Espèces d’ours !

Exposition | Muséum national d’Histoire naturelle | En savoir plus


La Grande Galerie de l’Évolution nous propose depuis le 12 octobre 2016 une exposition sur les ours nommée astucieusement, Espèces d’ours ! Très interactive et ludique, l’exposition propose de nombreux espaces dédiés au sujet. Faisons un petit tour d’horizon des multiples salles à visiter.

Pour commencer, la première partie de l’exposition traite de l’animal en lui-même, de ce qui le définit morphologiquement et anatomiquement. Elle passe en revue les huit espèces d’ours vivant actuellement sur la planète, chacune représentée par un ou plusieurs spécimens naturalisés : ours brun, ours blanc, ours noir, ours à collier, ours à lunettes, ours malais, ours lippu et grand panda. Les habitudes alimentaires, les modes de vie, les modes de reproduction et l’hivernation y sont aussi détaillés à l’aide de superbes vidéos, de jeux interactifs, et de spécimens.

Puis vient le moment de s’interroger sur l’origine des ours et sur leur histoire naturelle. C’est ce que nous propose la seconde salle qui expose des arbres phylogéniques, des images de proches parents d’ours actuels et surtout de magnifiques fossiles dont deux imposants squelettes d’ours des cavernes importés du Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse. On apprend donc les liens de parentés qui unissent les ours, les autres espèces actuelles et les fossiles. On se plaît à découvrir leurs ancêtres aujourd’hui éteints.

Les Hommes entretiennent avec les ours des liens culturels, mythologiques parfois, qui ont évolués avec le temps et les différents peuples. Les rites, les fêtes, les contes et les croyances sont nombreux et variés ; ils montrent à quel point l’ours tient une place privilégiée dans les cultures humaines.

L’aspect historique est approfondi par la suite et montre l’évolution des rapports entre l’Homme et l’ours au cours du temps. L’ours est passé d’animal admiré durant l’Antiquité, symbole de force et de puissance, à animal déchu par le christianisme durant le Moyen-Âge, auquel on associe les péchés capitaux de glouton, lubrique, colérique, paresseux. L’ours est par la suite chassé, dompté, muselé, enchaîné et humilié publiquement par les montreurs d’ours. Il est aujourd’hui toujours exploité dans certains cirques à travers le monde.

L’avenir de l’ours est envisagé dans la partie suivante qui nous présente par des posters et des vidéos la situation actuelle de l’ours dans le monde : les effectifs, les aires géographiques qu’ils occupent, les menaces qui pèsent sur eux. Ces menaces sont essentiellement au nombre de trois : la destruction de leur habitat naturel (déforestation, extension des zones agricoles), l’urbanisation des milieux sauvages (braconnage, pollution) et le réchauffement climatique. Le cas de l’ours des Pyrénées est particulièrement développé car il représente une véritable question d’ordre publique : faut-il réintroduire l’ours dans les Pyrénées ? Les avis de nombreux acteurs : géologues, biologistes, zoologistes mais aussi politiques, éleveurs d’ovins et bergers permettent de se faire une idée de la situation et de se faire son avis sur le sujet.

Enfin, l’exposition se termine par les ours du Muséum : naturalisés, photographiés, peints ou sculptés.

L’exposition Espèces d’ours ! est vraiment surprenante. Le contenu est très riche mais toujours abordable, il y a beaucoup d’informations « savantes » mais à chaque fois très bien expliquées et avec beaucoup de clarté. Ce qui fait la force de cette exposition est sans aucun doute l’interactivité ! De multiples jeux, vidéos, questions/réponses, permettent d’assimiler bien plus efficacement les informations et de tester les connaissances acquises. Mention spéciale aux « plaques chauffantes » qui nous autorisent à toucher de la main des plaques pour sentir la chaleur du corps d’un ours en comparaison avec celui d’une marmotte, lorsqu’ils sont en activité et lorsqu’ils hibernent, c’est une idée brillante. Il est également plaisant de constater que de nombreux angles ont été abordés, aussi bien zoologique qu’écologique, historique, sociologique voire psychologique. En somme, Espèces d’ours ! est une exposition familiale où on apprend des tas de choses sur ces bêtes à poils, tout en s’amusant.

Daniela Bomfim

L’exposition « Espèces d’ours » est présentée à la Grande Galerie de l’Évolution du 12 octobre 2016 au 19 juin 2017 par le Muséum d’Histoire naturelle de Paris au sein du Jardin des Plantes.

