Funny Girl / Stephen Mear (mise en scène), Christina Bianco / Théâtre Marigny / Novembre 2019-Mars 2020

Image d’entête : Funny Girl (c) Julien Benhamou | Le Parisien

Brilliant Funny Girl !

Numéros de claquettes en costumes à paillettes, décors scintillants aux couleurs de l’Amérique, mélodies restées célèbres… Funny Girl réunit tous les codes et stéréotypes qui garantissent le succès des comédies musicales de Broadway. On ne pouvait donc que se réjouir du choix du directeur du Théâtre Marigny, Jean-Luc Choplin, de monter pour la première fois en France ce monument international de la culture musicale, en confiant la mise en scène à l’excellent Stephen Mear, déjà bien connu des scènes parisiennes (Guys and Dolls au Théâtre Marigny, 42th street et Singin’ in the rain au Théâtre du Châtelet). Cette comédie musicale naît en 1964 d’après les partitions de Jule Styne, qui s’est plus d’une fois illustré dans ce genre artistique, et connaît un succès retentissant grâce à la performance de Barbra Streisand qui sublime le rôle principal, d’abord sur les planches, puis sur grand écran dès 1968.

Le triomphe de Funny Girl tient de cette rencontre nécessaire entre deux femmes au parcours similaire et qui ont marqué la scène artistique à cinquante ans d’écart : Barbra Streisand, jeune artiste prometteuse, interprète Fanny Brice, chanteuse et comédienne des Ziegfeld Follies au début du XXe siècle. La comédie musicale met en scène sa vie romancée dans un récit enchâssé : Fanny Brice, au sommet de sa carrière, se remémore l’évolution de cette jeune adolescente peu attirante mais tenant plus que tout à monter sur scène, et y parvenant grâce à son talent, sa détermination et son humour. Funny Girl joue ainsi sur plusieurs niveaux de mise en abyme dans laquelle le spectateur plonge avec délectation.

On prend en effet un grand plaisir à suivre les aventures de l’héroïne ; Fanny est drôle, Fanny est décalée, Fanny est exubérante. Elle porte presque à elle seule le spectacle, et rares sont les scènes où elle est absente. La pression est donc importante pour celle qui l’incarne, d’autant plus lorsque l’on succède à Barbra Streisand. Cet honneur périlleux a été confié à Christina Bianco, artiste peu connue hors d’Amérique mais qui mérite tout notre intérêt. Son interprétation est tout à fait magistrale ! Le rôle lui permet de démontrer toute la diversité de ses performances vocales : voix puissante et douce, passant d’un accent populaire à un accent bourgeois avec beaucoup de subtilité et de naturel, portant magnifiquement les grands airs de Funny Girl. Le jeu d’acteur est tout aussi juste et réussi, Christina Bianco habite la scène et se montre parfaitement à la hauteur du charisme et de l’excentricité de Fanny Brice. Le personnage créé est crédible et le spectateur s’y attache dès la première scène.

Face à une telle personnalité, difficile pour les autres personnages d’exister. Les autres comédiens tiennent leur rôle à merveille et participent activement au ressort comique, soit en relayant l’humour de Fanny (c’est le cas de Mrs. Brice ou de Mrs. Strakosh), soit par leur austérité contrastant avec son caractère (Florenz Ziegfeld). Toujours est-il qu’ils se contentent de donner la réplique à l’héroïne en première partie du spectacle… Mais ces personnages évoluent et gagnent en profondeur dans la deuxième partie, au fur et à mesure que Fanny dévoile ses failles et laisse ainsi s’exprimer d’autres individualités. C’est notamment le cas du mari de Fanny, Nick Arnstein – très justement interprété par Ashley Day, un habitué du théâtre musical – que la lente déchéance conduit au délit. Ses problèmes financiers et son désespoir lui permettent paradoxalement de s’affirmer face à sa femme, voire même de s’opposer à elle. Ce renversement révèle alors un côté plus sombre de l’héroïne : elle apparaît inconsciemment castratrice et égoïste, et la fierté masculine de Nick vient ainsi se heurter à l’incompréhension et à la naïveté de Fanny. L’histoire prend alors une tonalité plus dramatique qui conduit irrémédiablement à la séparation finale du couple.

