Palmarès 2010


63 poèmes reçus, 4 poèmes primés
*

Prix Lionel RAY, Prix du Président de l’Université
Clément CHARNIER pour La Destination
(3e année de licence de Lettres Modernes à l’université Paris-Sorbonne)
*

Prix de l’U.F.R. de Langue française
Sarah DELALE pour Personne
(3e année de licence de Lettres Modernes à l’université Paris-Sorbonne)
*

Prix du Service Culturel
Irène GAYRAUD pour S’assombrit
(Doctorat de Lettres Modernes à l’université Paris-Sorbonne)

*

Prix de La Traductière
Silvia MAJERSKA pour Main géante peur privée
(Doctorat de Lettres Modernes à l’université Paris-Sorbonne)


La Destination

Il y a cette faille qui,
Aux premières fouilles,
Offre son présent

Au moins ai-je donné
Forme à ce vide larvaire
Qui vit de mon silence

J’ai donné forme de flamme de
Femme de filet d’eau
D’éclair de bras de branche

À l’enfant qui pousse
Entre les pierres

De mes artères,
De mes vaisseaux en partance

Pour l’instant

Clément Charnier


Personne

Nous avons confondu nos masques
rêvant que sous la cire perce
un visage
sans coutume ni cornes

Malheur du dehors
où nos marques dominent
comme des fards
ton sceau défiguré
enseigne où l’on presse et sonne
le nom pris à la pierre
qui te fait singe des cailloux

Mais au-dedans
quand ne te fondait pas encore
le loup de ta naissance
les marches du domaine
te dévisagent
tissaient à leur guise
les cordes de ton sang

Nous avons oppressé nos masques
Comme la pierre paralyse les statues
la liberté sur toi n’imprime qu’un rictus
signe de ta personne

Sarah Delale


S’assombrit

Je suivais la lumière, j’avançais
J’allais, dans l’ovale des galeries
sans savoir ce qui ouvrait et fermait mon cortège

Et cette lumière

Le cortège de mes pas résonnait
tandis qu’une à une
se dérobaient les voies nues

Et cette lumière

Ce cortège n’était pas
Ma marche
ma main l’avait ouverte, ma main l’avait fermée

Et cette lumière

Des portes claquèrent dans ma tête
Elles battirent sur le vide

Et cette lumière

Les portes la soufflèrent
Tu suffoquas dans le noir

Sans cette lumière

Tu portes le flambeau, le leurre dans ta main

Ta propre lumière

Elle tombe
son corps sous la voûte – s’éboule
sur les parois, dans le vide sur la terre noire, à tâtons, ses mains

Irène Gayraud


Main géante peur privée

Main géante peur privée

– …

(La nuit tombe ; le silence.)

La parole est extra
Yeux grands et ouverts
Oreille Œuvre cassée

– …

(À l’aube.)

Je suis claire
et lisse. Je m’ouvre
et je grossis quand je
Te parle. Quand l’immense
oeil froid de l’hiver regarde
la cheville la hanche
la nuque qui t’appartiennent ou
à un autre. Il neige
sur le champ du monde
et cette neige je
l’avale…

– …

… et les os. La Terre c’est
celle qui n’accouchera
jamais. Tout est simple
et donné.

Silvia Majerska

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