Le parcours se veut thématique et surtout d’une très grande pédagogie ; au nombre de cinq, les différentes parties de l’exposition présentent une succession cohérente et facilement intelligible pour tous : l’introduction générale consistant à identifier les huit espèces d’ours connues précède le développement sur les origines ancestrales de celles-ci au fil de l’évolution du règne animal à travers les ères géologiques, avant que ne soient développées les relations entre ours et hommes depuis les temps préhistoriques les plus reculés jusqu’à aujourd’hui. On envisage ensuite l’avenir des ours, dans la mesure où, comme un nombre conséquent d’espèces, ceux-ci ou leur environnement se voient menacés d’extinction plus ou moins directement par l’anthropisation de la Terre, qu’il s’agisse du panda géant ou de l’ours polaire, et alors même que leurs rôles respectifs dans l’écosystème n’est plus à démontrer (du moins, une fois l’exposition visitée !).

Le bilinguisme des cartels et textes de présentation est le premier élément qui enchante le spectateur : le propos n’est pas exclusivement adressé au public parisien comme on le déplore souvent dans les expositions à caractère scientifique. On apprécie vivement aussi le recours à une palette plus que variée de supports de médiation pédagogique et extrêmement ludique, car nous sont proposés des jeux de questions-réponses sur les diverses espèces, parfois écrits, tantôt interactifs, ou encore des devinettes sur écrans tactiles, en alternance avec des informations plus étoffées sur la distinction entre « hivernation » et « hibernation », les croyances ou mythes séculaires et les expressions populaires des langues du monde entier faisant référence aux ursidés, ou même des vidéos d’une qualité exceptionnelle où l’on voit les ours évoluer dans leur environnement au fil des saisons. Les images montrées sont magnifiques et constituent une défense indéniable des intérêts à la sauvegarde des ours sur Terre. C’est ainsi que se joue la confrontation entre un imaginaire parfois manichéen (l’ours vu comme un féroce prédateur ou la peluche Teddy Bear) et la réalité d’animaux placides, maternels et joueurs, à considérer au-delà des idées reçues et au nom de leur conservation.

Enfin, les objets plus traditionnellement présents dans les événements traitant de la biodiversité impressionnent par leur état et leur variété exhaustive. Outre les beaux spécimens naturalisés plus vrais que nature, le public peut observer à travers les squelettes l’anatomie spécifique aux ursidés. La visite se clôt en beauté, avec force projections, ateliers et autres courses d’orientation dans le jardin, pour les adultes comme pour les plus jeunes.

Marianne Bouyssarie

Qui n’a jamais rêvé d’en savoir plus sur Baloo, le célèbre ours du Livre de la jungle (Rudyard Kipling, 1894), ou sur son ourson en peluche d’enfance ? Du 12 octobre 2016 au 19 juin 2017, l’exposition Espèces d’ours ! se tient au Musée national d’histoire naturelle. Si les enfants constituent son principal public, elle invite également les adultes à découvrir cet animal qui attise les fantasmes et l’imagination, et dont la cause est au cœur d’enjeux contemporains.

L’objectif central de l’exposition est de faire découvrir aux enfants le mode de vie des ours. De ses origines à son alimentation en passant par la gestation des ourses ou la façon dont les hommes l’ont exploité de la préhistoire au XXème siècle, l’animal est mis à nu. Mais l’exposition ne se limite pas à ces considérations éthologiques. Elle explore également les représentations de l’ours que l’homme a eues et continue d’avoir, notamment en détaillant des contes, légendes et évènements dont les ours sont des personnages principaux. A titre d’exemple, le festival bolivien de la Diablada célèbre l’ours comme celui qui apporte la pluie et le vent à la fin de l’été. Une dimension historique nourrit la visite : nous apprenons ainsi qu’un culte païen antique célébrait la fin de l’hibernation de l’ours, symbole de fertilité et de retour de la lumière, mais qu’au Vème siècle, l’Eglise catholique a interdit cette pratique et l’a remplacée par la Chandeleur.

