Jowee Omicil Quartet

Concert | Sorbonne – Amphithéâtre Richelieu | En savoir plus


Nous sommes le lundi soir d’un printemps qui s’achève avant d’avoir réellement commencé, pressé par un été étouffant, rattrapé par un hiver qui n’a pas encore dit son dernier mot, mais il semble ce soir que le ciel est apaisé. Les couples, groupes d’amis et solitaires qui entrent dans la cour d’honneur de La Sorbonne sont de tous les âges et de toutes les allures mais partagent un air de gaieté. Nous sommes accueillis dans le hall des amphithéâtres par une équipe de jeunes souriants qui nous dirigent avec un entrain contagieux. Il faut faire la queue pour entrer dans l’amphithéâtre Richelieu, une légère appréhension se fait sentir à l’idée de ne pas avoir la meilleure place mais la disposition de la salle est adaptée, assez grande pour accueillir la foule d’enthousiastes et assez restreinte pour que l’atmosphère soit chaleureuse – pour que nous formions le corps qui va bientôt s’enivrer de jazz. Jowee Omicil et ses trois musiciens – batteur, pianiste et guitariste – arrivent avec juste assez de retard pour que l’impatience monte sans tourner au vinaigre.

Le saxophoniste et poly-instrumentiste virtuose commence par une adaptation de « La vie en rose », de quoi se mettre dans la poche le public parisien. Les musiques de son nouvel album intitulé « Let’s bash », expression qui scandera tout le concert, mêlent aux influences créoles le gospel, la soul, la culture hip-hop et, liant le tout, le jazz. Jowee Omicil entrecoupe chaque morceau, tantôt par une lancée d’applaudissements pour ses musiciens et son producteur, tantôt par un petit numéro personnel assez difficile à décrire. L’artiste fait le clown en se baladant dans la salle, invite l’assemblée à entonner en cœur « Bash bash bash ! » ou encore à imiter des mélodies qu’il joue sur son saxophone ou sa clarinette.  L’essentiel est dans la joie qui emplit de plus en plus l’espace, les spectateurs se laissent aller au rythme de la musique ; de ce que j’ai observé, personne ne peut rester stoïque en face de l’énergique musicien.

Le concert paraît trop court, l’on en sort presque frustré par les nombreuses interruptions qui nous semblent après coup avoir écourté le temps de musique. Et puis rapidement, l’on se ravise, c’est l’ensemble qui nous restera en mémoire et l’ensemble était vivifiant.

Aliénor Bazin

Le 15 Mai 2017 à l’amphithéâtre Richelieu la Sorbonne a vécu un des moments les plus décontractés de son histoire avec Jowee Omicil Quartet. Le concert porte le même nom de l’album dont il célèbre la sortie, « Let’s Bash », et compose le Festival Saint Germain des Prés de jazz. Ceux qui connaissaient le groupe, était déjà au courant du mix d’influences du répertoire mais ne s’attendaient pas à l’explosion de sensations qu’on a vécu ce soir-là.

Jowee Omicil est reconnu en tant que multi-instrumentiste et il a honoré sa réputation en changeant d’instrument à chaque musique. Au fur et à mesure que le spectacle se déroulait, les instruments s’éparpillaient à travers l’amphithéâtre. À la fin il a fallu tout ramasser ce qu’a provoqué un fou rire dans le public. Naturel, drôle et intime sont trois mots qui définissent le concert du 15 Mai.

« Comment ça va la Sorbonne ? », la première phrase qui donnait déjà le ton de la soirée. Loin de se sentir intimidés par le lieu, les musiciens se sont appropriés de l’espace tout en cassant les barrières symboliques existantes entre le public et la scène. Le saxophoniste se promenait dans l’amphithéâtre comme si c’était chez lui. Il nous a fait des jeux d’improvisation qui ont rendu la soirée amusante dans tous les sens.  Un des points forts de la soirée a été la chanson « Sur le pont d’Avignon » interprétée par le public sous la direction de Jowee Omicil qui tel Quant à la musique, il s’agit d’un mélange entre tradition et modernité. Les racines créoles et latines se mêlaient au hip-hop et au rap. Impossible d’oublier le rôle du mégaphone dans le concert : toutes les interventions vocales dans le concert ont été faites par le biais de son mégaphone. Jowee Omicil ne s’est pas servi do microphone laissé à sa disposition et cela a donné un effet très urbain et cosmopolite au concert qui contrastait avec le décor classique de l’amphithéâtre.

