Le bal à la page

Lecture | Maison des pratiques artistiques amateurs | En savoir plus


Le soir du 14 février à la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs de Saint-Germain n’est pas une Saint-Valentin comme les autres. En compagnie des auteurs Daniel Pennac, Eric Chevillard, Carole Fives, Hervé Le Core, Dimtri Bortnikov, Denis Grozdanovitch et Belinda Cannone, on danse, on écoute, on rit, on mange et on discute. Définie comme une soirée dansante entrecoupée de lecture, c’est un moment aux plaisirs variés et à l’atmosphère chaleureuse et décontractée.

A bien des égards, cette soirée-ci était spéciale parmi les autres soirée de lectures à haute voix de la MPAA. Tout d’abord, pas d’horaires de début mais un buffet pour commencer, au milieu des auteurs et de leurs livres, qu’on ose pas encore approcher. La première bonne idée de la soirée est d’envoyer le public apprendre à danser sur scène. Echauffés par la chorégraphie menée par Valérie Glo et le punch, on s’approche des auteurs invités et on discute. Pas de chance, Daniel Pennac a la main droite blessée et ne peut donc dédicacer ses romans… Qu’à cela ne tienne, il suffit de récupérer l’encre d’un tampon, de s’en étaler plein les doigts et voilà les empreintes digitales de ce merveilleux romancier pour la jeunesse (et pas seulement) sur toutes les pages de garde. Retour ensuite dans la salle, où lectures à haute voix et improvisations au piano par Karol Beffa alternent. Nouvelle innovation dans ce Festival de lectures, ce soir là certains auteurs lisent leurs livres (Daniel Pennac et son Malaussène) et même l’illustrent, dans le cas de Belinda Cannone qui danse le Tango de son roman devant un public étonné puis ravi. Entracte, danse libre sur scène au son d’une sélection de musiques du DJ Guillaume Bezos et suite des dédicaces. La soirée se termine au son de lectures. Pour rendre le spectacle plus vivant encore, un choix intéressant est fait au cours de la soirée. Une succession d’extraits courts et désopilants, ou à chute, anime la salle qui rit tellement qu’avant même le début du nouvel extrait, on a du mal à garder son sérieux. Les Livreurs, lecteurs des romans, s’appliquent et restent impassibles, malgré le côté cru ou mordant de leurs extraits respectifs.

Pour changer de la soirée en amoureux, ce mélange habile d’un plaisir solitaire, la littérature, et d’un plaisir collectif, la danse, a fait repartir un public de tous les âges le sourire aux lèvres et les pieds qui dansaient encore.

Eugénie Loiseau

La soirée du « Bal à la page » été organisée le mardi 14 février 2017 dans la salle de spectacle de la maison des pratiques artistiques amateurs (MPAA).

L’organisation était soignée. Le traiteur africain « Cocotte » offrait un large choix de plats à des prix très raisonnables. La soirée s’organise en deux temps. D’abord un cours de danse était proposé par Valérie Glo aux volontaires. Cette activité a permis aux participants de faire connaissance, d’engager la discussion et d’instaurer une atmosphère ludique pour le reste de la soirée. Le cours en lui-même était abordable pour tout le monde quel que soit le niveau de chacun.

Une fois le cours de danse terminé, nous avons été invités à regagner nos sièges pour une première série de lecture.  Des textes de Dimitri Bortnikov (Face au Styx), Carole Fives (Quand nous serons heureux, Une femme au téléphone), Daniel Pennac (Le cas Malaussène), Eric Chevillard (L’autofictif à l’assaut des cartels ; Ronce-Rose), Bélinda Cannone (S’émerveiller), Hervé Le Corre (Prendre les loups pour des chiens), Denis Grozdanovitch (Le Génie de la bêtise). L’évènement étant prévu pour la Saint Valentin la plupart des textes tournaient autour de la question de l’amour, des sentiments. Avec un œil comique, les lecteurs ont également abordé la question du désir, de la relation entre les sexes. Certains auteurs ont même prit part au spectacle : Daniel Pennac a rejoint les lecteurs pour présenter son livre, et Belinda Cannon a illustrer son roman en dansant un numéro de tango avec Marc Rampon. Le choix des textes était efficace et le public semblait très content du déroulement de la soirée.

Les sessions de lectures (trois au total) étaient entrecoupées de 20 minutes de danses. Le DJ, Guillaume Bezos, a fait en sorte de choisir des morceaux qui conviendrait à tout le public, de façon à ce que tout le monde s’amuse réellement.

Toute la soirée s’est déroulée dans une ambiance très agréable, l’alliance de la danse et de la lecture est un choix intéressant pour sensibiliser les gens aux plaisirs de la lecture.

Gabrielle Soufflet

Le 14 février 2017, à l’occasion de la fête de Saint-Valentin, j’ai participé au Bal à la page qui a eu lieu à la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs Saint-Germain au sixième arrondissement de Paris. Il s’agissait d’une soirée dansante rythmée avec les lectures publiques.