L’exposition sert son objectif grâce à une muséographie fort à propos. En effet, les indications abondent et sont audibles par tous. Elles sont d’ailleurs traduites en braille et mobilisent nos sens. Par exemple, afin de faire comprendre aux visiteurs que l’ours n’hiberne pas (comme la marmotte dont la température corporelle chute à 4° en hiver contre les 38) mais hiverne (ce qui implique une baisse de sa température corporelle bien inférieure, de 38 à 32°), nous posons nos mains sur des plaques chauffées à différentes températures. Une toise appliquée au mur permet de prendre conscience de la taille des animaux. Au-delà de ces apports originaux, des éléments plus traditionnels comme des vidéos et des animaux empaillés sont présentés. Par ailleurs, de nombreuses activités sont organisées en parallèle de l’exposition, à l’instar d’un atelier dessin, animé par une dessinatrice naturaliste, ou encore des écrans interactifs qui nous permettent de tester notre connaissance de l’animal. L’absence de parcours de visite permet au visiteur de se laisser porter vers les thématiques qui l’inspirent le plus. Une telle muséographie est parfaitement adaptée à un public jeune et assoiffé de connaissances ludiques.

La participation des ours à la biodiversité est soulignée, au même titre que leur vulnérabilité et les risques auxquels ils sont actuellement exposés. Une véritable sensibilisation à la cause de ces animaux sous-tend, à juste titre, cette exposition. Elle est construite de façon particulièrement pertinente dans la mesure où les commissaires ne prennent pas parti pour ou contre la réintroduction des ours dans les Pyrénées, mais exposent les arguments à la fois des défenseurs et des détracteurs de la cause. La dernière partie de l’exposition y est consacrée. Ainsi, loin de ne s’adresser qu’à des enfants, Espèces d’ours ! offre également matière à réflexion pour les parents et fait montre d’une profonde volonté didactique.

N.B. : Rudyard Kipling a nommé son ours Baloo car, en hindi, un « ours » se dit bhalu.

Aurore Denimal

Espèce d’Ours est une exposition conçue par le Muséum d’histoire naturelle de Paris à partir d’une exposition semblable créée à Toulouse. D’une durée relativement brève (une trentaine de minutes et un épisode de douze minutes des Dessous des cartes), elle est surtout destinée aux enfants citadins qui n’ont que rarement l’occasion d’approcher un animal autrement que dans un Big Mac. Elle regroupe en effet films, peluches mimi, peluches géantes, jeux et animations participatives ; et même des animaux empaillés qui avaient été chassés au début du vingtième siècle. À priori surtout attirant, le contenu n’en est pas moins très sérieux et documenté. Le but avoué des créateurs est d’élargir la vision souvent erronée (car issue d’une manipulation culturelle et médiatique) des gens et de comprendre l’ours sous différents aspects : évolution, environnement, comportement.

L’exposition va à l’essentiel. Composée d’une grande salle avec six espaces thématiques et ordonnés : “Les ours, qui sont-ils ?”, “D’où viennent les ours ?”, “Des ours et des hommes”, “Quel avenir pour les ours ?” et “Les ours du Muséum”, nous apprenions par exemple qu’il n’y a que six espèces d’ours, qu’ils vivent dans des foyers géographiques extrêmement précis (et de moins en moins vastes. . . ), qu’ils sont inoffensifs pour l’homme et que ceux-ci sont en grand danger partout où ils ont pu conserver un lopin de territoire. Le reste de l’exposition se focalise sur la cohabitation de l’Homme et de l’ours ainsi que de l’imaginaire qu’il suscite. Il symbolisa d’abord plein de différentes choses avant de symboliser force et ténacité dans l’Antiquité Romaine ; Pline l’Ancien lui-même l’étudia méthodiquement. L’avènement du Christianisme en Europe fût cependant un désastre pour les populations d’ours : la bible le présente comme dangereux et féroce, Saint-Corbinien le dompte et le soumet et il est associé aux cultures païennes qu’il faut annihiler. L’exposition nous apprend aussi que d’autres cultures ont su traiter l’ours avec respect et dignité et que la Slovénie gère une population beaucoup plus importante que chez nous, avec des résultats incomparablement meilleurs.

Cette exposition est en résumé une bonne synthèse de ce qu’il faut en priorité savoir des ours. Elle ne suffira pas à quelqu’un qui connait déjà le sujet mais aiguillera la curiosité de beaucoup et sera même le point de départ de bonnes lectures.

Antoine Hugounet

L’exposition se penche sur les huit espèces qui peuplent actuellement la terre, afin de connaître leurs caractéristiques biologiques, leurs divers habitats, leur histoire évolutive, leurs relations avec les hommes et les mythes et légendes qui leur sont associés.

