Comédies musicales, La joie de vivre au cinéma / Philharmonie de Paris

Dans les rues de Paris de grandes affiches d’un bleu éclatant annoncent l’ouverture d’une exposition étonnante. Dès la sortie du métro à la Cité de la musique, on est guidé par ces affiches jusqu’à l’entrée de l’espace d’exposition de la Philharmonie de Paris. Plus on voit d’affiches, plus la curiosité est éveillée. Le titre est tout simple : « comédies musicales ». Mais de quoi parle donc une telle exposition ? Comment peut-elle présenter un genre du cinéma qui a pour principale caractéristique la musique et le chant ? Très vite, on a les réponses. Avant d’entrer, chaque visiteur reçoit ses propres écouteurs qui lui permettront de faire sa propre expérience. On entend déjà tous les sons qui proviennent de la salle, les sons qui vont guider les gens à travers la diversité du « musical », ces créateurs et ces acteurs. La salle est à peine éclairée, on entre dans un univers à la fois mystérieux et passionnant ! La première chanson qui résonne, c’est « Singin’ in the Rain », puis s’y mêlent d’autres mélodies aussi bien connues. Ce n’est pas un hasard : les comédies musicales connaissent une longue histoire et surtout, un grand succès auprès du public. Une chronique montre ces diverses étapes, de la « préhistoire » du cinéma parlant des années 20 jusqu’au « revival » avec « La La Land », film qui est en lui-même un hommage à ce genre typiquement américain. A côté de l’écran géant qui montre des scènes inoubliables de certaines comédies, de nombreux écrans tactiles donnent des détails extrêmement intéressants sur différents procédés utilisés lors des tournages. Le visiteur apprend par exemple comment le metteur en scène et son équipe arrivent à faire la transition entre les paroles et les chansons. Car c’est là tout la difficulté du genre : l’histoire racontée s’arrête pour un moment pour laisser la place à la chanson – pour laisser la place à l’imagination. Le « musical » fait toujours rêver, tout comme cette exposition. On a l’impression que les visiteurs vont commencer à chanter et danser à tout moment. Et cette fois-ci on est accompagné au métro par ces mélodies immortelles, nés au cinéma et qui donnent de la joie de vivre !

Laura Krippes

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L’exposition Comédies Musicales retrace l’histoire du genre des comédies musicales de Singing in the Rain à La La Land. Un panorama très complet et dynamique, qui intéressera tout amateur de cinéma dansant et de chanson culte.
L’exposition est destinée aux petits comme aux grands : à visiter en famille. Les enfants seront dès le départ ravis de pouvoir enfiler le costume de Mary Poppins ou Peau d’Âne, et de visiter ainsi la Philharmonie vêtus comme leurs personnages préférés. Une salle leur est également dédiée, avec des projections de dessins animés musicaux et un quiz sur ces extraits.
Pendant ce temps, les parents peuvent aller s’asseoir sur la banquette de la grande salle et regarder les extraits de comédies musicales projetés sur un immense écran, aussi long la salle principale. Les différents chapitres sont amenés à croiser et à comparer des comédies musicales qui se ressemblent ou qui s’inspirent l’une de l’autre. Ainsi, on découvrira avec surprise l’importante influence de Fred Astaire sur Michael Jackson dans son clip musical Smooth Criminal. La projection est riche et variée : il faut bien une heure pour voir l’intégralité des chapitres.
On peut cependant être déçus par le manque d’objets d’exposition, comparé à la projection vidéo omniprésente. On aurait aimé voir plus de costumes originaux comme ceux qui ont servi au film Peau d’Âne. On trouve également des documents intéressants concernant, par exemple, la censure dans les années cinquante, notamment au moment de la sortie du film Singing in the Rain.
Chaque visiteur est muni d’un casque audio : l’exposition est ponctuée de bornes où l’on peut brancher son casque et écouter des explications ou des chansons. Le visiteur est donc son propre guide, et cela permet de visiter la pièce dans l’ordre que l’on souhaite.
Encore un concept intéressant : le visiteur est non seulement spectateur, mais il est amené à devenir acteur deux après-midis par semaine : un atelier claquettes est proposé par un professeur de danse.
Une exposition vivante et réjouissante, encore à la Villette jusqu’au 27 janvier 2019 !