Si notre attachement à ce couple en difficulté est sincère, la comédie musicale ne tombe jamais dans le tragique ou le pathétique. Éblouir et faire rêver, c’est là tout l’art de Broadway, et la magie opère sans conteste dans Funny Girl ! Les décors, les costumes et les numéros de danse font revivre l’Amérique enchantée de l’avant-guerre ; le spectateur est saisi et y est maintenu par la grande diversité des tableaux qui s’enchaînent pour mimer les pensées de Fanny. Cette représentation très romantique et romancée est une bouffée d’optimisme, une ode à la vie qui nous fait aimer le spectacle de Broadway, et hurler à la fin du spectacle en même temps que Fanny « Don’t rain on my parade ! ».

— Dorian VARENNE

Actuellement au Théâtre Marigny, Funny Girl est la pièce qu’il nous fallait en cette période d’hiver froide et sombre. Une pépite solaire portée par Christina Bianco, qui incarne avec grandeur le premier rôle — celui de Fanny Brice. Il ne faut pas se laisser duper par le titre, car Fanny est beaucoup plus qu’une « funny girl ».

La pièce est créée en 1964 sur les planches de Broadway avant d’être adaptée en film avec Barbara Streisand dans le rôle de Fanny Brice. L’histoire est une fiction inspirée par la vie de l’actrice américaine Fanny Brice, née en 1910 et morte en 1951. Comme cela est raconté dans la pièce, Fanny a joué dans « Ziegfeld Follies », crée par Florenz Ziegfeld et qui lui a notamment permis d’accéder au statut de star internationale.

La pièce commence à New York dans les années 1910. Fanny Brice attend la sortie de prison de son mari, Nick Arnstein. Elle se souvient de ses débuts sur les planches, des différentes étapes de sa carrière jusqu’à la renommée. C’est ainsi que l’on suit son évolution. D’abord jugée comme n’étant pas assez jolie pour le métier, son caractère bien trempé lui permet de s’imposer dans l’industrie du spectacle. Quand son heure de gloire arrive enfin, c’est la vie de Nick qui s’écroule, puisque celui-ci se fait arrêter pour détournement de fonds.

Terriblement d’actualité, l’histoire de Fanny trouve un écho dans le combat permanent des femmes pour s’imposer dans une société qui cherche à tout ranger dans des cases… Et notre personnage principal de prouver qu’avec un peu d’ambition, tout est atteignable — nul besoin de rester cantonné.e dans la catégorie dans laquelle on nous a enfermé.e. Fanny ne devient pas qu’une artiste, elle triomphe. Elle devient une star et se retrouve à gagner plus d’argent que son propre mari. La pièce soulève donc plusieurs questions. Par exemple, comment une femme qui réussit professionnellement se positionne-t-elle face à son mari dans une société et à une époque où ce n’est pas la norme ? Ou encore : est-ce possible pour une femme de concilier vie de famille et vie professionnelle ?

Fanny Brice, ce petit bout de femme qui nous emmène avec elle dans les différentes étapes de sa vie. Qui nous transporte à travers sa voix ou, ici, celle de Christina Bianco, qui passe de l’aiguë au grave, du vibrato à la note claire ou encore d’une sonorité jazzy à la douce mélodie. Une puissance de feu entourée de seconds rôles talentueux et comiques à souhait. Mention spéciale à Rachel Stanley qui joue le rôle de la mère de Fanny.