La soirée a commencé par un cours de danse à 19 heures. Pendant ce temps, les participants vannaient petit à petit, souvent en couple. L’accueil était très chaleureux avec musique qui menait tout de suite les participants en ambiance. Les gens se détendent, s’amusent. Au début, les participants étaient plutôt timides. Petit à petit, ils étaient bien dans leurs rôles. Le petit cours de danse permet non seulement de créer une ambiance avant d’enchaîner les lectures et le bal, mais aussi permet de faire se connaître entre les participants. En ce qui concerne la lumière de la salle, c’était plutôt intime et faible. Après le cours de danse, on a retrouvé le silence. A 20h30, c’était les lectures. Les participants se sont assis par terre en se reposant leurs corps fatigués et ont écouté tranquillement la lecture. Le thème de la lecture était sur l’amour à cette occasion de la fête de Saint-Valentin. Les écrivains lisent les textes à haute voix, avec plein d’émotions. Pendant le premier entracte à 21h30 avec DJ, les participants ont eu l’occasion de feuilleter les livres à disposition. Il y avait au total trois lectures dans la soirée. L’entracte avec DJ et le bal se sont déroulés alternativement. La soirée était fini jusqu’à très tard à 23 heures 45. Les participants se sont bien détendus et ont beaucoup apprécié la soirée.

L’originalité de cette soirée et ce que j’apprécie le plus, c’est que les organisateurs de soirée ont mis un lien entre la danse, ce qui signifie le mouvement, et la lecture, ce qui signifie l’immobilité, les deux éléments qui ne sont pas compatibles généralement. Le bal à la page a fait travailler à la fois le corps et l’esprit.

Yali Tang

Soirée dansante, rythmée par des lectures publiques, le Bal à la Page propose un mix danse-littérature qu’on pourrait trouver déconcertant. Les livreurs ont effectivement monopolisé la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs (MPAA) Saint-Germain pour pour une soirée de déglingue : Valentine’s night.

Cette soirée, qui, avouons-le, nous aura largement surpris, a commencé par un cours de danse ouvert à tous les présents. On y voit des cinquantenaires écouter soigneusement une danseuse professionnelle, accorder leurs pas hésitants aux musiques du film In the mood for love de Wong Kar-wai et répéter toutes les parties de la chorégraphie avec l’excitation du lâcher-prise le plus manifeste.

Ce « décoinçage » terminé, il est déjà 20h30. Le comité avait prévu un traiteur africain pour la restauration, juste derrière la salle, dans un couloir blanc – somme toute peu accueillant, mais ça participe au charme de la déglingue. C’est sympa l’improvisation parfois aussi, non ?

C’est à ce moment qu’on aurait tous été charmés d’avoir ensuite un mélange véritable de Littérature et de Danse (improvisations théâtrales, mimes, quelque chose qui lie ces deux arts). Mais la suite sera organisée comme suit : temps de lecture puis temps de danse (une bande son passe pendant que certains sautent sur la scène – et oui, c’est la fête) et ceci trois fois de suite. On aura donc trouvé que ces temps de danse – forcés ! – n’avaient d’utilité que pour amuser certains, reprendre un petit coup de jeunesse (la même illusion que le Botox en fait), alors que juste en face de la MPAA une famille syrienne n’arrivait pas à trouver trois sous pour se faire un dîner.

Autant avons-nous été surpris de ces danses, autant avons-nous été surpris du bien-être ressentis avec les lectures. Comme nous étions le 14 février, ces lectures avaient comme point commun tout ce qui gravite autour de l’Amour : l’émerveillement, la famille, le sexe et la jalousie, l’accouchement et le dégoût. Les comédiens lisaient en jouant ou jouaient en lisant. Ils incarnaient le dit les pieds fixes ; leur visage constituait leur seul outil. Et ce qui finalement pouvait être déconcertant, c’est le sentiment de jeu qu’on ressentait malgré un espace totalement vide et sans mouvement. Mais ces acteurs captaient la salle presque pleine avec leur visage et leur voix.

Pour les auteurs : Daniel Pennac (avec Malaussène), Denis Grozdanovitch (avec Le Génie de la bêtise), Carole Fives (avec Une Femme au téléphone), Dimitri Bortnikov (avec Face au Styx), Eric Chevillard (avec Ronce-Rose), Hervé Le Corre (avec Prendre les loups pour des chiens) et Bélinda Cannone (avec Emerveiller). En plus de pouvoir faire signer nos ouvrages, on a aussi eu le grand plaisir d’écouter Daniel Pennac nous lire quelques-uns de ses extraits. Aussi, et beaucoup plus surprenant, Bélinda Cannone nous a fait l’honneur d’illustrer son livre en dansant avec son partenaire un Tango. Nous aussi nous étions émerveillés.

Finalement, si les lectures nous ont beaucoup plu par leurs thèmes et par leur réalisation, l’ensemble de cette soirée nous a semblé sans structure, sans cohérence et sans justification. Comme si la danse était le temps de l’amusant naïf et stupide alors que la lecture (et par transitivité la grande Littérature) représentait celui de la gravité et de l’importance. Mais heureusement, les lectures revenaient conquérir la partie du public qui voulait un spectacle, et nous ramenaient enfin en-dehors de cette réalité.

Jean-Baptiste Tanguy
Photo : Les Livreurs