Barbara

Exposition | Philharmonie de Paris | En savoir plus


L’exposition sobrement intitulée “Barbara”, qui a lieu à l’espace d’exposition de la Philharmonie de Paris du 13 octobre 2017 au 28 janvier 2018, a été imaginée pour rendre hommage à la chanteuse décédée il y a tout juste vingt ans, le 24 novembre 1997. A travers des images, des extraits vidéos, des chansons mais aussi des documents manuscrits, l’exposition plonge le spectateur dans l’univers et l’intimité de celle qui s’est d’abord appelée Monique Serf avant de devenir le mythe Barbara.

L’exposition débute avec un portrait en noir et blanc de la chanteuse, disposé devant un lourd rideau de velours. La chanson “Ma plus belle histoire d’amour” est diffusée dans ce premier espace. C’est l’image même que l’on garde le plus souvent de Barbara : un personnage mystérieux et plein d’émotions. Le second espace crée une véritable rupture avec ce cliché. En effet, on découvre l’enfance de la chanteuse, bringuebalée entre les quatre coins de la France pour échapper à la guerre. Sur fond de “Mon enfance”, chanson qui fait référence à l’une des maisons d’enfance de Barbara, les photos exposées laissent apparaitre une nouvelle facette de l’artiste, qui a grandi dans la peur de la déportation et de son père. Les salles se succèdent, présentant de manière chronologique l’évolution de la jeune et timide Monique Serf en Barbara, icône de la chanson française. Si dans chaque espace sont diffusées des chansons de l’artiste, le spectateur a également l’occasion d’écouter via des casques audio d’autres enregistrements, de la chanteuse mais aussi des artistes qui l’ont inspirée. L’ambiance tout au long de l’exposition est tamisée : lumière douce, moquette, les espaces étant séparés par des rideaux de velours mauves, faisant références à ceux des scènes sur lesquelles se produisait Barbara. Le spectateur se laisse facilement aller à l’émotion, face à cette artiste à la fois poignante et sincère. Grâce à quelques archives vidéos, on découvre une Barbara nouvelle, loin de la femme discrète qu’on connaissait : un personnage plein d’humour, très exigeante mais heureuse d’être en scène.

Seul bémol de l’exposition, la dernière pièce qui s’éloigne du caractère chronologique et calfeutré de l’exposition. En effet, c’est une très grande salle, beaucoup d’éléments y sont  exposés et on est proche de tomber dans la suraccumulation. Plusieurs périodes marquantes de la vie de la chanteuse sont présentées dans chaque coin de la pièce, de sa maison au Précy-sur-Marne à son dernier concert, en passant par des manuscrits de son titre emblématique “L’Aigle noir”. Si le descriptif de l’exposition promet de nous révéler “une facette méconnue de Barbara”, celle de son engagement auprès des malades du Sida et des prisonniers, elle n’y consacre en réalité qu’une infime partie de l’exposition : une vidéo cachée derrière un rideau. Sans doute parce que l’artiste était très discrète sur cet engagement. Heureusement, les extraits des différentes apparitions de Barbara dans des films, avec Jacques Brel notamment, ainsi que des extraits de son autobiographie où elle parle de Gerard Depardieu rattrapent ce dernier cafouillage et finissent de nous mettre les larmes aux yeux.

Angela Bossard

Dis, quand reviendras-tu?
Dis, au moins le sais-tu?
Que tout le temps qui passe ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus

Pour les vingt ans de la disparition de la légendaire dame en noir, la Philharmonie de Paris consacre une exposition magnifique à Barbara qui nous quittait le 24 novembre 1997, à l’âge de 67 ans.

La commissaire Clémentine Deroudille y livre un hommage brillant à cette immense artiste sous la forme d’un portrait qui retrace chronologiquement la vie de Monique Serf, son vrai nom. Loin de lui vouer un culte, le parcours de l’exposition, parfaitement pensée et très balisée, met en lumière la personnalité et la vie complexe de Barbara, remplie de tragédies et de réussites : une enfance troublée par un père incestueux et par la fuite de l’occupation nazie, la rencontre décisive avec sa professeur de chant, Madame Thomas-Dusséqué, le rêve de devenir chanteuse, des débuts méconnus sur des scènes bruxelloises, le retour en France, les cabarets de la Rive gauche, le triomphe d’une des premières femmes auteures-compositrices-interprètes et l’une des derniers chanteuses issus du cabaret, la naissance d’une icône.

Le velours rouge de la scénographie d’exposition reflète l’élégance de cette artiste hors norme, synonyme de liberté.  D’une grande richesse photographique, l’exposition nous laisse baigner dans l’univers de ses archives écrites et audiovisuelles : manuscrits, correspondances, costume de scène, meubles, affiches, interviews et ses chansons. L’exposition réussit à incarner l’émotion, la passion, l’intimité, le lyrisme et l’exigence. Barbara par excellence.

Tous ceux qui souhaitent passer derrière le rideau en velours rouge de la scène constateront que Barbara ne nous a jamais quittés.  Barbara est morte en novembre 1997. Mais elle n’a pas disparu. Derrière son piano noir, debout ou dansante, elle ne cesse d’inspirer. Pour s’en assurer, il suffit de visiter l’exposition jusqu’au 28 janvier à la Philharmonie de Paris.

