Danser Casa / Mourad Merzouki – Kader Attou / Grande Halle – Théâtre de la Villette

Quand il a fallu applaudir, je me suis dit « oh non c’est déjà fini ? » et quand je suis sortie de la grande halle de la Villette, j’avais la patate. J’ai donc beaucoup, beaucoup aimé Danser Casa, et lui rendre justice va être difficile.

Danser Casa, c’est un spectacle de danse hip-hop, dans une chorégraphie de Kader Attou et Mourad Merzouki. Le fil rouge, c’est la ville de Casa, puisque le projet s’est formé autour de 8 danseurs marocains, sélectionnés lors d’une audition. Mais à part quelques musiques évoquant le Maghreb, qui donnent une certaine unité au spectacle, pas d’exotisme pittoresque dans la chorégraphie, juste de quoi mettre en lumière le talent des hip-hoppeurs présents sur scène.

Et moi j’adore le hip-hop. C’est une danse pleine d’énergie, et celle de ces danseurs est communicative. C’est une danse qui laisse la place aux prouesses corporelles, car elle s’accompagne de nombreuses figures acrobatiques. Le spectacle fait la part belle à la performance individuelle. De nombreux moments permettent à un danseur de se mettre en avant, pour prendre le devant de la scène et impressionner le public. Cela permet de voir chacun nous donner un aperçu de son style propre, de sa personnalité de danseur.

J’ai également adoré le fait que la chorégraphie fasse une place aux mouvements de groupe, qui sont impressionnants et harmonieux, que l’énergie provienne d’un danseur ou des mouvements du groupe entier. J’ai trouvé parfaitement réussie la manière dont parfois un danseur était mis en avant tout en étant accompagné, même sublimé par la danse du reste du groupe, qui ne reprenait que certains de ses gestes.

Ce qui me semble du reste la plus belle réussite de ce spectacle, ce sont les effets d’alternance. On passe d’un rythme plus lent à un rythme plus rapide, d’une danse énergique et presque agressive à quelque chose de plus doux et tendre. Les danseurs font parfois des solos, mais il y aussi de beaux moments de duos et de trios, ou des scènes collectives. La variété des musiques, des rythmes, des configurations entre les danseurs permet à ce spectacle de ne jamais être ennuyant, et on ne voit pas le temps passer.

Et puis il y a quelques passages précis qui ont remporté mon adhésion totale. Le début du spectacle m’a tout de suite happée, puisqu’il m’a semblé proposer une sorte de parodie cocasse de danse classique, c’était à la fois très drôle et déjà plein d’énergie, une belle manière de rencontrer les danseurs. J’ai été transportée par le passage durant lequel quelques danseurs entonnent un chant pour accompagner un duo. Et enfin, j’ai adoré le dernier moment du spectacle, accompagné des applaudissements du public, pendant lequel chaque danseur tentait de nous ébahir une dernière fois par son talent.

Finalement, j’ai adoré ce spectacle, parce qu’il associe à sa perfection chorégraphique et technique un souffle de vie et de joie, et qu’il émane de lui une énergie positive qui va jusqu’au public. Moi ça m’a donné envie d’apprendre le hip-hop, pour garder en moi cette force et ce sourire que m’ont inspirés les 8 danseurs que j’ai vus ce soir-là.

Merci au Service Culturel pour m’avoir permis de voir Danser Casa.

Mathilde Bernardot

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Photographe : Michel Cavalca

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