Revenons maintenant au titre du concert, « Bash », qui signifie fête en anglais, dans un langage informel et urbain. Ceux qui ont eu la chance d’assister au concert du 15 Mai sont sûrs d’avoir ressenti une ambiance qui traduisait la signification du nom du concert. Bref, les musiciens jouaient avec passion et cet amour de la musique nous a été transmis ce soir-là. À la fin du concert le saxophoniste et chanteur annonça : « notre mission ce soir est de vous envahir avec de l’amour ». Mission réussite !

Daniela Bomfim

 C’est à l’Amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne que se produit ce soir, lundi 15 mai 2017, le Jowee Omicil Quartet : dans le cadre du Festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés se déroulant du 11 au 22 mai 2017 à Paris, le groupe au leader charismatique vient présenter son nouvel album « Let’s BasH ! » devant un public plus qu’enthousiaste comme on n’en voit plus.

Le ton du concert est donné dès les premières notes jouées, avec un Jowee Omicil prêt à donner tout le dynamisme qui l’habite à ses spectateurs. En interaction constante avec le public, le jazzman ne cesse de se renouveler et de varier les ambiances musicales à la lumière de ses diverses inspirations. Excellent au saxophone, au chant soprano et alto, à la clarinette et même au piccolo, le virtuose du groupe enchante l’auditoire avec des influences jazzy se mêlant à ses origines créoles, au gospel, à la soul, à la culture hip-hop, et à d’autres folklores du monde entier… L’hommage aux anciens n’est pas en reste non plus, puisque le groupe se réfère aux illustres figures de Charlie Parker, Wayne Shorter et Ornette Coleman. Cette musique totale emprunte d’ailleurs aussi à Charles Aznavour, dont La Bohème acquiert ici des accents tout nouveaux tant qu’envoûtants.

En somme, la soirée prend des airs de fête et la salle est rapidement enchantée par l’enjouement de Jowee Omicil. À coups de « Bash ! », celui-ci entretient le lien de complicité et d’échange avec nous, à travers sa contagieuse bonne humeur. Les autres membres du quartet impressionnent également par d’admirables solos, dont les oreilles sortent ravies : qu’il s’agisse du piano de Jonathan Jurion, de Justwody Cereyon à la basse ou de la batterie d’Emmanuel Tilo Bertholo, les accords témoignent d’un brio exceptionnel, d’une parfaite entente et d’un sens du groove inouï. Cette transe débordante n’empêche pas non plus une dimension humoristique propre à Jowee Omicil, qui s’exprime à l’aide de son mégaphone et requiert une écoute et répétition attentives de ses vocalises de la part d’un public qui se prête habilement au jeu. Pour montrer sa proximité avec le spectateur, le musicien aborde même certaines personnes venues l’écouter en s’asseyant près d’elles. Pari réussi donc pour le Jowee Omicil Quartet, qui en proposant une musique protéiforme, parle à tous et parvient à rendre accessibles des airs parfois difficiles à appréhender.

On ressort, comme promis en début de soirée, pleins d’amour, et de jazz !

Marianne Bouyssarie

Pour sa dix-septième édition, le festival Saint-Germain-Des-Prés réunissait les plus grands noms du jazz dans la capitale, du 11 au 22 mai. Créé par l’association L’esprit Jazz en 2001, cet événement majeur du jazz de la scène parisienne se déroule dans un cadre idyllique et unique. Les différents concerts, conférences, master classes et expositions de photographies organisés sont dispatchés dans plusieurs lieux incontournables et patrimoniaux de Paris. Les églises de Saint-Germain-Des-Prés et de Saint Sulpice ouvrent leurs portes aux rythmes endiablés du jazz. Le théâtre de l’Odéon, la Maison des Océans ou encore le Musée de Cluny se prêtent au jeu accueillant aussi bien des têtes d’affiches que des jeunes talents. Le festival a reçu en 2008 Norah Jones, pour son tout premier concert en France ; Manu Dibango, saxophoniste et chanteur camerounais, fut reçu au festival en 2013 ; Lisa Simone ouvrit le bal en 2001 ou encore Ben l’Oncle Soul était invité au festival de cette année. Les universités parisiennes Panthéon-Assas et le Sorbonne-Paris IV accueillirent en leur sein un grand nombre d’artiste – donnant, par la même occasion, l’opportunité de découvrir, ou redécouvrir, la Cour d’honneur de la Sorbonne notamment. C’est d’ailleurs dans cette dernière que  Jowee Omicil s’est produit pour le plus grand plaisir de tous.