L’exposition s’articule entre plusieurs espaces. Le premier, intitulé « les ours, qui sont-ils ? », dévoile les huit espèces qui peuplent actuellement la terre, en s’intéressant à leurs caractéristiques physiques et biologiques, à leur habitat, la façon dont ils s’aliment, le lieu où ils vivent, leur comportement, la façon dont ils se reproduisent. Les ursidés sont représentés par des spécimens empaillés. Les différentes espèces sont le panda géant, l’ours malais, l’ours lippu, l’Ours à lunettes, l’Ours noir, l’Ours brun, l’Ours blanc et l’Ours noir d’Asie.

 Le second espace se penche sur les origines des ours sous le titre « d’où viennent les ours ? ». Des squelettes sont présentés. Le troisième s’intéresse à la relation entre les ours et les hommes, à travers les contes et légendes, la présence des ours sur les blasons des villes, comme par exemple pour la ville de Berlin, l’histoire des ours à travers les âges, avec par exemple la chasse à l’ours présente par un piège conséquent ou encore la présence des ours dans les jouets d’enfants et les livres (Paddington, Petit Ours Brun, Bonne nuit les petits…)

Le quatrième espace est intitulé « quel avenir pour les ours ? ». Il se penche sur les problèmes liés à notre société moderne, et au dépeuplement, à la réintroduction des ours dans les milieux naturels, à leur protection. Le dernier, « les ours du muséum », montre quel a été le rôle de l’ours dans le musée.

Cette exposition est une grande réussite. Grâce à de merveilleux spécimens, à des explications et à des jeux sur tablette électronique, elle ravie petits et grands, qui ressortent conquis et la tête pleine de connaissances.

Pauline Lévêque-Guibert

On serait chanceux d’avoir vu plus d’un ours grandeur nature dans sa vie, et quand on l’aurait fait, il serait difficile d’imaginer que l’ours n’a pas toujours le même visage. La petite exposition du Muséum national d’Histoire naturelle, en plus du jeu de mots, est concret : les quelques espèces connues de la race ursidée sont toutes présentées en chair et en os empaillés au sous-sol du Muséum. A cette rencontre avec la famille des ours peuplant la planète (de l’ours brun à l’ours à lunettes) s’ajoute le bilan de l’évolution de l’espèce, grâce à des fossiles et des arbres généalogiques. Mieux encore, cette histoire animale rencontre l’histoire humaine. Les renseignements délivrés dans certaines sources écrites – qui vont de l’Antiquité romaine jusqu’au XVIIIe siècle environ – signalent la place qu’a occupé l’ours dans la vie sociale, les symboles et les croyances.

Les outils multimédias mis à disposition du spectateur sont efficaces pour attirer l’attention sur une information : c’est le cas du film où l’on peut observer les différents spécimens d’ours vivants et dans leurs habitats naturels. Les plaques chauffantes et les écrans interactifs ont davantage un intérêt ludique que didactique. Ils n’en sont pas moins pertinents, car ils proposent de prendre en compte des détails de la vie des ours avec légèreté, en complément d’une présentation globale et synthétique (par exemple, les plaques chauffantes permettent de comparer la différence de température corporelle entre un état d’activité et d’hibernation chez l’ours). Nous déplorerons tout de même que l’exposition reste petite, et trop courte à visiter pour développer le sujet sur le plan zoologique. Nous en retirons des connaissances simples, pour un discours vulgarisé, ce qui convient pour une exposition grand public, mais qui ne permet pas de s’interroger plus loin : par exemple, en se demandant les causes de la différence morphologique entre les espèces d’ours, ou pourquoi deux espèces d’une même famille peuvent habiter au même endroit, etc. Malgré de fascinantes reconstructions de squelettes et d’os, pour certains préhistoriques, la légende est parfois lacunaire, et ne permet pas de distinguer un élément propre à une espèce encore en vie ou un espèce éteinte.

Tantôt symbole de force dans les tribus amérindiennes, tantôt objet de fêtes populaires en Europe, parfois ridiculisé par le cirque et les marionnettes, la conception de l’ours par l’homme est remarquable par la forte présence qu’il laisse dans les archives, et la variation de son statut au fil du temps et des cultures. L’exposition propose judicieusement un parcours allant d’une définition objective (et taxinomiste) de l’animal en question vers le traitement subjectif opéré par l’homme, qui nous ramène à l’idée que nous nous en faisons personnellement à notre époque. Et nous pouvons (enfin) voir d’où peut nous venir cette idée.