La pièce nous transporte dans ce drôle de petit monde grâce à la mise en scène de Stephen Mear. Celle-ci est brillante, colorée, clinquante même. Notamment le numéro de Ziegfeld Follies dans lequel un plateau tournant anime la scène et sublime les danseuses qui, toutes de blanc vêtues, effectuent leur numéro.

Une pièce qui vaut le détour, donc, avec un personnage principal féminin tout feu tout flamme. On en ressort avec l’envie de conquérir le monde en y mettant, si possible, autant d’énergie que Fanny.

— Emma MERIAUX

Importée pour la première fois à Paris, Funny Girl est une de ces comédies musicales les plus risquées à mettre en scène. Rendu célèbre par Barbra Streisand — d’abord à Broadway en 1964, puis porté sur les écrans en 1968, ce spectacle lance la glorieuse carrière de Streisand, qui remporta par ailleurs l’Oscar de la meilleure actrice pour le rôle de Fanny Brice. Ainsi liée à la personnalité de Streisand, la comédie musicale n’a jamais été rejouée à Broadway : on risquait trop de ne pouvoir jamais se rapprocher de l’interprétation originale, tellement connue et iconique. Ce rôle est un vrai défi pour une comédienne, qui doit dès lors choisir entre suivre de près l’interprétation de Streisand ou se trouver elle-même dans Fanny Brice, actrice et chanteuse américaine des années 20.

L’interprétation de Christina Bianco, qui joue Fanny dans cette toute première mise en scène française de Funny Girl au Théâtre de Marigny, semble réconcilier les deux sans pour autant copier Streisand. Les fans reconnaîtront facilement les intonations de Barbra, et les prononceront peut-être avec la voix de la comédienne originelle dans leurs têtes. Bianco est connue sur Internet pour ses vidéos dans lesquelles elle imite habilement des chanteuses, y compris Streisand. De plus, la mise en scène classique — avec ses décors dignes des années 1910-1920 et ses chansons célèbres, rend gloire au genre de la comédie musicale en reprenant la première version de Broadway (et non une version filmée). Pourtant, Bianco ne se limite pas à reprendre l’interprétation classique de Streisand : elle est parfaitement organique dans le rôle de funny girl. Si dans la première partie du spectacle, Barbra est plus énergique, plus sûre d’elle (en vraie diva dès le début), Bianco est plus naïve et semble parfois manquer du glamour que les spectateurs attendent de cette héroïne. Mais cette naïveté rend son interprétation plus touchante et plus accessible au public, qui s’associe plus volontiers à un personnage vulnérable, joué par une comédienne qui commence tout juste sa carrière.

Cette fragilité, belle, féminine, renforce une interprétation pleine d’humour, car Bianco est extrêmement funny (peut-on oser dire plus funny et plus girl… que Streisand elle-même?). Mais la gorgeous sûreté de Streisand va être gagnée pendant la seconde partie de la comédie musicale, ce qui nous fait mieux percevoir le développement du personnage.

Enfin, la voix de Bianco est remarquable, impossible à critiquer. On se donne aux chansons sans chercher à les comparer tout le temps aux versions connues. Revoir sur scène cette comédie musicale — un classique, avec une interprétation si subtile, est un vrai plaisir pour celles et ceux qui l’ont déjà vue (et même pour les autres!). Surtout qu’il s’agit-là de Fanny Brice, une femme, une artiste qui a fait sa carrière contre les canons de beauté existants. Le récit de sa vie (bien que légèrement changé) nous pousse à voir sous un autre angle un drame qui se joue entre un homme et une femme dont la force fait douter son mari de sa propre masculinité. Bien que l’intrigue puisse paraître trop simple, Funny Girl reste actuelle en faisant revivre l’histoire d’une femme à la fois unique et commune pour toutes, dans une intimité touchante.