Né à Montréal, d’origine haïtienne, l’artiste virtuose et multi-instrumentaliste a interprété son tout nouvel album de 2017, Let’s Bash; accompagné au piano et au synthétiseur Fender Rhodes par Jonathan Jurion ; le martiniquais Justwody Cereyon était à la basse et enfin Emmanuel Tilo Bertholo était à la batterie. Son nouvel opus a été réalisé dans le sud de la France, à Avignon, aux studios La Buissonne. Il est le fruit de cinq jours de travail et d’un mélange de genres musicaux dont s’inspire l’artiste, entre la funk, le hip-hop, le folklore, son jazz est un monde en lui-même. Non seulement, Jowee Omicil étonne et stupéfait son public par sa maîtrise d’un grand nombre d’instruments comme du saxophone soprano et alto, du piccolo (communément appelé « petite flûte »), de l’harmonica, de la trompette… Mais aussi, il surprend et enflamme son public ! Lors de son concert, armé d’un mégaphone dont le son était à revoir, il interpelle l’audience, lui parle, lui pose des questions, l’invite à chanter ! Son professeur de yoga et mentor était dans la salle, ce soir là, Jowee Omicil prend alors le temps d’échanger quelques mots avec lui. Jowee Omicil n’était pas simplement là pour nous jouer sa musique, mais bien pour la partager avec nous, en créer une nouvelle et surtout, il voulait que l’on « bash » tous ensemble- petit clin d’œil aux « bash parties », ces fêtes joyeuses d’outre-Atlantique. Ce mot « bash » fut répété, chantonné, pendant tout le concert, créant une harmonie musicale entre le public et la scène. Jowee Omicil nous a désinhibé, le temps d’une soirée et, cela, qu’au moyen de son jazz précieux. Il nous a livré une ode au jazz, à la fois rendant hommage aux plus grands comme Aznavour avec La Bohème, ou encore au Cap-verdien Luis Morais ou encore à Tinariwen. Son jazz fût un véritable hymne à l’amour, Jowee Omicil lui-même le disait, il voulait nous « envahir d’amour ». L’artiste, dont la devise est « Je veux que le jazz redevienne populaire », a su plaire à chacun, que l’on aimait, ou découvrait le jazz, les corps, dans le public, se tortillaient, les têtes bougeaient en rythme, peu à peu toute l’assemblée se déhanchait. Le jazz d’Omicil est un jazz du monde, folklore, brassant une multitude de culture, s’imprégnant à la fois de la solennité religieuse et forte du Gospel, qui a marquée son enfance,  et s’inspirant du blues de Nouvelle Orléans, y mêlant des sonorités africaines et caribéennes.

Le temps d’un concert, dans l’amphithéâtre Richelieu, Jowee Omicil a soutenu sa thèse, sa thèse d’amour, de liberté, de joie de vivre dédiée au jazz. L’artiste a salué, nous a remercié ainsi que ses compères, puis, il a rendu hommage à ses instruments, qui sous nos applaudissements ont pris vie.

Amandine Cheval

Le musicien Jowee Omicil est venu à la Sorbonne soutenir une thèse qui aura marqué les esprits. « Il faut se soutenir », a-t-il lancé, filant le jeu de mots tout au long du concert. Jowee Omicil (qui alternait entre saxophone soprano, alto, clarinette et piccolo) et ses trois musiciens – Jonathan Jurion (entre le piano et le fender rhodes), Justwodey Cereyon (à la basse), et Emmanuel Tilo Bertholo (incroyable à la batterie), plus un second pianiste, arrivé pour la dernière musique et le rappel – ont été en effet soutenus, applaudis, voire ovationné par un public que n’a pas effrayé le vieux plancher grinçant de l’amphithéâtre Richelieu.

Jowee Omicil est un véritable personnage qui a suscité l’enthousiasme général. Il a su faire participer, chanter et bouger un public assis sur des bancs serrés, avant être capable aussi de faire parler sa clarinette. A la fin, le public s’est levé – deux fois ! – pour saluer la performance remarquable du groupe. Le musicien lui-même a eu l’air saisi d’un étonnement agréable.