Alexandre Michaud

Se dresser sur ses pattes, saisir des objets, allaiter son petit assise… De par leur plantigradie, leurs postures ou la prise délicate que permettent leurs mains, les attitudes des ours nous rappellent les nôtres.

Le 12 octobre 2016, le Muséum National d’Histoire Naturelle ouvrait son espace à une exposition sur les ours, organisée en cinq parties : après une première partie consacrée à l’identité même des ours, leurs caractéristiques physiques et leurs conditions de vie sous le titre « Les ours, qui sont-ils ? », le parcours aborde leurs origines, les rapports qu’ils entretiennent avec les hommes, leur avenir et leur vulnérabilité, avant de se clore sur l’exposition des premiers ours ayant vécu en France, suivis par les scientifiques, devenus amis des hommes avant d’être exposés sous forme naturalisée.

Cette exposition variée sur un étage ne cesse tout au long de son parcours d’interroger le rapport de l’homme à cette espèce vivante, à la fois distincte et parfois si familières qu’est celle des ours. Sans placer l’homme comme référentiel, elle en fait un vivant en lien avec les vivants, tant par des proximités en terme de condition de vie qu’en habitudes culturelles, anéantissant ou relativisant les frontières entre les différentes espèces du vivant. Dès son titre, l’exposition temporaire « Espèces d’ours » indique le corps de l’exposition, à savoir littéralement la découverte des huit « espèces » d’ours encore préservées à ce jour, tout en gardant les vestiges de l’expression péjorative telle qu’elle l’est connotée dans la société humaine. Ce choix de titre introduit d’ores et déjà un parallèle étroit entre ours et hommes : la formule entretient l’ambiguïté de sa destination,  comme si l’homme qui se rendait à l’exposition était finalement, lui aussi, une « espèce d’ours » par les proximités qu’il entretient avec l’animal.

C’est en ce sens que l’objectif explicité par la présentation de l’évènement, c’est-à-dire « une véritable plongée dans le monde des ours », s’inscrit dans cette ligne directrice de l’exposition qui tend à un rassemblement entre homme et ours. Ainsi, grâce à un dispositif d’immersion – projections, ambiance sonore, parallèles constants entre hommes et ours -, le visiteur peut se glisser, le temps du parcours, dans la peau d’un ours, bousculant les frontières entre les vivants.

Alexandrine Monnot

Ne vous sentez pas blessés par ce nom, voyez le plutôt comme un compliment: l’ours est à l’honneur au Muséum d’histoire naturelle, dans une exposition accessible, intéressante et très complète ! Installée au sous-sol (un peu sombre) de la grande galerie de l’évolution, un circuit en cinq espaces nous fait découvrir la fameuse bête et tente de nous réconcilier avec l’animal qui a fasciné tant de générations d’hommes et de femmes à travers le monde. On commence par une présentation générale de la famille des ursidés, ses 8 espèces actuelles, du panda à l’ours polaire, illustrées chacune par un animal naturalisé (zoologie). Les autres espaces nous présentent l’origine des ours (paléontologie) et de ses ancêtres, puis les liens entretenus depuis des millénaires entre l’ours et l’humanité (anthropologie). La fin de l’exposition est consacrée à la place historique des ours au Muséum, et surtout à la menace de disparition qui pèse sur les espèces de tous les continents (avec une partie dédiée à la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées).

Après ce petit tour, on sort à la fois attendri, mieux renseigné sur l’espèce (les préjugés sont cassés…ou confortés), et plus frappé par le danger de disparition qui pèse sur les ours et leur habitat.

Le cadre un peu lugubre du sous-sol est atténué par le décor et l’ambiance nature des salles. L’exposition se veut, de plus, très accessible, que ce soit pour les personnes en situation de handicap ou pour les enfants, qui ont à leur disposition de nombreux jeux manuels ou interactifs (mention spéciale à la partie qui traite de l’ours en peluche) films, etc. Cet aspect ludique est pédagogique fait aussi la joie des plus grands qui se prennent au jeu…La visite, d’un temps raisonnable, offre aux curieux beaucoup d’informations (trop peut-être, mais il suffit de faire le tri), le tout dans un moment divertissant, instructif et assez agréable.