— Daria KRIAZHOVA

C’est la première fois qu’est représentée en France la comédie musicale Funny Girl — qui a révélé Barbra Streisand à Broadway en 1964, ici mise en scène par Stephen Mear au Théâtre Marigny à Paris. C’est l’histoire de l’accès à la célébrité de l’actrice américaine Fanny Brice (interprétée par Christina Bianco) à Broadway dans les années 1920, notamment grâce à son rôle vedette dans les Ziegfeld Follies, série de pièces de théâtre inspirées des Folies Bergères parisiennes. C’est aussi l’histoire de son mariage avec Nick Arnstein (interprété par Ashley Day), qui l’a faite connaître avant de se révéler être un escroc.

Le rythme est magistralement maîtrisé : aucun temps mort, on ne s’ennuie pas, les transitions sont bien faites et accompagnées par un excellent orchestre. Les changements de décors, fréquents, se font à partir d’une même structure métallique et permettent de donner un certain ton à chacun des multiples lieux de l’intrigue. Cette ère de tous les possibles — les roaringtwenties, dans l’immédiat après-guerre — est également incarnée par les costumes d’époque des personnages, et par les nombreuses scènes de danses endiablées. Il y a un parfait équilibre entre les scènes dansées qui occupent tout l’espace de la scène, et les scènes de dialogue où seuls certains personnages sont présents.

Le jeu des comédiens est juste, les personnages secondaires sont bien plantés et non délégués à l’arrière-plan. Mais c’est avant tout l’infatigable Christina Bianco qui fait aller le rythme crescendo. C’est elle qui structure, qui fait la cohérence du spectacle, qui le porte. Dans la première partie, il faut s’habituer à la sonorisation des voix des acteurs et l’actrice semble un peu timide — d’autant plus si l’on a en tête le coffre et la prestance – non seulement de Barbra Streisand, mais aussi de Lea Michele dans la série américaine Glee, qui reprend plusieurs titres de la comédie musicale. L’entracte après la première occurrence du célèbre « Don’t rain on my parade » tombe alors parfaitement : c’est dans la seconde partie du spectacle que Christina Bianco, plus à l’aise qu’au début, donne à voir toute sa prestance, jusqu’à l’apothéose avec la reprise du même titre à la toute fin du spectacle.

N’ayant pas vu le film avant de venir, je ne connaissais rien de l’histoire si ce n’est quelques-uns de ses titres phares, et j’ai peut-être d’autant plus aimé la version de Stephen Mear que je ne pouvais pas la comparer avec la prestation de Streisand. Les spectateurs initiés ont tout de même eu l’air d’avoir apprécié et ont laissé sa chance à Christina Bianco — par ailleurs capable de chanter « Natural Woman » en empruntant tour à tour les voix de dix-sept chanteuses américaines différentes, et à cette mise en scène époustouflante. Je conseille vivement leFunny Girl de Stephen Mear à tous ceux qui ont besoin d’une grande bouffée d’air frais digne d’un grand spectacle à Broadway.

— Joanna JOHNSTON

Plongés au cœur d’un Broadway authentique, le Théâtre Marigny nous entraîne dans une production originale, menée par une troupe aux formations prestigieuses. Dès l’arrivée, tout est fait pour nous mettre dans l’ambiance d’un Musical américain. La comédie musicale Funny Girl est directement inspirée de la vie (bien réelle) de Fanny Brice, star des Ziegfeld Follies des années 1920. Elle fut représentée pour la première fois en 1964 et fit son chemin – rapidement quoiqu’avec succès, sur les écrans grâce au film de William Whyler en 1968 (avec Barbara Streisand et Omar Sharif).

L’histoire, la vraie : la jeune Fanny, un talent précoce, est remarquée malgré son physique ingrat et monte rapidement les échelons de star de Broadway grâce à sa voix inimitable et son talent comique. Elle rencontre par la suite un irrésistible escroc nommé Nick Arstein avec qui elle se mariera après quelques années. La biographie de Fanny, imaginée par la scénariste Isobel Lennart, est une analepse : la chanteuse, assise dans sa loge, réfléchit à l’avenir avec son mari qui doit bientôt sortir de prison, et se remémore son passé. S’ensuit alors toute son histoire.