A vous regarder sourire,
A vous aimer, sans rien dire,
C’est là que j’ai compris, tout à coup,
J’avais fini mon voyage,
Et j’ai posé mes bagages,
Vous étiez venus au rendez-vous,
Qu’importe ce qu´on peut en dire,
Je tenais à vous le dire,
Ce soir je vous remercie de vous,
Qu’importe ce qu’on peut en dire,
Je suis venue pour vous dire,
Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous… »

Maike Brakhan

A l’occasion des 20 ans de la disparition de la chanteuse Barbara, la Philharmonie a consacré une exposition-hommage à « la Dame en noir ». De son enfance jusqu’à ses plus grands succès en passant par son intimité amoureuse et amicale, la rétrospective est complète. L’exposition propose un parcours chronologique de la vie de Monique Serf, scandé par les différentes chansons qui en illustrent le cours.

D’emblée, un des problèmes majeurs de l’exposition est que les chansons de Barbara ne peuvent se résoudre à être de simples illustrations. Il est donc très difficile de lire les affichages pendant que les chansons défilent en fond sonore. Dès la première salle, la chanson « Mon Enfance » si bouleversante, résonne en boucle et il a fallu nous y reprendre à plusieurs fois pour comprendre l’histoire familiale de la chanteuse. Cela a bien ralenti notre progression à travers l’exposition, pourtant, il faut bien reconnaître que les affichages sont clairs et très bien présentés. A noter, cependant, que de nombreuses citations ne sont pas référencées, en particulier en dessous des photographies.

L’exposition est loin d’être figée : les supports utilisés sont multiples. En dehors de l’audio, on peut voir de nombreux manuscrits de partitions, de lettres ainsi que des archives photographiques (dont les sublimes clichés de Robert Doisneau) et des archives filmiques qui redonnent vie à Barbara de façon saisissante. De nombreux objets lui ayant appartenus parsèment l’exposition, de ses pianos jusqu’à ses superbes robes de concert.

Si l’exposition nous plonge dans le passé, elle prend soin de créer des liens avec le présent et d’envisager la portée de la chanteuse sur la vie musicale actuelle. L’exposition s’achève dans un jardin intimiste, qui tous les vendredis soirs se transforme en cabaret. Des artistes de la scène française actuelle viennent y proposer des hommages musicaux, des réinterprétations, offrant ainsi une connivence musicale qui témoigne de la pérennité et du caractère intemporel des chansons de Barbara.

Lorsque nous nous sommes rendus à l’exposition, le vendredi 24 novembre, c’était le jeune artiste Tim Dup qui proposait une interprétation vibrante et délicate. Sa voix juvénile, légère, détimbrée était bien à l’opposé de la voix incisive et profonde de Barbara, pourtant l’émotion était au rendez-vous. Il a prouvé que les textes, chargés émotionnellement, pouvait être percutants du moment qu’ils étaient incarnés avec simplicité, sans fard, pour laisser retentir le poids des mots. Le public entonnait avec lui les chansons, ce qui est finalement le plus belle hommage que l’on peut rendre à la chanteuse : sa musique fait l’objet d’un continuel partage, elle  reste ainsi bien vivante.

 Nous avons donc quitté l’exposition les oreilles et le cœur remplis de cette poésie singulière, avec le seul regret de ne pas avoir pu voir l’exposition dans sa totalité. En effet, l’immersion était si importante que nous n’avions pas vu le temps passer, mais c’est avec un plaisir renouvelé que nous reviendrons découvrir de nouvelles facettes de la personnalité complexe de Barbara.

Léo Guillou-Keredan

“La dame en noir et blanc”

L’entrée de l’exposition nous plonge d’emblée dans l’univers sobre et glamour de Barbara. Le visiteur est plongé dans l’ombre, seule une faible lumière éclaire les portraits en noir et blanc de la chanteuse.

Totale immersion : on entend en bruit de fond une mélodie romantique et très parisienne de Barbara, accompagnée par son fidèle piano. Voilà tout le succès de Barbara : élégance et simplicité.

A travers l’exposition, on découvre la vie de cette mystérieuse femme : de sa dure enfance jusqu’au remplissage des plus grandes salles, avant qu’elle ne se retire du monde de la musique.

L’exposition met l’accent sur une femme à la voix grave, au phrasé légendaire et privilégiant surtout l‘interprétation de chaque mot. Cependant, celle-ci est également symbole de l‘émancipation de la femme : grande et imposante, vêtue de noir, cheveux courts, propos nuancés.

Véritable phénomène français, on la voit chanter avec les plus grands, et faire le tour du monde. Victime de son succès, elle se voit même proposée des rôles dans des films.

Malgré tout, l’exposition de la Philarmonie ne se contente pas de montrer la chanteuse sous ses meilleurs jours, puisqu’on assiste tout de même à une “dégradation” de sa voix, elle semble à la fin de sa carrière avoir perdu son fameux timbre.

