KGTLW / “Polygondwanaland “

Pour cette troisième chronique, penchons-nous sur l’album Polygondwanaland de KGTLW, troisième album de leur défi 2017, qui consistait à sortir 4 albums dans l’année, tous tirés d’influences différentes. Ce troisième opus est le plus abouti, exploitant les musiques micro-tonales et les ambiances orientales. Pour les personnes non initiées, la micro-tonalité consiste en une version encore plus réduite des intervalles séparant les notes par rapport à la conception occidentale que nous avons de la musique (12 notes contre un nombre allant de 31 notes à plusieurs centaines).

Ici, cette conception micro-tonale se mélange aux synthés (“Crumbling castle“, “The Castle in the air“) rappelant les années 80 (bonjour aux fans de la bande son de la série Stranger things) ainsi qu’à une base rock standard (basse, batterie, guitares, etc…).

Venons-en au cœur même du sujet, la structuration de l’album et son unité, qui sont à la fois son meilleur atout et son grand défaut. Afin de plonger l’auditeur dans un long voyage de 45 minutes, l’ambiance amenée depuis le premier morceau “Crumbling castle” servira d’étalon au reste de l’album, jusqu’à créer une certaine lassitude, notamment au niveau des voix qui, à partir de “Inner cell“, deviennent récurrentes et nous détachent presque de l’écoute, par leur côté répétitif et planant. La voix revient en revanche en valeur sur le final “The 4th colour“, morceau le plus attrayant de cet album, au sein duquel tous les instruments se retrouvent sublimés.

L’instrument sauvant la mise de cet album est, et c’est suffisamment rare pour le mentionner, la basse. Bien que souvent mise de côté (excepté chez quelques groupes, tels que The Police, Royal Blood, Motorhead, etc…), elle est dans le cas présent mise en valeur par un groove extrêmement agréable dans “Polygondwanaland” ou “Loyalty“. La batterie, moteur du groupe, a droit à son tristement seul moment de gloire technique dans “The 4th colour“. Enfin, les guitares, construites autour du procédé de l’accordage micro-tonal (allez voir une photo de la Flying microtonal banana, vous rirez un peu devant cette étrangeté), apportent pour leur part les ambiances orientales et étranges de cet album.

Pour ceux aimant la musique psyché, le rock, les musiques orientales ou bien les curieux, allez jeter une oreille à cet album, vous n’y perdrez rien.

A bientôt, et n’oubliez pas, gardez les Oreilles grandes ouvertes.

Y.D.

Un morceau à écouter : The 4th colour