Le décorateur et costumier Peter McKintosh a relevé le défi d’imbriquer les scènes les unes dans les autres avec une justesse et une fluidité remarquables. Les changements de décors sont nombreux (au moins vingt), tout comme les costumes (une quinzaine pour le seul rôle de Fanny). Tout le long, bien intégrées et discrètes, les arches métalliques rappellent le début de l’industrialisation et confirment le style Edwardien ou « Belle Epoque » du début du XXème. Tous les tableaux sont authentiques, notamment par leur vraisemblance vis-à-vis des Etats-Unis : les couleurs, bleues, blanches et rouges, évoquent le drapeau américain ; les lumières – dirigées par Tim Mitchell, sont simples et justes, qu’il s’agisse d’ampoules ou de projecteurs, et ajoutent une véritable ambiance rétrospective. Leur agencement, quant à lui, paraît beaucoup plus complexe : tout s’enchaîne rapidement et clairement. D’un côté, la scène se déroule dans un vieux bar, puis il passe à un spectacle traditionnel de Broadway avec des projecteurs colorés braqués sur la chanteuse. De l’autre, les acteurs doivent changer d’énergie très rapidement, ce qui est particulièrement bien réussi. Tout cela s’enchaîne à merveille, jusqu’à revenir à la première scène de la loge, mais il faut y assister pour connaître la fin.

Les membres de cette production sont talentueux. En effet, la plupart d’entre eux ont été formés dans les grandes écoles londoniennes comme la Stonelands School of Ballet and Theatre Arts. Les chanteurs de comédie musicale se doivent de savoir tout à la fois danser et jouer comme un acteur de théâtre. La technique vocale se différencie du chant lyrique en se rapprochant plus de la voix parlée, comme au cabaret. Ainsi, le metteur en scène et chorégraphe Stephen Mear fait danser les chanteurs. Ces derniers deviennent d’impressionnants claquettistes américains. Une scène en particulier, accompagnée d’une mélodie militaire, apparaît soudain et l’on se retrouve avec une vingtaine de claquettistes. Ce passage peut sembler kitsch pour certains, mais l’authenticité – perdue de nos jours, dans de nombreuses productions – réapparaît et c’est avec bonheur que l’on se réapproprie le style des Musicals, car c’est la première fois que Funny Girl est jouée en France ! Stephen Mear a monté une comédie musicale dans toute sa splendeur.

Christina Bianco incarne la funny Fanny Brice avec succès, puisqu’elle correspond bien à son personnage : petite, énergique, comique, elle affiche une imposante présence sur scène. Son partenaire de jeu, Ashley Day (dans le rôle de Nick Arstein) est également bien choisi : charmant, poli, mystérieux… Les chanteurs et les danseurs, issus des pays anglophones, se mêlent parfaitement au jeu et remplissent la salle de rires et d’applaudissements constants. Leur élégance se fond agréablement dans leurs costumes, et il faut aussi le dire : leur beau visage attire le regard et séduit le public. La musique, composée par Jule Styne, entraîne les spectateurs et reste dans l’oreille, comme l’air de Fanny « I’m The Greatest Star ». Il explique lui-même que, harmoniquement, ses chansons les plus populaires ont toutes une ligne méthodique à la Bach. Souvent dans Funny Girl, les airs se finissent par une note tenue, que Christina Bianco accompagne d’un geste continu des bras pour parfaire le son de sa voix, qui enchante ses auditeurs.

En somme, le Funny Girl du Théâtre Marigny nous fait voyager dans le temps à travers une mise en scène complexe mais réussie avec des acteurs d’excellence. Pour les amateurs de comédies musicales, il est inévitable d’aller voir ce chef-d’œuvre.

— Jean-Baptiste GIORGI