Marion Arnaud

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C’est un concept pour le moins original que l’on découvre derrière l’exposition de la Philharmonie sur les comédies musicales, celui d’une exposition dans laquelle le public interagit, est impliqué, et qui se concentre sur les coulisses des comédies musicales. Cette immersion dans l’univers de Chantons sous la pluie, des Demoiselles de Rochefort ou de West Side Story commence dès l’entrée avec la possibilité pour les petits et pour les grands d’enfiler un déguisement, et de devenir ainsi les Peau d’âne, ou les Don Lockwood d’un jour. C’est d’ailleurs Gene Kelly, chantant sous la pluie, qui nous accueille sur grand écran une fois les portes de l’exposition passées, nous plongeant directement dans l’ambiance « Musical ». Contrairement à ce qui avait pu être fait dans les expositions précédentes, notamment celle de Barbara l’an passé, l’exposition ne suit pas d’ordre chronologique. Parti pris qui peut être quelque peu déroutant pour le spectateur habitué aux schémas d’exposition plus classiques. Ici, il ne s’agit pas de découvrir l’évolution du genre de la comédie musicale au fil des décennies, ou de faire une présentation exhaustive des acteurs du genre. Non, la Philharmonie a décidé de nous faire découvrir ce qu’il se passait derrière l’écran. Ainsi, au fil de l’exposition, on découvre les secrets du doublage : quelles actrices ont vu leur voix remplacée, pourquoi ? On en apprend plus sur certains effets spéciaux, sur la préparation d’un film et ce, toujours de manière interactive. Le spectateur peut, à l’aide d’écrans tactiles, choisir ce qu’il veut voir, découvrir. Il déambule avec un casque qu’il suffit de brancher aux différents écrans explicatifs pour, par exemple, écouter l’interview du réalisateur de La La Land, ou la chanson de la recette du gâteau d’amour de Peau d’Âne. Attention cependant : les jours d’affluence, les prises jacks viennent souvent à manquer, ralentissant un peu le rythme de la visite. La pièce centrale de l’exposition est un écran de 24 mètres de long sur lequel sont projetés des extraits de comédies musicales emblématiques. Le public prend place, comme au cinéma et assiste à une véritable projection. Ici aussi est abordé le côté technique des comédies musicales. On retrouve ainsi la naissance de la chanson des jumelles au fil des images des répétitions de Catherine Deneuve et Françoise Dorléac couplées aux images du film, on retrouve également l’introduction de West Side Story ou encore les images de La Belle et la Bête. Il y en a pour tous les goûts, tous les âges et il est facile de reconnaître les passionnés : ils chantonnent, dansent parfois et y vont de leur petit commentaire sur les secrets de tel ou tel tournage. Pour continuer dans l’interaction, on retrouve, derrière l’écran, un cours de claquette donné, à travers un écran, par Fabien Ruiz. Après un peu de théorie, libre à nous de monter sur scène et de le suivre dans une chorégraphie qui est parfois un véritable défi pour les débutants. Les participants sont filmés et les images retransmises en différé sur d’autres petits écrans de la pièce.
C’est donc une exposition qui se veut assez immersive, donnant au spectateur l’impression d’aller au cinéma. Elle nous divertit et nous fait découvrir une vision originale et novatrice des comédies musicales. Les amoureux du genre seront ravis, ceux qui s’attendaient à une exposition plus classique, plus chronologique et exhaustive seront peut-être déçus mais devraient facilement se laisser charmer.

Louise Fischer

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Le bazar de Broadway

“Just singin’ in the rain
What a glorious feeling..”

