Lysistrata / “The Thread”

Pour cette deuxième chronique, penchons-nous sur The Thread de Lysistrata. Enfin, un groupe français nous montrant que le rock noise et expérimental n’est pas mort dans l’hexagone ! Ce trio, venu de Charentes Maritimes, sort son premier album après une victoire au Ricard S.A Live Music et des passages à Rock en Seine ou aux Transmusicales de Rennes remarqués.

Cet album pourrait être descriptible comme une représentation de deux facettes du groupe, la première emo/hardcore – parfois punk –, et la seconde beaucoup plus expérimentale, noisy et sombre.

« The Thread », entrée en matière de l’album, donne d’emblée le ton : guitares saturées et énergiques, grosses basses, batterie solide, voix jeune presque scandée ; tout rappelle ici les musiques hardcore et emo, tout en cachant une facette plus complexe de leur musique. Cette facette s’expose à partir du final de « Sugar & Anxiety », noisy, expérimentale, puissante, nous amenant vers la seconde moitié de l’album. S’enchainent alors « Reconciliation » et son intro en mesure complexe et en ajout d’instruments, puis « Dawn », qui nous montre comment rendre le bruit musical sans s’ennuyer, et enfin « The Boy Who Stood Above The Earth », pièce de 12 minutes exploitant toutes les ambiances et le style de Lysistrata auquel s’ajoute un violoncelle soliste qui parvient à se frayer un chemin au milieu de ce mur sonore et puissant.

Là où cet album possède d’immenses forces pour un trio dont les membres ont à peine 20 ans, il recèle toutefois certaines faiblesses, parmi lesquelles le morceau « Asylum », pièce la plus faible de l’album. Également, les voix encore jeunes gagneront à mûrir pour gagner du grain. Enfin, certaines cassures en plein morceau pourraient paraître mal négociées à la première écoute mais s’avèrent de vrais choix artistiques à mesure des écoutes.

Avec ce premier effort, Lysistrata devient donc un groupe de la scène française à suivre et dont le reste de la carrière paraît déjà très prometteur.

A bientôt, et n’oubliez pas : gardez les Oreilles grandes ouvertes.

Y.D.

Morceau à écouter: The Boy Who Stood Above The Earth