Car s’il ne manque pas d’humour, Jowee Omicil est surtout un admirable jazzman, qui maîtrise avec clarté chacun de ses instruments et dont le style est nourri de multiples influences, des rythmes caribéens au gospel, en passant par la soul et la culture hip-hop. L’éclectisme de la performance a été assumé d’un bout à l’autre : le concert a commencé avec une référence discrète au fameux Salt Peanuts de Dizzy Gillespie et une reprise comique de « Sur le Pont d’Avignon » pour se conclure par un magnifique hommage à « Herr Mozart », avec une reprise fascinante de la Symphonie n°41.

Jowee Omicil présentait ainsi son nouvel album, « Let’s Bash », probablement une référence aux festivités des « bash parties ». « Bash » fut le mot d’ordre de la soirée, entonné avec joie par le public au rythme des indications du musicien. Mais le plus important peut-être, c’est que « Bash » est un mot mystérieux et polysémique – à la fois cri de combat et d’amour – qu’il charge d’un nouveau sens au cours du concert : il devient un cri de ralliement. Dans le making-off de l’album, il affirme que l’ambiguïté est recherchée : pour se laisser emporter dans son monde, il faut lui faire confiance et répéter avec lui un mot qui est étranger aux auditeurs, jusqu’à ce que la réalité de la communion vienne effacer le sens même du mot. Lors de la ballade « Love and Honesty », indéniablement le climax du concert, une ambiance de transe quasi-religieuse s’est faite ressentir.

 Dans la simplicité et la force des mélodies scandées, en laissant une couleur s’installer longuement avant de se lancer dans une improvisation évolutive, on sent la volonté d’une musique sociale et joyeuse, qui donne le temps de s’exprimer, qui renoue les âmes entre elles tout en les rassurant. Jowee Omicil souhaite ainsi rendre le jazz de nouveau populaire. Il me semble que « populaire » a ici deux sens : il y a à la fois l’idée que le jazz puisse toucher tout le monde et s’éloigner d’un hermétisme qui lui est trop souvent associé, et l’idée qu’il puisse « rassembler », devenir un lieu de fête commune, à la façon des bals populaires. Pour ce concert au moins, c’est un pari réussi : durant la soirée, il a déclaré être là pour donner de l’amour, – nous l’avons, manifestement, reçu, et cela lui a été rendu.

Justine Leret

La scène se déroule sous les ors de l’amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne, le lundi 15 mai à 20h30. Jowee Omicil et son quartet (quatuor de jazz pour les non initiés) arrivent en scène sous les applaudissements nourris d’un public nombreux et déjà conquis.

Le jazzman est venu nous présenter, en avant-première pour ainsi dire, son nouvel album : «Let’s BasH ! », référence aux « bash parties », fêtes nées de l’autre côté de l’atlantique. Le jazz que nous propose Jowee Omicil est tout particulier : il est fait de ses multiples pérégrinations à travers le monde. Chaque morceau nous entraîne, parfois allègrement, parfois avec mélancolie, dans une région du monde inconnue jusqu’alors. Pour ceux qui ont eu la chance de se frotter à la culture créole, comme votre serviteur, c’est un bonheur de découvrir la manière dont Jowee Omicil est parvenu à transfigurer cet aspect de ce qu’il est dans sa musique.

Qualifier la musique de notre jazzman est un exercice périlleux et sans doute aporétique. Chaque morceau donne lieu à une réinvention, tant il puise dans des origines diverses, qui vont des jazzmen les plus classiques (tels Charlie Parker, figure apparemment tutélaire pour notre musicien) aux inspirations glanés du côté du hip-hop. Les solos du trompettiste provoquent chez le public la même tension que lors d’un riff de guitare endiablé à un concert de Rock. Il se laisse emporté par le rythme délicieusement décadent du quartet. Bien entendu, cette réinvention musicale peut choquer les oreilles peu habituées à un tel ton subversif. L’apparition du gospel en plein milieu d’un morceau étonne, interroge, perturbe. Mais ce faisant, c’est toute notre conception du jazz, et parfois nos a priori, que renouvelle Jowee Omicil.

Ce qui est certain, c’est que l’homme et son groupe possèdent un véritable sens de la scène qui aura su séduire un public aux anges. Il nous sourit, cligne de l’œil, nous parle. Loin des clichés d’un jazz guindé et élitiste réservé à quelques happy few, le Jowee Omicil Quartet dépoussière un style musical qui a encore de beaux jours devant lui comme en témoignent les longs applaudissements qui marquèrent la fin d’un spectacle dont les embardées résonneront longtemps sous les dorures de l’amphithéâtre Richelieu.

Hugo Toudic
Photo : Mariagrazia Grove
Categories: Concert, Sorbonne

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