Riche de ces ” mines d’or” que sont les comédies musicales, qu’elles soient célèbres ou méconnues, l’exposition “Comédies Musicales” de la Philharmonie de Paris est une superbe immersion dans le monde fantastique du cinéma chanté américain.
L’exposition débute sur l’évident “Singin’ in the Rain” chanté par Gene Kelly dans le film éponyme et fameux d’Arthur Freed (1952), c’est un “in medias res” pour le visiteur.
Par un système d’écoute avec casque, on peut se balader dans ce “bazar” de Broadway, quelque peu désorganisé et abondant, où il est proposé d’écouter des airs connus et des petits documentaires. Les grands écrans et les vidéos extraites de Musicals diffusés font l’unanimité à tout âge : on peut y voir l’histoire de la comédie musicale (son apogée et ses crises de 1929 à nos jours).
Dans une autre salle, on peut également assister à un assemblage d’au moins 45 minutes des extraits les plus connus !
Il est même proposé de suivre un cours de claquettes en live avec un professeur spécialisé qui explique les techniques de base dans une petite salle de l’exposition.
Le visiteur découvre la comédie musicale sous tous ses aspects : classique, déjantée, jazzy, politique (propagande pendant la guerre froide), mais aussi animée !
Les dessins animés se sont d’emblée associés à la comédie musicale et le genre du Disney est né sous l’influence de Broadway et d’Hollywood pour créer un film pour tous, divertissant, musical et moralisateur.
L’exposition met également en avant les comédies musicales à travers le monde, comme un travail d’ethnomusicologie.
La nostalgie refait surface lorsque l’on redécouvre de grands noms comme ceux de Judy Garland, Debbie Reynolds, Catherine Hepburn, Elvis Presley, Barbra Streisand, John Travolta, mais aussi Marylin Monroe, Catherine Deneuve, Michael Jackson et bien d’autres qui ont pu côtoyé ce merveilleux monde du Musical !
A travers une exposition didactique et prenante, on prend conscience que la comédie musicale est un “art total” comme dirait Wagner : le comédien doit savoir jouer, chanter, danser devant la caméra mais aussi au théâtre, il est tout à fait pluridisciplinaire.
C’est une sorte d’opéra moderne : orchestre, mise en scène, chanteurs, acteurs, danseurs, dialogues parlés…
Que demander de mieux ?

Céline Fizsbin

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Vous ne repartirez pas de cette exposition sans étoiles dans les yeux et mélodies plein la tête. Il est en vérité impossible de ne pas fredonner –voire effectuer quelques pas de danse- alors que l’on arpente l’exposition à la Philharmonie. On est entouré de décors rappelant Broadway ou les lieux emprunts de magie des comédies musicales. C’est une réelle immersion qui nous est proposée. Accessible à tous, cette exposition souhaite plaire à petits et grands, passionnés de longue date ou simples curieux.

Aujourd’hui dans un monde où nous sommes parfois tentés de nous réfugier dans les rêves et l’imaginaire, la comédie musicale peut représenter ce petit moment suspendu de bonheur, comme un refuge dans le passé. Ce besoin de magie n’est pourtant pas nouveau : on nous apprend par exemple que les comédies musicales sont apparues comme l’un des remèdes à la Grande Dépression. En effet depuis longtemps les « musicals » nous permettent d’échapper au monde réel. Le public s’identifie aux personnages qui chantent et dansent face à l’adversité, nous plongeons alors dans une utopie d’une heure ou deux, et nous en ressortons peut-être avec un peu plus d’espoir.

Pour mon plus grand plaisir, Singin’ In The Rain était à l’honneur dès le début de l’exposition en nous proposant la scène mythique de Gene Kelly dansant sous la pluie. Cette fameuse comédie, peut-être même LA plus connue et applaudie, évoque en effet la naissance de la comédie musicale en tant qu’un genre cinématographique, différent des films muets qui comprenaient déjà quelques scènes dansées et accordaient une grande importance à la musique. On retrouvera d’ailleurs Gene Kelly un peu plus loin, expliquant alors que la concurrence avec la télévision n’existait pas encore ce qui faisait du cinéma la première source de divertissement. C’est ainsi que toutes les expérimentations et folies diverses étaient permises -et non restreintes par un budget trop serré- les comédies musicales étaient alors de véritables machines à rêves (à voir de toute urgence si ce n’est pas déjà fait : An American In Paris !)

Un des points forts de cette exposition est le nombre d’anecdotes proposées sur nos « musicals » préférés. Alors que des extraits sont diffusés sur plusieurs grands écrans on nous explique les trucages tout au long de l’exposition comme celui concernant la prouesse de Fred Astaire alors qu’il danse au plafond dans le film Mariage Royal de Stanley Donen. Spoiler : ils ont trouvé leur inspiration grâce aux attractions foraines. On comprend également mieux certains choix de tournage comme la longue introduction du film West Side Story pour mieux accompagner l’irruption du ballet dans un milieu urbain new-yorkais.

Cette exposition revient donc sur l’histoire du genre, son contexte historique avec l’âge d’or hollywoodien dans les années 20, des costumes (comme les robes de Peau d’Âne), des anecdotes, et techniques de tournage à travers des projections ou de photographies et interviews (un casque audio vous est fourni à l’entrée pour vous permettre d’apprécier les installations à votre rythme). Ces comédies musicales parfois critiquées pour leur légèreté, ont au contraire un effet de fraîcheur qui a su inspirer le monde entier.


Juliette Debosque

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Photographie  : Emma Stone et Ryan Gosling dans La La Land (réal. Damien Chazelle, 2016)