Une petite sortie qui serait idéale en famille, ou tout seul, si vous voulez faire l’ours !!

Adrien Ricouart

C’est dans une ambiance ludique que la Grande Galerie de l’Evolution nous accueille pour l’exposition Espèces d’Ours ! ; consacrée aux différentes espèces d’ours présentent dans la nature et sur leur mise en danger provoquée par l’homme. C’est au cours d’un parcours d’environ deux heures, présentant ces animaux depuis leurs origines jusqu’à nos jours, que le visiteur peut découvrir ses animaux que l’on connait plus sous forme de peluches pour enfants, en tant que constellations ou encore sous la forme d’un personnage sympathique dans Le livre de la jungle : cette exposition est présentée de façon agréable et thématique, montrant dans un premier temps des spécimens naturalisés des différentes espèces d’ours, puis leur anatomie, leur mode de vie et leur ancrage dans le folklore populaire. En outre, l’inscription de l’ours dans le folklore prête parfois à sourire, exposant la position de l’animal au cours de l’histoire et dans les croyances populaires : des croyances amérindiennes aux récits chevaleresque du Moyen-Age, il n’y a qu’un pas ! La perception de l’animal par les hommes nous est donc présentée sous forme de frise chronologique, accompagnée d’objets en tous genres représentants l’ours sous toute ces formes : du collier amérindien à l’automate du XXème siècle représentant les ours dans les arts du cirque ; le visiteur est accompagné tout au long de sa visite par ces différentes visions de l’animal. En plus de toutes ces expressions sur l’animal, le parcours est accompagné d’un jeu de lumières mettant l’accent sur les différents panneaux explicatifs présents tout au long de l’exposition, attirant le regard du visiteur sur chaque espèce et ses conditions de préservation, permettant une meilleure sensibilisation aux dangers que ces animaux peuvent encourir ou à leur réintroduction dans leur milieu naturel. Le but de cette exposition est avant tout un but pédagogique ; très accessible pour les enfants, elle comporte également des ateliers qui leur sont entièrement dédiés et des éléments interactifs adaptés. Cette exposition est donc une bonne occasion de passer un bon moment en famille et de s’intéresser un peu plus à cet animal qui au final reste peu connu.

Cléophée Vasseur

L’exposition Espèces d’ours présente tous les ours à partir de diverses perspectives de manière complète.  En effet,  l’exposition se divise en cinq sections : biologique, habitats, histoire évolutive, relations avec l’être humain et les mythes sur les ours. Chaque partie montre très didactiquement les ours selon le sujet : soit à partir des spécimens d’ours naturalisés, de illustrations, des vidéos, des livres, des peluches, des jeux, etc. Ainsi, par exemple, le visiteur peut observer, au tout début,  de manière très réaliste les différents types d’ours à partir des spécimens naturalisés et remarquer leurs caractéristiques biologiques d’après les fiches.

Après avoir observé les ours et appris leurs caractéristiques biologiques en tant qu’espèce, l’exposition nous amène à la relation entre ces animaux et l’être humain. Nous sommes témoins ici de l’évolution de cette relation en Europe. Les enjeux historiques nous aident à comprendre comment les ours ont passé d’être vénérés pour leur force et courage par les païens à être source de craindre par le christianisme, ce qui a justifié le pouvoir de l’homme pour les chasser et, finalement, menacer leur existence. Il s’avère ainsi que leur représentation est contradictoire : l’ours peut être un animal féroce des légendes, ainsi que donner lieu à une variété des peluches dans le marché capitaliste.

En tant qu’espace pédagogique, l’exposition est un lieu intéressant non seulement pour les enfants, mais aussi pour toute personne simplement curieuse et avec envie d’apprendre de manière interactive. Les dispositifs qui permettent la manipulation par le public sont bien variés et surprenants. D’ailleurs, si on fait la visite avec des enfants, l’exposition permet de réaliser des ateliers qui intègrent l’éducatif et le ludique.

Finalement, cette exposition bilingue français/ anglais, nous rappelle les dangers quant à la continuation de l’espèce d’ours. La destruction de leur environnement, ainsi que leur chasse démesurée, a fait diminuer le nombre d’ours dans le monde. L’exposition donc nous fait prendre conscience des enjeux pour faire face à cette situation préoccupante.

Katia Yoza
Photo : MnHn
Categories: Exposition, MnHn

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