devait interpréter le concerto, par Boris Belkin, a permis au public d’apprécier une interprétation 100% nationale de ce compositeur si célèbre.
La maîtrise et la connaissance fine de ces œuvres par l’orchestre et Boris Belkin qui a enregistré les deux concertos pour violon de Prokofiev sont incontestables.  Pourtant, le premier mouvement a pu laisser le spectateur sur sa faim. Boris Belkin semble retenir son élan ; le spectateur un peu éloigné de la scène peine à percevoir la générosité du concertiste. Le deuxième mouvement vient heureusement nous surprendre par la finesse de l’écriture et de l’interprétation. Le chant mélodique vient se déployer sur l’accompagnement lent et délicat des cordes en triolets pizzicati dans une construction classique. Le troisième mouvement, enlevé et dégageant une forte énergie, achève le tout, dans une rythmique variée qui témoigne du désir de Prokofiev d’éviter à tout prix la répétition.
Mais la véritable émotion ne se dégage véritablement que dans la seconde partie, où les extraits de Roméo et Juliette nous transportent dans toute la palette des mouvements intérieurs de l’être. Chaque instrument donne dans cette partition le meilleur de son expression à travers une sollicitation fine de chaque timbre, que l’on observe particulièrement dans les traits des solistes. Ecouter cette œuvre à part de l’interprétation chorégraphique pour laquelle elle a été conçue, c’est goûter toute sa force évocatrice. Les lignes mélodiques graves et gaies se succèdent, parfois s’entremêlent en l’espace de quelques mesures. L’Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg, dans une formation élargie après le concerto, nous offre là une très belle interprétation à la fois fine et puissante. La générosité est enfin là, avec deux bis offerts avec le sourire de Youri Temirkanov.
Tous ceux qui veulent retrouver cet orchestre au plus vite pourront l’applaudir de nouveau au Théâtre des Champs-Elysées en juin 2013 avec au programme Stravinsky (L’Oiseau de Feu), Borodine (Danses Polovtsiennes) et Rimski-Korsakov (Shéhérazade). – Caroline Pigache

On 17th November, the Saint-Petersburg Philharmonic Orchestra has performed a marvelous violin concert in Theatre des Champs-Elysées. It was directed by Youri Temirkanov and featured violinist Boris Belkin. Russian composer Serge Prokofiev (1891-1953) wrote this violin concerto. He believed that creativity was significant in concerto writing, that segments could be arranged in any interesting order. We know the Shakespeare’s play “Romeo and Juliette” by heart, either by reading or seeing a theatre play, but not so much as listening to a classical concerto. Prokofiev’s modern playful style would not allow us to expect any familiar occurrences of the play in this concerto.

When the concerto began, the melody was harmoniously energetic, combining the sounds of flute and that of violin, reproducing a magical commencement alike that of spring. It symbolized the innocence, revitalizing energy and growth of young people (Juliette). And then in the middle of the concerto, we were overwhelmed by an intense moment of violence, filled by the dramatic combination of drum, low violin and the like. I think it depicted the moment when Romeo and Juliette were separated by their parents, but I could be wrong because the sequence in the play might not be parallel to that of the concerto. The concert ended with a broad satisfaction among the audience who tirelessly clapped for the musicians. Once again, Saint-Petersburg Philharmonic Orchestra demonstrated the talent and hard work of each and every musician tonight. – Clarissa Wu