Après l’exposition, on retient surtout de Barbara qu’elle fut une femme libre, dotée d’une présence scénique exceptionnelle; bref un must de la variété française.

“J’ai l’impression que si on me plantait un couteau dans le dos pendant que je suis en scène, je ne le sentirais pas.” – Barbara

Céline Fiszbin

Cette très belle exposition à la Cité de la Musique et Philharmonie de Paris commémore le 20ème anniversaire de la mort de la chanteuse-auteure-compositrice Barbara, disparue en Novembre 1997.

Le portrait qui en est fait va de l’enfance de Monique Serf, petite fille juive, ballottée dans toute la France avec sa famille entre 1937 et 1946, à la chanteuse Barbara, vedette de minuit du cabaret parisien L’Ecluse en 1958, et dont la célébrité puis la popularité ne cessera de grandir pour devenir dans les années 70 puis 80 une Dame de la chanson qui verra ses spectacles transformés, dira-t-on, en véritable « messe » tant la ferveur et la passion de son public sont immenses. L’exposition s’appuie donc sur toutes sortes de témoignages (photos, vidéos, affiches, pochettes de disques, lettres, partitions annotées) mais cela pourrait être banal… Or, Barbara, c’est une voix, une allure, une élégance, un mystère, de la poésie et… de la musique ! Et voilà la réussite de l’exposition, c’est une vraie rencontre avec elle (pour qui ne la connaissait pas) et des retrouvailles (pour qui en était fan).

La scénographie est faite pour provoquer la rencontre dans l’intime mais avec de la pudeur et pour découvrir une artiste drôle, surprenante, émouvante, à facettes multiples. Sa voix perchée et douce nous accueille et nous invite à entrer avec « Ma plus belle histoire d’amour c’est vous (le public) » puis on est conduit dans une sorte de labyrinthe confortable entre des rideaux rouges qui deviendront bleu et gris dans la dernière partie, dans une douce pénombre qui ne nous quittera pas et nous fait pénétrer dans les coulisses de l’artiste. Chaque « salle » prend une forme, une taille et une tonalité particulière selon la chanson que l’on entend (Göttingen, Nantes, L’aigle noir, Dis quand reviendras-tu), l’ambiance du cabaret L’Ecluse est reconstituée également. Il faut prendre le temps d’écouter, de s’asseoir, de regarder une vidéo ou de l’écouter dans une de ses chansons avec des écouteurs individuels présentés aux murs çà et là. On s’attarde et on débouche sur une belle salle toute en rondeur qui évoque le jardin fleuri de sa maison de Précy sur Marne où trônent 2 pianos à queue, dont celui qui la suivait en tournées. Sont évoquées, ses collaborations avec d’autres artistes, ses différentes expériences (films, théâtre) et ses costumes de scène sur une estrade avec des spots de théâtre la font revivre. On sort de ce parcours comme on sortirait de scène, par une évocation de sa loge et tous les télégrammes épinglés autour du miroir. Mais surtout on reste avec sa voix, ses musiques qui vous enveloppent, vous enchantent… Bel hommage et belle découverte de Barbara !

Eléonore Rada Gairin

L’exposition Barbara qui se déroule du 13 octobre au 28 janvier 2017 à la Philarmonie de Paris permet de voyager à travers la vie d’une artiste disparue il y a vingt ans.

Le spectateur est invité ici à déambuler dans un univers feutré et intime au rythme des chansons de Barbara. Il s’engage dans une enfilade de pièces tapissées de rideaux. Toute une série de photos en noir et blanc de la chanteuse permet de l’accompagner. Il évolue dans des pièces thématiques, accompagnées de textes explicatifs, comme dans la vie de cette femme ; de l’enfance, à l’éclosion d’une artiste dans les cabarets de la rive gauche, à ses plus grands succès. Ce parcours permet d’aboutir à un grand espace ouvert récréant un univers de concert avec une scène sur laquelle sont posés un piano et un rocking-chair avec une projection des dernières représentations de Barbara. Symbole des dernières années de la chanteuse, l’univers est ici ouvert et chaleureux, et transporte le spectateur dans la maison de Percy, dernière demeure de l’artiste. Le spectateur est invité à s’asseoir sur les différents îlots végétaux, à écouter et à prendre son temps sous les lampions.

De nombreux objets personnels sont présentés (des manuscrits originaux, un piano de travail, des enregistrements sur répondeur). Plus qu’une redécouverte, ou une découverte, il s’agit d’une rencontre avec la chanteuse. Seul bémol, l’exposition permet quelques fois d’avoir accès à des enregistrements sur des casques audio, éléments trop peu nombreux qui créent des agglutinements de personnes attendant leur tour.

Mais c’est également une autre facette de l’icône qui est offerte, loin de la scène, nous découvrons une femme fragile et drôle en tournée, marquée par son expérience de la guerre. Une femme qui a perdu sa voix à la fin de sa vie mais pas sa volonté de dénoncer les inégalités criantes de la société. Son engagement pour Act-Up, pour les sans-abri et pour les femmes en prison permet d’approfondir les nuances de le chanteuse.

Laura Violette
 Photo : Jean-François Carric